vendredi 5 juin 2026

De l’audace, encore de l’audace ,toujours de l’audace

 

              De l’audace,  encore de l’audace ,toujours de l’audace

                   Par Christian Fremaux avocat honoraire

                                   Episode 1 : la bataille

Pour détendre l’atmosphère il faut écouter le sketch de Guy Bedos sur le foot : « carton rose ». Il nous fait rire alors que les évènements récents nous font désespérer de l’homme.

Dans son célèbre film de 1946 la bataille du rail René Clément montrait comment les résistants cheminots avaient perturbé la circulation des trains par des sabotages, des explosions, des déraillements pour combattre l’ennemi de l’extérieur, les nazis. En 2026 il serait excessif de montrer du doigt des ennemis de l’intérieur mais il est incontestable qu’une partie de la population, des jeunes en particulier, veut un changement radical de la société et se sert de tous moyens dont la violence verbale comme physique et matérielle pour y arriver. C’est un fait et un match de foot. est un prétexte. LFI a annoncé qu’elle n’accepterait pas le verdict des urnes en 2027 si l’élu (e) n’était pas de son camp ou d’extrême droite selon la classification de l’extrême gauche. La démocratie est donc en péril. Il s’agit, on le suppose ,de chasser l’ancienne France pour bâtir une société idyllique sans racisme, sans discriminations, sans riches, d’une égalité parfaite dans tous les domaines, pacifique et prospère.   

Je ne parle pas de l’audace de jeunes ou plutôt des voyous des quartiers dits sensibles qui ont trouvé samedi 30 mai un terrain de jeu adéquat parmi la foule venue pour se réjouir dans toute la France et qui ont été à la manœuvre des batailles acharnées.  Je n’ai pas entendu un mot d’ordre précis ,même pas « allez PSG » ! Ils ont détruit ce qui était à leurs portées avec le sentiment d’être chez eux, ce qui est curieux car chez soi on essaie de ne rien casser, ça coûte cher de remplacer. Surtout quand les petits jeunes déchainés et sans limite morale ou de conscience mais suffisamment lucides pour piller,  n’ont pas de travail donc pas de revenus, vivent chez leurs parents qui ne les maitrisent plus ou pas et ont du temps libre pour se défouler dans les rues et courir vite pendant les émeutes qu’ils déclenchent. Mais ils sont en colère et ont la haine disent -ils .Contre quel adversaire ? Qu’ont-ils subi ?  Ils n’ont pas compris qu’au football il y avait deux mi-temps, qu’entre elles on rentrait au vestiaire pour souffler et changer s’il le faut de stratégie et qu’un arbitre sifflait les fautes. Eux qui n’ont subi aucun tacle ou de l’anti -jeu en démarrant le match avant l’heure sans même le regarder, marquent des pénaltys imaginaires dans des cages sans goal pendant des heures voire des nuits.  Ils ont l’aplomb d’affirmer que les forces de l’ordre sont une équipe ennemie à terrasser, qu’il n’y a pas de lois justes et que la violence engendre la victoire. Qu’en sera- t -il s’ils gagnaient et étaient vainqueurs dans la rue contre l’Etat et donc la nation ?  Dans quelle société vivrions-nous ?   

Je n’évoque pas l’audace non plus de ceux et celles qui sur le plan politique ou intellectuel soutiennent ce qu’ils ont appelé des « débordements » mot inadapté à ce qui sont des émeutes. C’est en réalité de la guérilla urbaine nommons le chaos et ne minimisons rien et n’attendons pas qu’après les projectiles divers il y ait des vraies armes .Ils veulent renverser la table. Mais les plats annoncés sont indigestes dans la future auberge espagnole de la nouvelle France programmée. Il n’ y a pas de menu qui fasse envie. La société parfaite du vivre ensemble slogan bidon, n’existe pas car il faut être deux pour qu’un match se déroule dans l’harmonie et la compétition avec un champion qui le mérite.  J’espère que les électeurs feront le bon choix en 2027 . On ne construit pas dans la détestation ou l’élimination.

 Certes le bloc central dit de la raison ( ce qui est discutable ) n’a pas été très performant sinon très mauvais et manque de courage outre de puissance car il ne faut choquer personne. Sauf les honnêtes gens ! S’il fonctionne encore et veut persister pour éviter le dégagisme il lui faudra de l ’audace avec un programme ferme et applicable .On ne peut pas dire qu’en matière de sécurité il a été enthousiasmant ! Avec un chef de l’Etat décidé et combatif au discours constant et des personnalités fortes avec du caractère qui ne reculent pas au moindre souffle du vent , qui ignorent les hurlements des groupes de pression ou d’une opinion publique manipulée et menaçante, car seule l’élection valide les décisions. Et qui dominent les médias et des bienpensants qui n’ont aucune responsabilité. Sans craindre d’être accusés de mille maux dont celui infâme d’être autoritaire et liberticide, sinon raciste et fasciste. Populiste est aussi une tare!  L’autorité et le respect des règles démocratiques sont des principes de l’état de droit et sont compatibles avec la liberté d’expression. Avec le respect de la vie privée pour laquelle la laïcité est un fondement essentiel. On n’a pas à craindre son ombre outre le verdict des tribunaux qui jugent au nom du peuple français avec les lois que les parlementaires doivent adapter aux nouveaux paradigmes et à l’évolution des mœurs. Et des nécessités de protection de la collectivité nationale. D’où la nécessité d’avoir une majorité forte et soudée ce qui sera de la responsabilité des citoyens . C’est de l’audace dans l’art de gouverner dont on a besoin et qui fait le plus défaut actuellement.  

 Les futurs dirigeants devront prendre des actes pour changer ce qui existe en matière de pouvoirs régaliens avec une justice munie d’armes légales innovantes à la hauteur des enjeux et menaces .Il faudra affirmer la souveraineté et l’identité et améliorer le niveau de vie en conservant la redistribution. Il faut convaincre.  Car s’il n’y a pas adhésion le combat est perdu. Et qu’on ne dise pas que rien n’est possible sans changer les textes et la constitution en raison des oukazes et de la jurisprudence de l’union européenne. Sinon on baisse les bras et on attend le coup fatal.  En 2005 quand les Français ont dit non au référendum, les politiques se sont réunis en congrès pour voter le traité de Lisbonne. Quand la volonté politique est là tout est possible, serait- ce contre le peuple. Pourquoi pas alors contre toute forme de révolte ou de délinquance qui déstabilise les institutions et crée le bazar?  De qui et de quoi avons- nous peur ?  Le pas de vagues conduit dans le mur. Et à force de ne pas décider au fond on aboutit à ce qu’on ne veut pas : les extrêmes prendront le pouvoir et bonjour les dégâts. Si la répression est nécessaire l’escalade de la sanction ne peut -être indéfinie car elle ne résout rien et on perd son âme.  On doit donc remporter la bataille des idées. Face au nihilisme. « De l’audace et la France est sauvée » disait Danton.  

                                               

                                                   Episode 2 :  le constat

Il est plus facile de constater et se plaindre que de proposer des solutions. Mais il faut d’abord se mettre d’accord sur la réalité des faits.

On tombe de sa chaise quand on entend des parlementaires ne pas condamner spontanément les casseurs mais faire d’abord le procès des forces de l’ordre qui blesseraient ou tueraient certainement volontairement des jeunes gens paisibles qui ont l’esprit festif et sans déplorer les centaines de blessés parfois gravement chez les policiers et les gendarmes outre les pompiers et les membres de la sécurité civile.  

Ce serait la doctrine actuelle du maintien de l’ordre qui conduirait à l’affrontement de deux bandes à droits égaux et donc le gouvernement qui est responsable du désastre. Mais qui oblige un individu à venir dans la rue, à jeter toutes sortes d’objet et à utiliser les mortiers d’artifice interdits à l’achat et à la détention en quasi-armes létales ? Qui lui a demandé de tout casser, de piller, d’entrer dans les immeubles et les commerces,  d’attaquer les badauds dans leurs voitures, de détruire le mobilier urbain que paie le contribuable ? Il y a eu forcément des mots d’ordre dans toute la France par les réseaux sociaux. Je ne crois pas à la génération spontanée en matière de délinquance. C’est souvent pensé surtout dans les groupes qui se lancent des défis.  Croyant à l’impunité du nombre et à l’irresponsabilité de l’âge. Il y a ceux et celles qui sont prédisposés à ne jamais respecter la règle ,des rebelles de façade ou possédés qui prennent la violence comme un jeu en espérant ne pas se faire prendre ,sachant que la justice les comprendra. Pour être promus caïd ou devenir des députés si on est membre par exemple de la jeune garde dissoute désormais ou qu’on a été dealer. Pauvre France !

Il y a ceux qui recherchent le profit ,l’occasion faisant le larron dans la masse ; ceux qui testent les limites et se demandent comment aller trop loin ; ceux qui sont endoctrinés et qui préfèrent être des victimes présumées plutôt que d’assumer leurs propres responsabilités dans leur échec. Pour eux le mérite républicain est un leurre et la discrimination positive un piège des bourgeois, tout blancs tout moches comme le dit M. Mélenchon. Il suffit d’une étincelle ou d’une occasion comme un match de foot. pour qu’ils révèlent leurs côtés sombres. En l’espèce l’habitude est devenue de « se faire du flic » pour calmer ses ardeurs belliqueuses, sa virilité contrariée, le vide de sa pensée.  Les parlementaires devraient tous être solidaires avec ceux et celles qui détiennent la violence légitime même si on peut revoir les modalités du maintien de l’ordre qui n’existe que parce que certains sont violents et provoquent.  Alphonse Karr a écrit « je suis contre la peine de mort mais que MM. les assassins commencent les premiers ».

 Il est irresponsable de vouloir trouver des excuses sociales, culturelles ,religieuses ou économiques aux fauteurs de troubles très dangereux. Car les paroles aussi peuvent tuer ou faire passer à l’acte. C’est d’ailleurs contreproductif pour ceux qui veulent conquérir le pouvoir. Car si par impossible nos révolutionnaires arrivaient au pouvoir ils retrouveraient sur leur chemin ceux et celles qu’ils ont soulevés. Outre les électeurs qui n’ont pas voté pour eux. Quelles méthodes emploieraient-ils contre la délinquance, les émeutes, le terrorisme ,la violence en général ? Avaleraient-ils des couleuvres sachant que l’homme est un éternel insatisfait et que la cité idéale n’existe pas ? On a toujours plus extrémiste que soi. Qui prêche la rage récolte la tempête.

Comme d’ habitude après la nuit de violences on a entendu les mêmes refrains : la police provoque et tue ou blesse ; la doctrine du maintien de l’ordre entraine la confrontation ; il faut se défendre contre l’Etat qui attaque; les jeunes sont discriminés et veulent une revanche pour des raisons diverses liées à leur situation sociale sinon aux conséquences de la colonisation qui leur donne une créance à vie sur les Français de l’ancienne France. Ils veulent venger leurs ascendants humiliés qu’on a fait venir pour les exploiter. Ou sur la solitude et l’impuissance des parents qui ne sont pas responsables de leurs enfants. On est dans le sociologique et l’émotion.

 D’autres sont aussi dans une autre émotion dont personne n’a le monopole et comptent leurs préjudices directs et indirects outre la détérioration de l’image du pays : « douce France pays de mon enfance » chantait Charles Trenet qui n’était pas un rappeur! Ils déplorent le laxisme de la justice , aucun délinquant n’étant condamné à de la prison ferme avec exécution provisoire .La prison est réservée à des citoyens normaux qui ont commis des infractions classiques. Sans violence. Ils dénoncent la volonté d’en découdre même sans motif, qualifient les jeunes de délinquants qui se croient tout permis et qui ne sont pas plus chez eux que les autres citoyens. Ils craignent la violence exponentielle et immaitrisable encouragée par des leaders d’opinion .Ils parlent que l’armée devrait être déployée. Ou les blindés comme pour les agriculteurs. Enfin on ne sait pas quelle solution choisir d’autant plus qu’à l’assemblée les députés sont divisés. On est plutôt dans la répression,  la prévention paraissant de l’angélisme. Et l’éducation submergée. Avec des mineurs de plus en plus jeunes et incontrôlables.    

On n’en sort donc pas et on peut discuter à l’infini. Sans prendre aucune décision frappante. On n’a même pas tiré les conséquences du passé, le diagnostic n’est pas partagé. Ni une explication sur le fait que,  qu’il y ait victoire ou défaite,  la violence a lieu .Le festif est réversible et sert de justification. Alors que la destruction et la bagarre ne sont pas liées uniquement au foot. puisque le 31 décembre chaque année on décompte le nombre des voitures brûlées. Toutes les limites ont-elles été franchies ou les casseurs feront -ils pire dans le futur ? Le match continue et les débats ne servent donc à rien. La répression est nécessaire mais l’escalade des sanctions ne peut être sans fin au risque de tomber dans l’arbitraire. Ce sont les esprits qu’il faut éclairer et organiser une union nationale au moins sur les comportements civiques. Le temps des incivilités et des sauvageons est dépassé. il y aura toujours des irréductibles. Mais la grande majorité doit retrouver la tranquillité publique .Les mineurs ne sont plus ceux de 1945 ou de la génération qui a été aux manettes et est désormais à la retraite. Peut-être n’a -t -elle pas osé suffisamment ?  La délinquance organisée donne les moyens de déstabiliser. Il faut revoir notre arsenal sécuritaire et donner de nouvelles armes légales aux magistrats. La punition ne doit plus être un gros mot.

 

 

                                            Episode 3 : l’espoir par l’action

On ne peut se contenter de crier au scandale et de se lamenter de ce qui est arrivé samedi soir avec la finale de la coupe d’Europe. C’est la nation qui a été attaquée. Elle a le droit de se défendre .Le niveau de vie est certes fondamental mais la sécurité globale et la protection des biens et des personnes outre celle des forces de l’ordre est prioritaire. On ne progressera pas dans le désordre, la chienlit permanente et la peur. J’ai conscience que dans l’état de droit actuel il y a des réticences fondées sur une frange de la population qui voit le fascisme partout et d’une partie de la classe politique qui décrit la France de façon honteuse comme si elle était un Etat autoritaire voire dictatorial. L’intérêt collectif est aussi important que les libertés individuelles sans aucun devoir ni contrepartie. Mais si des lois ne peuvent être votées ou si elles sont censurées par le Conseil Constitutionnel, rien n’interdit aux pouvoirs publics de faire appliquer drastiquement le corpus légal existant avec des consignes fermes et d’utiliser tous les moyens de droit dans une situation de plus en plus fréquente pendant une période limitée ou à chaque évènement pour lequel on prévoit des « débordements ». Il faut casser l’engrenage fatal. Et prendre des décrets permettant d’agir vite. Faisons confiance aux magistrats qui sont aussi des citoyens et qui sauront garantir l’état de droit. Il n’y a pas que des militants dans la magistrature. Ils ont besoin de moyens judiciaires forts le débat sur le manque de place en prison étant un cache- misère hypocrite. Et le jeune âge de ceux qui ne sont plus des enfants, une excuse obsolète. 

On doit en amont prononcer des interdictions pour avertir ou empêcher et en aval ne pas hésiter à réprimer la petite minorité qui se moque de tout. La sanction peut dissuader. On n’est pas contraint d’attendre des mois pour agir.

On dit que parmi les casseurs il y a beaucoup de Français donc que les «incidents regrettables » ne sont pas un problème lié à l’immigration. L’excuse est spécieuse et se rapproche du déni même si l’amalgame est excessif. Quelques -uns ont la double nationalité. C’est un privilège car ils peuvent choisir où vivre. Pas moi je subis le territoire où je suis né. Mais ils ne veulent pas aller vivre dans le pays de leur origine par exemple en Algérie pays bien connu de tolérance, de démocratie ferme et de libertés et qui nous méprise on s’en aperçoit actuellement avec les OQTF. La politique de la douceur diplomatique s’étiole sous la chaleur émolliente et les accusations .La sévérité n’a pas été essayée ou petitement sans vrais résultats et il n’est pas certain qu’elle marche. Le général de Gaulle disait qu’un pays n’a pas d’amis mais des intérêts. Et si on les défendait quand nos binationaux délinquants détestent en plus la France ? A réfléchir ? On peut être humaniste et aimer l’ordre première des libertés. Et que nos jeunes dynamiques et hargneux pour se détendre et faire œuvre utile aillent au Sahel où les djihadistes triomphent par le fusil et les exactions entre autres, après que l’armée française eut été chassée. Mais il doit y avoir peu de matchs de foot. internationaux !

Le comportement des briseurs d’harmonie et d’unité sociale est grave et injuste. Ils ont été élevés à notre biberon républicain et profitent à juste titre du système. Mais ils n’ont pas compris nos valeurs et notre art de vie .Ils veulent les changer au profit ce qui n’est pas notre culture. La violence est - elle un moyen ou une fin  ? Alors que nous avons un système électoral performant et que nous vivons dans une démocratie libérale représentative. Les dernières élections municipales l’ont prouvé et ont porté au pouvoir la diversité et ceux et celles qui prônaient d’autres principes. Ils ont usé de la liberté d’expression et la laïcité les protège. Qu’y ajouter de plus ?  On ne va pas rejouer la valise ou le cercueil et obliger l’ancienne France à partir. Ou à se résigner.

Une fois que l’on a dit cela que fait- on ? Attendons-nous l’élection présidentielle et le ou la sauveur(e) qui nous est promis , avec plus tard des députés sensibles à l’intérêt général pour que des mesures drastiques soient prises ? On comptera les dérapages pendant la coupe du monde de foot. qui vient et MM. Deschamp et Mbappé seront les responsables du chaos éventuel en cas de défaite. Puis on attendra la surprise du 31 décembre 2026. Ou par un sursaut de peur et de responsabilité on vote les lois utiles en discussion à l’heure actuelle devant le parlement et on utilise les moyens constitutionnels et avec l’état d’urgence et le pacte international de l’ONU de 1966 relatif aux droits civils et politiques si les conditions sont réunies ou autres dispositions. A grands dangers mesures exceptionnelles. Après débat public naturellement. Avec des interdictions préventives, le repérage des délinquants, les moyens technologiques d’intervention et d’identification ce qui n’est pas une atteinte aux libertés, et la mise à l’écart de ceux qui ne veulent rien comprendre pensant être des victimes et détenir la vérité .En médecine on tranche parfois un membre malade pour sauver l’individu. La société a besoin d’un remède de cheval. Et que les politiques donnent l’exemple. De la raison et de la modération dans la prise de parole. Tout n’est pas noir.      

J’entends déjà les cris d’orfraie de ceux qui craignent l’état policier, les mesures liberticides sans les définir, la fin de la liberté individuelle illimitée et l’absence d’ une repentance permanente, avec une potentielle menace pour la république puisque seront concernés même les citoyens honnêtes et qui réparent les dégâts commis par des insolvables présumés et excusés ou non responsables par définition. Mais je n’entends pas les demandes des mêmes élites qui réclameraient à cor et à cris des mesures pour stopper les jeunes déviants et faire condamner les délinquants qui ne sont pas des victimes de la société.  Et qui ne proposent pas des solutions pérennes qui satisfont en même temps la compréhension des jeunes et des mineurs et le besoin de protection des biens et des personnes adultes. Être lanceur d’alerte impose d’être positif.

En matière internationale au Moyen-Orient ou en Ukraine tous les jours on exige des cessez- le -feu. On serait avisé d’en faire autant en France et de sanctionner ceux qui ne les respectent pas. La force ne peut pas gagner.  

On a besoin d’audace maintenant y compris de ceux qui sont contre le gouvernement. Pour juguler la haine et la violence qui lui est consubstantielle. Et pour 2027 d’encore plus d’audace car si des décisions de fermeté pour retrouver une société calmée qui débat de ses insuffisances ne sont pas prises dans un relatif consensus , alors l’avenir sera sombre.   

 

lundi 25 mai 2026

Article paru dans Regards Croisés - mai 2026

 








Requiem pour la présomption d’innocence dans l’état de droit

 

         Requiem pour la présomption d’innocence dans l’état de droit

                               Par Christian Fremaux avocat honoraire

Comme il ne faut toucher aux lois et à la Constitution que d’une main tremblante, on doit essayer d’être nuancé quand on parle de justice en général. Celle-ci n’est ni à blâmer ni à louer. Elle n’est pas binaire et ne définit pas ce qu’est le bien qui se distingue de la morale ou ce qu’est le mal. Elle applique les textes. L’opinion publique par nature volatil et changeante ne doit pas être son guide. La Justice est le reflet de la société et les hommes et les femmes qui la composent doivent être supposés sincères et neutres. Sauf quelques brebis égarées dans l’idéologie on le sait. C’est le prince de Talleyrand qui a dit : « appuyez- vous sur les principes ils finissent par céder ».

L’état de droit (avec un petit e) qui protège de l’arbitraire de la puissance publique ( l’Etat avec un E majuscule n’a pas de droits personnels) et que chacun revendique avec des intentions contraires ,n’est pas que la Justice. C’est aussi la séparation des pouvoirs, des élections libres dont on respecte les résultats sans les saboter dans la rue ou les nier,  dans un régime républicain de préférence. A chaque fois qu’une loi ne plait pas certains disent qu’elle est liberticide bien que votée par les parlementaires et remet en cause l’état de droit. Non, l’état de droit doit rester immuable mais on a le devoir de changer les lois pour adapter notre arsenal juridique et judiciaire aux nouveaux paradigmes et défis de toute nature et pour protéger la nation contre des pertes de souveraineté. Il n’est pas interdit de croire que la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme s’appuie sur les principes éthérés et très anciens d’une période révolue et ne correspond plus aux besoins de sécurité et de défense du pays. La France juge des actes réels commis par des individus très dangereux qui mettent en péril l’union nécessaire du peuple et nos valeurs. Elle ne peut être condamnée par une vision philosophique extérieure.

 On a la légitimité de penser que notre corpus législatif actuel est plus favorable aux délinquants qu’aux victimes. Et que la société a le droit de se défendre avec des lois plus sévères et plus efficaces. On ne doit pas avoir à choisir entre l’extension infinie des droits individuels et la protection collective active de ceux et celles qui forment la communauté nationale .Les deux approches sont compatibles si on n’oublie pas que le citoyen a aussi des obligations et des comptes à rendre. Le débat sur l’autorité et le renforcement du régalien ,le respect de la loi qu’elle plaise ou non,  l’identité, l’égalité dans les territoires qui n’appartiennent à aucun clan, une justice performante,  sera à trancher par l’élection.

En attendant évoquons la présomption d’innocence. Qui est d’actualité et qui a du plomb dans l’aile. L’article 1111-1 du code de procédure pénale dispose : « toute personne suspectée ou poursuivie est présumée innocente tant que sa culpabilité n’a pas été établie. Les atteintes à sa présomption d’innocence sont prévenues, réparées et réprimées dans les conditions prévues par la loi » . Les sanctions pour violation de la présomption d’innocence sont rarissimes et souvent accompagnées d’autres préjudices à apprécier. L’article 6-2 de la Convention européenne des droits de l’homme conforte le principe. Dans la pratique on constate que cette présomption est devenue de culpabilité préjugée. Et dans tous les domaines qui intéressent le public : notamment la politique, l’argent public, les personnalités du showbiz qui font le buzz. Avec effet retour. C’est comme les jeux du cirque à Rome. On attend que César en l’occurrence les procureurs baissent le pouce sur la dénonciation de faits et que l’enquête démarre.  Ceux et celles qui se plaignent se dénomment immédiatement victimes comme si leur simple parole suffisait. Ou si le nombre d’affaires et des circonstances similaires traduisaient une culpabilité qui va de soi.

Dès le signalement pourquoi ne pas envoyer directement l’individu concerné devant le tribunal correctionnel ou la cour d’assises : certains se passeraient bien des épisodes longs de la justice, des contraintes légales « tatillonnes » qui font perdre du temps, des confrontations, de la réalité des faits, des preuves ou du faisceau d’indices concordants...Sans que l’on tienne compte de la prescription de droit essentielle pour tout le monde. Si tout devient imprescriptible attention dégâts. Le concerné doit immédiatement se retirer de la scène, voire expier sa faute en s’excusant et acheter la corde qu’il se mettra au cou. Il doit s’auto- punir , ne plus travailler, raser les murs, et tout avouer même ce qu’il n’a pas fait. Se défendre est déjà le signe de sa mauvaise foi et un élément accablant. Si son avocat qui doute de la vérité révélée est considéré comme trop virulent sinon violent verbalement contre des personnes supposées apeurées ,on ajoutera la sanction supplémentaire de victimisation secondaire.

C’est grave car ce qui arrive aux puissants peut survenir aussi au quidam qui n’est soutenu par personne et n’a pas de fan -club. La procédure protège ainsi que la loi et c’est la liberté de dire ce qu’on pense vrai sans contradiction qui opprime et fait pression. Sans négliger la souffrance de celui qui se plaint même des années plus tard.

 Le tribunal médiatique juge en continu à partir de vérifications orientées sans règles légales ou déontologiques avérées de ses prétendus spécialistes qui se prennent pour des policiers ou des juges. Des « révélations »ont lieu selon des sources confidentielles de la presse. Et si l’on ne sait pas vraiment,  la répétition ad nauseam du nom et des faits théoriques peut faire croire à une responsabilité certaine. En y ajoutant que l’individu est naturellement présumé innocent. C’est du n’importe quoi. Mais le mal est fait. Je ne sais pas si le plaignant est plus soulagé pour autant ? Mort au vaincu.

 Si plus tard l’individu est acquitté, relaxé ou a bénéficié d’un non -lieu, on dira que la décision judiciaire n’efface pas les faits et que rien ne change. La justice est peu à côté du sentiment d’avoir raison du plaignant. On ne se justifie jamais d’avoir eu tort. Ou d’avoir cru à sa vision discutable de l’histoire. La présomption d’innocence est un leurre et est devenue un tigre de papier : il recule au moindre frémissement car il ne faut pas déplaire à l’opinion publique ou à des combattants d’une cause. Un individu peut être sacrifié pour le confort intellectuel et moral d’autres. C’est l’évolution de la société. Pourvu que cela ne dure pas comme aurait dit peut-être la mère de Napoléon.

Bien sûr quand l’individu est pris en flagrant délit ou crime, qu’il reconnait les faits, qu’il avoue sa culpabilité ,ajouter qu’il est présumé innocent est grotesque.     

vendredi 22 mai 2026

Faire son cinéma

 

                                         Faire son cinéma

                                     par Christian Fremaux avocat honoraire

C’est la saison du festival de Cannes dont je ne mésestime pas la portée internationale et la mise en avant de la France. La critique est donc en smoking et robe longue y compris parait- il comme pour un maire de la droite décomplexée d’une commune de la diversité qui a droit au luxe aussi ; pour une haute fonctionnaire de tendance socialiste tenue au devoir de réserve et à veiller sur les comptes publics en ces temps de disette; et pour une ministre en exercice qui a un domaine de compétences hors de la culture mais qui défend dans l’obscurité des salles de projection l’égalité homme/femme principe constitutionnel . Le contribuable a t- il le droit d’être circonspect ?

La Croisette se décroche par le talent ou les relations sinon l’égo. Il faut paraitre. Tant pis pour les grincheux ceux et celles qui ne voyagent pas en jet privé, ne boivent pas du champagne et ne couchent pas dans les palaces. Le petit four au bord de la mer a un goût particulier. Les gens du commun continueront à économiser sur l’essence, sur leurs repas que l’inflation grignote et rêveront avec l’Eurovision ou un été 36 (les congés payés pour la première fois) sur TFI en guise de spectacle. Et seront admiratifs des stars ou assimilées ce qui permet d’oublier un moment le contexte guerrier et social. Je sais que cette remarque est un peu démago. ou beauf. mais j’assume comme le disent tous les politiques qui ont échoué ou les intellectuels qui prétendent détenir seuls la vérité. Et faire le bonheur du peuple malgré lui s’il le faut. Mais il fallait que les polémiques donnent du sel à la semaine.

Une polémique est venue d’ artistes , de réalisateurs , de techniciens du cinéma qui ont pris à partie M. Bolloré qui a le malheur d’être un catholique milliardaire et pas de gauche donc suspect de faire le jeu de l’extrême droite. Et de vouloir étouffer la création qui a besoin de pluralisme. On traduit le pluralisme par ce que pensent les plaignants. Et peut-être par ce que proposent les milliardaires ou les gens fortunés de gauche ? Car il y en a, je m’en réjouis. On ne parle pas philosophie ou grands principes humanitaires.  C’est d’argent dont il s’agit qui est le nerf de la guerre au cinéma.

 M. Bolloré qui n’a pas besoin d’avocat pour s’expliquer est le principal actionnaire de Canal + qui verse beaucoup d’argent dans le cinéma y compris pour des œuvres qui ne seraient pas sa tasse de thé. Mais le « dangereux individu » qui veut imposer les croyances conservatrices donc fascistes sans que les vertueux auto- proclamés disent lesquelles et donnent un exemple pas imaginaire, a cependant suffisamment d’ouverture d’esprit pour payer quand même . Canal + plus est le principal bailleur de fonds privé qui investit dans le 7ème art. Les pétitionnaires ont fait un bide. Tendre la sébile d’une part et fermer le poing d’autre part en insultant celui que vous sollicitez est une méthode curieuse. Ce n’est que dans un film d’horreur que le masochisme gagne.

« Qu’est- ce qu’on a fait au bon dieu...» demandait avec humour Christian Clavier dans une œuvre pour la tolérance et le vivre ensemble. Il a fait un carton. Dieu n’a rien à voir dans l’affaire .C’est l’humain moderne sectarisé et idéologisé qui est en question. Quelques-uns ne détiennent pas la vérité culturelle qui conduit à enseigner aux masses ce qu’elles doivent penser et accepter. Chacun est libre de faire des films sans être biberonné à l’argent public qui appartient à tous les courants de pensée et de faire triompher ses idées. Mais le spectateur a aussi le droit de choisir ce qui lui plait. Et de ne pas partager ce qu’on lui somme d’admettre. La France a des racines. Et des valeurs.   

Sous couvert de pluralisme imposé et de liberté d’expression en réalité ce sont des interdictions qui sont prononcées et réclamées. Fermons les médias qui ne reflètent pas la doxa dominante et obligeons certains riches à « banquer » ce qui les punira. Cette injonction comminatoire rejoint l’espoir totalitaire de ceux qui disent ouvertement que la démocratie n’est pas seulement le résultat des élections libres et qu’une insurrection populaire est souhaitée pour le cas où le scrutin ne met pas au pouvoir la majorité que l’on préfère. Attention on toucherait ainsi gravement à la démocratie qui est fragile.

Rappeler 1789 et la prise de la Bastille est un contresens historique . Notre époque n’est pas celle de l’autoritarisme royal de Louis XIV et successeurs dont Louis XVI avec le mépris des individus. Voltaire et les humanistes nous ont montré le chemin. L’abolition des privilèges est entrée dans les faits. Ce n’est pas un prétendu racisme systémique résurgence de la colonisation,  des menaces imaginées venant de droite et encore des inégalités à corriger qui pourraient justifier une révolution dans une France championne des droits de l’homme, de la tolérance avec la laïcité qui est une liberté ,et de la redistribution. Dans un monde chaotique où les théocraties essaient de dominer. Outre le mérite républicain ouvert à tous d’où qu’ils viennent. On n’est pas assigné à résidence. L’Etat n’abandonne personne. Mais il faut aussi vouloir participer. On peut naturellement toujours mieux faire mais la violence politique ou autre doit être bannie. Le roi a été décapité et le souverain c’est le peuple y compris l’ancien,  n’en déplaise à une minorité dite avancée. 

Quand les feux de la rampe se seront éteint le cours ordinaire du financement du cinéma reprendra. Les rebelles se voulant indépendants ne dépendent que de leurs portefeuilles .Ils ont mis en lumière le C.N.C. donc l’argent public .Il peut y avoir un retour de bâton compte tenu de nos finances publiques à sec, avec d’autres priorités vitales. Bravo les artistes.  « Tout ça... pour ça » comme disait F. Huster jouant un juge entretenant une relation adultérine avec une avocate. Donc de la fiction ? Faire son cinéma c’est surjouer, en rajouter ,fantasmer sur une situation, manifester de manière bruyante pour obtenir son caprice. C’est l’inversion victimaire. Ce n’est pas de l’art.  

Une autre polémique concerne le film « l’Abandon » c’est à dire les derniers 11 jours de la vie du professeur Samuel Paty assassiné pour ce qu’il était et transmettait. Le récit est factuel ,se base sur les minutes du procès public et décrit comment les institutions et des collègues ont critiqué ou laissé tomber le professeur au prétexte du « pas de vagues » et pas de stigmatisation .Certains ont repris cette antienne. C’est honteux. On mourra de nos faiblesses juridiques et morales et du manque de courage de nommer les choses et les responsables. Albert Camus l’a déjà écrit. J’espère que ce film aura un grand succès sinon on accablera encore plus Samuel Paty. Un autre professeur a connu le même sort. La République doit protéger et soutenir ceux qui restent des hussards.    

lundi 18 mai 2026

Festival du livre

 


Vous qui lisez régulièrement mon blog et autres lecteurs curieux,  je vous invite à venir me voir pour que je vous dédicace mon livre :

Vendredi 29 mai 2026 de 13h à 14 heures stand L’Harmattan mairie du 5 -ème arrondissement de paris 21 place du Panthéon. 




lundi 11 mai 2026

Le droit cet obscur objet de désir

 

                       Le droit cet obscur objet de désir

                     Par Christian Fremaux avocat honoraire

On a bien compris que le droit qu’il soit international public ou interne est devenu à géométrie variable et qu’il n’est plus un rempart contre toutes les dérives.

 Je ne m’appesantis pas sur la guerre Usa/Israel et plus si affinités ou besoins de protection d’Etats de la région amis ou avec qui nous avons des accords de défense contre l’Iran et ses proxis. Notre président chef unique des armées selon la Constitution ne cesse de dire qu’elle ne nous concerne pas, que nous ne sommes pas belligérants mais que nous nous préparons à toute éventualité .Sans demander pour prendre des initiatives l’autorisation du parlement comme M. Trump qui se dispense d’un vote de son congrès. L’interprétation du droit serait-il constitutionnel est large et permet à notre porte- avion de prendre l’air et de montrer ses muscles. Car à juste titre nous défendons nos intérêts vitaux puisque nous subissons les désagréments et le mot est faible du conflit lointain qui peut dégénérer, aucun dirigeant ne voulant céder un millimètre de terrain ou d’eau ou de sa théorie radicale.  Serait-elle suicidaire pour son peuple.     

Le droit maritime a coulé et une guerre est illégale par nature surtout si on est en attaque. On peut discuter à vie de qui a raison ou tort selon les traités d’après deuxième guerre mondiale quand on pensait que les conflits mondiaux disparaitraient et que l’ordre public international serait toujours celui fixé par les vainqueurs, ceux qui ont la bombe de surcroit. Et qui voulaient que l’équilibre des puissances soit gravé à jamais dans le marbre et les faits. Mais l’Histoire n’est jamais écrite d’avance et ceux qui étaient faibles sont devenus forts ou l’inverse et rebattent les cartes. Avec des ambitions et des raisonnements qui surprennent. Par l’arbitraire des théocraties et de nouveaux empires qui se créent. Il va falloir que le droit international public soit revu. Et que les diplomates prennent des cours de formation accélérée sur les nouveaux paradigmes. Il ne faut ni gagnant ni perdant. Qui sera l’arbitre et à partir de quelles règles impératives à inventer? Le droit devient une arme de discussion massive qui peut durer.

Il en est de même sur le plan interne où l’on entend des affirmations qui décoiffent. Nous ne pouvons pas nous indigner tous les jours de ce qui parait incongru, inadmissible et de surcroit illégal. Nous épuisons notre capital d’irritation face à ceux et celles qui provoquent et dénigrent tout en cherchant on ne soit quoi pour affaiblir la nation. Mais il ne faut pas s’y faire ni renoncer et il appartient à chacun à son niveau de remettre l’église -au sens figuratif car je ne veux pas être traité de raciste ! - au centre du village.

 Seul le droit tel qu’il résulte du vote des parlementaires avec l’interprétation -que l’on peut discuter- des juridictions permet d’établir une ligne rouge et de fixer des règles pour tous. Sinon c’est le désordre assuré .Les plus anciens se rappellent sous l’ère Mitterrand de l’apostrophe de M. Laignel député socialiste: « vous avez juridiquement tort car vous êtes politiquement minoritaire ». C’est une conception particulière de la démocratie qui renait. Ou encore, je suis minoritaire mais je gouverne !

On se gargarise de l’état de droit pour tenter de faire avaler n’importe quelle ânerie comme la querelle du « canon français » et de la charcuterie avec du vin .Il m’arrive d’aller dans des restaurants pour manger de l’agneau et de la semoule et boire du thé à la menthe ! C’est mon choix.  Ou vouloir empêcher par avance d’accéder au pouvoir un parti qui serait dangereux. Sans citer un fait précis et daté naturellement vérifiable.  En justice le débat est toujours contradictoire et les juges ne font pas de morale préventive mais appliquent la loi. La présomption de culpabilité n’existe pas encore .  L’état de droit c’est de respecter le verdict des urnes, c’est de ne pas déclarer que l’on n’acceptera pas qu’un tel gagne et qu’il y aura sinon une insurrection populaire. C’est de la sédition. La référence à la prise de la Bastille est grotesque. C’est la loi des suspects en filigrane et la terreur Robespierriste revisitée. Le roi a eu la tête tranchée. La république existe et le peuple est le souverain. Sans ostraciser des électeurs de bonne foi qui peuvent se tromper mais qui sont des citoyens égaux à d’autres. C’est la loi. Et la simple éthique.

La désobéissance à la loi quel qu’en soit le motif -légitime pour les uns intolérable pour les autres- est une atteinte à la démocratie. La liberté n’excuse pas tout. On ne va pas confier aux juges -qui sont des hommes et des femmes avec leurs convictions- l’opportunité prioritaire de dire ce qu’il faut faire ou penser ou non ,de sanctionner par avance et d’éliminer ce qu’une minorité demande. La dispute publique est consubstantielle à la république. Les élus à titre d’exemplarité doivent appliquer la loi cela est une lapalissade !  Les citoyens aussi. L’état de droit c’est l’équilibre des pouvoirs qui doivent jouer leurs rôles spécifiques, mais surtout l’expression de la volonté des citoyens qu’on l’approuve ou non. Le droit est la protection des faibles. La loi n’est pas à option même pour les teufeurs ou pour ceux qui cassent... de joie !Ou prétendent lancer des alertes. En prononçant des interdits.    

Et il faut d’abord se regarder dans la glace, car pour donner des leçons il faut être irréprochable en commençant par respecter nos institutions, nos valeurs et traditions républicaines, notre art de vivre et notre passé. L’avenir ne se construit pas en balayant ce qui ne nous plait pas, ni par une repentance sans limite et sans fin, ni en voulant écarter ceux qui ne pensent pas comme nous. L’union n’est pas l’exclusion. Le droit libère tandis que le sectarisme et le dogme oppriment. Faire nation c’est savoir s’empêcher et restreindre ce qu’il y a de plus mauvais en l’homme. On appelle cela aussi de la tolérance. 

C’est pourquoi nous devons fournir un effort intellectuel et humaniste. Le progressisme n’a pas tout résolu sinon on serait en bien meilleure condition tant sur le plan humain personnel que sociétal. Conservateur est la qualification la plus repoussante pour certains. Mais on a le droit de n’être pas d’accord avec la doxa dominante qui n’a pas fait la preuve de sa réussite. Ou trouvé des solutions pour résorber les inégalités notamment et pour le niveau de vie. Je ne parle pas économie ou dépenses publiques avec redistribution, le montant abyssal de la dette douchant les espoirs. Le déni de réalité conduit au désastre. Penser qu’on détient la vérité est l’erreur de base.

Le 8 mai 1945 que l’on vient de commémorer démontre que la force est injuste et ne règle rien. Le compromis validé par le droit est la seule solution possible.        

vendredi 24 avril 2026

Bataille navale à la royale ou de flibustiers

 

                           Bataille navale à la royale ou de flibustiers

                                      Par Christian Fremaux avocat honoraire

L’avenir du monde donc de la planète et de ceux qui y vivent ou survivent actuellement se passe sur les mers. On révise notre géographie et chacun a acheté un atlas. Où sont le golfe persique ou la mer d’Arabie, le golfe d’Oman voire d’Aden,  les détroits d’Ormuz et de Malacca, les océans indien et pacifique ? Et précédemment atlantique puisque les USA avait fait un blocus du Vénézuéla avant de kidnapper le président Maduro. M. Trump a aussi des visées sur le canal de Panama et le Groenland. Et entend que le canal de Suez soit libre de circulation. C’est tout pour l’instant. La mer Méditerranée reste où elle est avec ses fonctions traditionnelles. Les porte -avions peuvent circuler.  

 Quand le président américain s’intéressera aux pays terrestres et envisagera des débarquements on révisera où ils se situent , comment y accéder et les destinées des nations , des empires , des coalitions avec l’histoire des peuples. Car la seule querelle qui vaille c’est l’être humain. Toutes les guerres se font théoriquement pour son bonheur même malgré lui,  sachant que son contenu est variable en fonction des démocraties, des théocraties, des dictatures, des croyances et des vérités non démontrées. Il y a du pain sur la planche intellectuelle et morale souvent glissante.

 Pour l’instant il n’est pas nécessaire d’avoir une carte détaillée de l’espace. Quoiqu’avec tous les missiles de longue portée, des drones de plus en plus performants, les fusées et toutes les communications et technologies qui passent par les satellites et qui font marcher des armes qui tuent et détruisent mieux vaut en connaitre la profondeur ou la hauteur.

Tous les coups sont permis puisqu’on a commencé par nier et effacer le droit public international. Dans tous les camps : les uns pour se défendre, les autres pour attaquer pour échapper à un danger ou une intention hostile, tous en trouvant des prétextes ou des justifications. L’éthique a disparu au nom de la vengeance et de la survie ou de la volonté d’imposer ses évidences. Chacun accuse l’autre de génocide et de crimes de guerre sinon contre l’humanité et condamne l’ennemi aux foudres de la justice internationale qui n’y peut mais. Et dont on menace les juges s’ils n’ont pas le bon profil ou une pré-décision qui va dans son sens. Qui protégera les juges qui dans plusieurs années si tout va bien ,décideront des responsabilités, diront qui a été l’agresseur et l’agressé,  pour des motifs sérieux et respectables ou non, s’il y avait légitime défense ou riposte disproportionnée avec des moyens acceptables,  et quelles sanctions contre qui doivent être prononcées ?

En attendant on n’utilise pas des pistolets à eau. Et on est dans un poker menteur.

Il semble que M. Trump ait été surpris par les capacités militaires de l’Iran qui dans une guerre asymétrique sur le papier fait front. Sans que l’on soit sûr de l‘armement qui lui reste. On en est à des vedettes rapides. Les bombardements ayant détruit les gros navires de guerre. Certes les mollahs ont eu 47 ans pour se préparer et il faut admettre qu’ils ont bien réfléchi avec leur organisation dite en mosaïque et que leur jusqu’au boutisme correspond à leur religion qui vénère les martyrs. Cette occurrence n’autorise cependant pas certains à considérer avec une quasi-bienveillance le régime théocratique et cruel des ayatollahs au nom de la lutte du faible contre le fort ce dernier serait -il critiquable. Ou d’un anti-américanisme primaire sinon d’un anti -sémitisme qui ne se déclare pas.  Car ce serait oublier que l’Iran a des projets belliqueux envers l’Occident en général et des terroristes qui travaillent pour son compte outre la volonté d’éradiquer Israël qui est une démocratie et a le droit d’exister. Même si on peut rejeter sa politique intransigeante et ses actions. Je plains le peuple iranien très civilisé et victime qui vit dans la terreur et sous un régime de fer qui n’autorise pas la parole ou le débat interne sur un destin collectif.  Il doit se protéger contre ses propres dirigeants. Quand l’idéologie règne, le malheur s’installe.  

 En Occident on ne raisonne pas ainsi, une vie étant le bien le plus précieux. On discute publiquement des buts et objectifs, on tente d’abord la médiation par la diplomatie en cas de conflit. Et quand on se heurte à un mur ou un adversaire résolu à ne pas céder d’un pouce quitte à disparaitre, quand les intérêts vitaux sont en jeu , on sort les armes . « Le dernier argument des rois » était-il inscrit sur les canons de Louis XIV.  

Les Iraniens n’ont pas d’amiral en chef puisque le jour même de sa désignation le guide suprême a été éliminé ou quasiment. Mais il y a de nombreux capitaines de vaisseaux et des marins qui savent manœuvrer. La simple possibilité d’existence de mines dans un détroit et du démantèlement des câbles sous -marins sont une arme redoutable. On n’est plus dans la royale avec ses codes d’honneur et coutumes. De loyal on est passé à sournois. On est chez les flibustiers. Dans une guerre asymétrique la fin justifierait tous les moyens. D’autant plus que le blocus yankee semble avoir des trous. C’est une passoire flottante, volontairement ou non.   

Il y a un jeu de société qui s’appelle la bataille navale pour les longues soirées d’hiver quand il y a tempête au large. On joue au touché-coulé avec une stratégie réfléchie, au chaud, dans le calme, en buvant un verre.  Mais dans la vraie vie ce jeu fait des morts, réellement. Et la Convention des nations unies sur le droit de la mer entrée en vigueur en 1994 est devenue un chiffon de papier. Notons que les USA, Israël et... le Venezuela n’ont pas ratifié l’accord. Et vogue la galère !   

On a déjà connu la politique de la canonnière, les pirates et les corsaires et la domination des océans au profit des puissants. Aujourd’hui il faut sauver le soldat pétrole et gaz et la technologie qui fait fonctionner le monde moderne et son train de vie.  Au passage les humains aussi,  certains étant plus de qualité que d’autres.

M. Trump sera- t -il Marc Antoine avec comme second Cléopâtre qui a perdu la bataille navale d’Actium ou au contraire Nelson qui a défait la flotte de Napoléon à Trafalgar ? Les Iraniens sont- ils les dignes successeurs d’Alexandre-Le-Grand le macédonien qui a conquis la Perse et était un stratège hors pair ? Ou comme à Lépante subiront- ils le sort des Ottomans face à la Sainte- Ligue ?

« Homme libre, toujours tu chériras la mer » a écrit Charles Baudelaire dans les Fleurs du mal et son recueil Spleen. Ce qui est d’actualité.           

mercredi 22 avril 2026

Ormuz ! Ormuz !est-ce que j’ai une gueule d’atmosphère ?

 

 Ormuz ! Ormuz !est-ce que j’ai une gueule d’atmosphère ?

                     par Christian Fremaux avocat honoraire

Comme pour toute chose les feuilletons lassent. L’émotion et l’indignation du début s’étiolent et on veut de la nouveauté surtout si on n’est pas directement impliqué. C’est cynique de l’écrire mais vrai. La moraline n’a jamais remplacé une vraie action qui se termine. La paix est au prix de la souffrance des uns et de l’impatience des autres.

 On commence à fatiguer malgré son importance avec les avancées millimétrées puis les reculs sur la guerre Israël-Usa contre Iran et proxis. Outre d’autres conflits passés aux abonnés absents comme celui opposant la Russie à l’Ukraine ou qui fictivement n’existeraient pas comme au Soudan ou ailleurs. Avec des chrétiens.  Ou renaissants avec le Liban.  Ce ne sont plus les vies disparues ou les blessures qui nous choquent on en a pris malheureusement l’habitude. Chacun s’apitoie pour tous ou selon ses propres convictions car la sensibilité orientée demeure. Avant le journal télévisé et ses horreurs on gère :« tu reprendras bien un petit whisky et que penses -tu du match de foot ou de rugby » ? Le secondaire continue avec le travail , les impôts et l’éducation des gosses. Et le coût de l’essence qui ne baisse pas : comment partir avec décontraction en week-end et en vacances ?  La vie est triste et dramatique car rien ne va et tout se vaut. Ce qui est le plus précieux l’existence tend à devenir une variable d’ajustement pour certains.  Des pays font le « boulot »à la place des autres (les démocraties occidentales ?) mais de quel boulot parle- t -on : éliminer des méchants ? Instaurer un régime plus humain ? Contre qui et pourquoi ? Tout devient relatif. On se gargarise de grands mots : il faut que cela cesse, c’est inadmissible, il faut agir. On ira jusqu’au bout... mais de quoi ? Sommes-nous tous responsables et solidaires de toutes les bagarres ou de certaines ?  

Je me réjouis de constater que nous avons en réserve un nombre impressionnant de généraux ou amiraux qui connaissent le domaine militaire. Ils l’ont jadis fréquenté et se sont mis à l’ordre du jour. Ils commentent ce qui pourrait se passer sans en savoir plus. Et sans avoir d’informations fiables sinon confidentielles donc à ne pas répéter. Ils sont confrontés sur les plateaux où l’on parle sans recevoir de la mitraille et sans risquer sa peau à des journalistes ou des experts de toute nature, patentés par eux -mêmes qui ont un avis formel pas forcément conforme à ceux qui sont sur le terrain. Et qui analysent avec force ce que M. Poutine dissimule ou devrait faire ; ce que M. Trump qui aime le golf a dit,  puis son contraire ; ou ce que doivent penser les gardiens de la révolution. Ils comptent même les armes qui resteraient et les moyens peut être à la disposition des belligérants ce qu’eux- mêmes n’évoquent jamais. Chapeau les techniciens. En pratique la fin ne peut venir que des politiques par la diplomatie.  Mais les membres du peuple doivent savoir car s’il y a des victimes ce seront eux. Ils auront été instruits.  

 Il suffit de regarder la télé pour savoir ce que fait ou doit faire secrètement l’ennemi. On est bien informés ! Sauf pour fournir la solution qui met fin aux combats car on ne peut imaginer ce que les acteurs prévoient raisonnablement ou non. Pourvu qu’on n’ait pas un affrontement qui éclate sur notre territoire à force de tergiverser et d’aider tout en disant que ce n’est pas le cas en rappelant les droits de l’homme et les exigences des discussions. Nos militaires en activité avec la dissuasion nucléaire faite pour ne pas être utilisée ni partagée, devront trouver d’urgence les résolutions idoines -de préférence « pacifiques » on dit armes défensives-et surtout les munitions dont parait-il nous n’avons pas un stock suffisant. La défense intérieure de notre nation compte aussi !  Le réarmement demandé par le président Macron est -il une exigence verbale, une sorte de tigre de papier notamment avec la brigade des Etats volontaires pour libérer le détroit d’Ormuz pour que nos carburants et le coût de la vie retrouvent un niveau acceptable. On devine ainsi qu’il faudra bloquer par exemple le tunnel sous la manche ou celui de Fréjus ou de Chamonix et désormais les Pyrénées vu les décisions de l’Espagne pour éviter les entrées intempestives .Et à Vintimille. Sans oublier d’étendre un filet gigantesque dans le ciel pour empêcher un missile ou un petit drone de faire du dégât. Mieux vaut persifler que pleurer. Chacun a les priorités qu’il peut !  Souvent matérielles au -delà de la vie et la mort. Les grands principes s’effacent devant la réalité.  Ainsi pour nos frontières qui va les défendre ? L’Europe et l’Otan ? Et nous mais comment ?     

On a compris que le droit international et l’Onu n’existent plus en fait. A chaque guerre on dit qu’elle est illégale ce qui va de soi et toutes les frappes le sont. Faut -il compter les morts y compris de faim, les blessés, les déplacés,  les destructions d’immeubles et quartiers et celles des installations stratégiques... Le droit maritime a coulé et on fait florès dans la formulation. Dire que « l’on bloque un blocus pour libérer ce qui était libre jadis » est génial pour la sémantique mais pas dans les conséquences. L’atmosphère est donc délétère et tend à la surenchère.  On doit être pour ou contre sans nuance sinon on est un extrémiste ou un sans- cœur à éliminer , moralement j’espère.

J’ai bien conscience que personne n’a la solution définitive ni sur le plan international ni sur le plan interne pour juguler la violence, la délinquance,  les excès sans fin, les demandes exponentielles pour tout et rien, le rejet de l’autre avec la haine existentielle. On assiste à des débats parlementaires extravagants. Personne ne veut céder sur rien même sur ce qui est insignifiant. On évacue les vrais problèmes à résoudre en étant dans l’idéologie ou le déni . Tout compromis est pris comme une trahison. On écarte d’office des millions d’électeurs qui auraient mal voté et que l’on veut obliger à accepter la doxa dominante. Des minuscules se croyant éclairés et sûrs de leurs vérités affirment même qu’il n’y a pas besoin du verdict des urnes :les élites seraient suffisantes ! Vive la démocratie. On va très loin dans la démagogie arbitraire. En parlant de racisme, de fascisme et désormais de populisme dangereux. Sans tenter d’en justifier. Mais qui craint le peuple ? Il est le maitre et son bulletin de vote vaut force de loi. 

Il faut que les mois qui nous séparent de l’élection présidentielle de 2027 soient utiles : que l’on mette les dossiers qui fâchent sur la table : insécurité, identité, immigration , retraite donc temps de travail et de repos,  niveau de vie, choix de nos valeurs républicaines et protection de la nation tant sur le plan interne qu’extérieur. On n’a pas besoin d’un ou d’une sauveur(e) mais de programmes crédibles,  vérifiés, chiffrés et applicables en entier par un candidat élu. Qui ne change pas d’avis ou d’alliance au gré des circonstances. Et qu’on utilise le référendum pour laisser les Français s’exprimer et donc respirer. En les laissant travailler s’ils sont volontaires .Le dogme nuit.  

Ne construisons pas un détroit d’Ormuz national pour tous les sujets. Changeons d’atmosphère.         

vendredi 27 mars 2026

Tous les gagnants ont perdu

 

                                       Tous les gagnants ont perdu

                            Par Christian Fremaux avocat honoraire

Il fallait s’y attendre. Au soir du résultat des élections municipales chaque camp a eu sa liste de succès et s’est moqué des défaites chez les autres. Les trophées ici et là ne sont pourtant pas un triomphe. Les débats dans les médias ont été lunaires. On s’est invectivé, accusé, maudit, la routine en quelque sorte. Les électeurs ont été plus grands que les leaders des partis qui ne font jamais leur introspection. Et ne sont responsables de rien.  Les citoyens ont rectifié où il le fallait, donné la victoire à celui qui la méritait selon eux en le mettant à l’épreuve si nécessaire. Ils ont sanctionné des rapprochements conclus sans s’encombrer d’éthique ringarde pour les nouveaux damnés de la terre, puni les mauvais et choisi ceux et celles qui dirigeraient au mieux leurs communes. Ce sont leurs choix à tort ou raison.

Personne n’est légitime à les critiquer car la vérité n’est écrite nulle part. Les administrés en ont pris pour six ans et c’est au pied du mur que l’on apprécie le maçon. Qu’il vienne de loin ou qu’il soit présent depuis des générations. La compétence non idéologique n’est pas une affaire de couleur. La tolérance non plus. Personne n’est propriétaire d’un territoire et ne peut s’imposer par la force ou l’exclusion. Le but est de réussir.

 Il n’y a aucune revanche à prendre ni obligation de bâtir une nouvelle France. Celle qui existe est solide et universelle bien que perfectible puisqu’elle a permis à tous les énervés et prétendus révolutionnaires frustrés d’accéder par un simple bulletin de vote à des pouvoirs locaux. Qu’on se le dise en comparant avec ce qui se passe à l’extérieur. Il faut désormais rendre la nation plus efficace et plus fraternelle sans la fracturer ou la diviser ce qui est déjà l’exploit à accomplir. En gardant les institutions à réformer pour les rendre plus populaires et de proximité avec un Etat fort qui protège et lutte contre toutes les menaces. Y compris existentielles. Tout le reste est polémique inutile. 

Les véritables gagnants ont été l’abstention et le camp des électeurs dégoûtés de la tambouille électorale et du fait que les maires étaient devenus impuissants . Le véritable pouvoir local est passé dans des regroupements technocratiques de communes – la décentralisation /concentration dite heureuse !-avec des structures anonymes comme des grandes et lointaines régions,  voire des instances européennes. Rendez -nous notre parlementaire- maire, notre région historique, notre conseiller général dans le canton aux limites circonscrites, le droit de panachage et pas d’obligation de parité dans les communes de moins de 1000 habitants. La France ne se résume pas aux grandes villes et ses banlieues avec ses spécificités. Le combat d’un racisé ou coloré face à un blanc prétendument tout moche n’a pas de sens local ni national d’ailleurs. La plupart des électeurs vivent en province souvent en espace rural que l’on a privé de services publics pour les besoins vitaux. Et de moyens matériels.  Pourquoi donc aller voter si cela ne sert à rien et n’apporte pas un mieux ? 

Nos politiques qui ont souvent de la diarrhée verbale devraient s’auto -analyser, être modestes et se demander si leur posture n’est pas coupable du désastre démocratique. Pour n’importe quel sujet crier au racisme et au fascisme est grotesque. Cela ne remplace pas la vacuité des propositions. On parle d’épuisement civique ce qui parait court comme excuse. Mais on est vidé moralement par les querelles indignes. Peut-être que les candidats ne sont pas à la hauteur de ce qu’attendent les gouvernés et que leurs programmes sont inconsistants outre les chocs d’égo et d’ambitions. C’est fou le nombre de kamikazes qui veulent être président de la République. Malgré la charge et la certitude d’être critiqués. Ils nous aiment. Ils ne pensent qu’à notre bonheur et sont prêts à se sacrifier si on se rallie à leur panache blanc ou autre teinte. On y croit ?

La démocratie municipale celle du voisin ,du frère, de celui ou celle qui partagent le même sol et qui aspirent à un minimum de tranquillité, de moyens d’existence et à la paix de l’esprit en général pour pouvoir gérer ses propres problèmes,  ne peut être polluée jusque l’élection présidentielle. L’intérêt général ne peut dépendre de considérations partisanes. La violence est incompatible avec une gestion du bien commun.

Les maires élus vont montrer ce qu’ils savent faire. Les donneurs de leçons sont aux manettes et ils n’auront pas d’échappatoires. Les tricheurs sont ceux qui se seront fait élire sur des malentendus, des compromissions et des promesses. En déguisant leur volonté réelle. Si la probité intellectuelle pouvait exister on ferait un pas en avant collectif considérable. Mais les vraies pensées et orientations profondes avec des décisions de principe vont se dévoiler : il y aura des surprises. Parfois mauvaises pour les habitants , en dehors des militants. Par exemple en désarmant la police municipale et en menaçant les élus d’opposition parfois des ex alliés !-ces battus impurs qu’on doit exfiltrer sous les injures- qui devront dégager ou subir des attaques physiques. C’est la démocratie qu’on agresse. C’est le suffrage universel qui est perdant.      

Tous les citoyens dont les abstentionnistes on le suppose exigent un vrai programme d’union, réaliste , chiffré et applicable sans démagogie ou communautarisme.  Ce n’est qu’à cette condition qu’ils retrouveront le chemin des urnes et la confiance qui ne se décrète pas mais se prouve. Notamment par la loyauté des politiciens qui ne changent pas d’avis comme de vestes et qui ne nient pas la réalité. Sans privilégier leurs propres intérêts de carrière. Cela finit par se voir !

 On a quelques mois pour vérifier si les réalisations locales peuvent servir d’exemples. 2026 sera la rampe de lancement pour l’avenir. 

La France en 2027 ne sera ni nouvelle ni ancienne. Avant tout elle devra être continûment républicaine avec son histoire en entrant dans la modernité, pour tous ses habitants qui respectent les valeurs de liberté, égalité, fraternité et laïcité. Les citoyens ne veulent être que des vainqueurs. Le seul gagnant est l’espoir.      

 

lundi 23 mars 2026

L'Aventure c'est la vie

André Dauchy est un citoyen ordinaire devenu homme d'affaires et fréquentant par les hasards de la vie des autorités et devant faire face à des situations délicates.

Il participe à des évènements inattendus parfois contre son gré. Ou a connaissance d'actions que le commun des mortels ignore. Il se partage entre la ville et sa campagne d'origine. Et discute avec les braves gens qui ont du bon sens en ne niant pas la réalité.

Sa vie parfois a été une aventure. Il a décidé de ne pas se plaindre. Chacun doit être responsable de ses actes. Et peut à son niveau vivre une histoire extraordinaire. Son intérêt est d'en tirer un profit. Ses récits qui font voyager donnent de l'espoir à partir d'une actualité brûlante.


Je suis avocat au barreau de Paris depuis 1974. J'ai plaidé pour des individus connus ou non, des politiques, des entreprises, des ambassades et l'Etat. J'ai exercé aussi un mandat d'élu local dans une petite commune rurale de Picardie et de conseiller prud'homme à Paris jugeant le monde de travail.

L'homme et la  femme sont mes héros au quotidien. Tout n'arrive pas qu'aux autres parfois dans des circonstances curieuses. J'ai rédigé des histoires avec des faits réels ou imaginés que tout lecteur pourra s'attribuer.

 J'ai choisi d'être positif.

 Mon livre vient de sortir en librairies ou sur les plateformes.

















 

mardi 24 février 2026

Ne nous trompons pas de scrutin

 

                                 Ne nous trompons pas de scrutin

                     Par Christian Fremaux avocat honoraire

Tous les gens normaux c’est-à-dire ceux qui ne dénient pas la réalité, réfléchissent un minimum et sont objectifs intellectuellement, ne peuvent qu’être horrifiés par la mort -le lynchage- d’un jeune à Lyon pour des raisons d’opinion. Contrairement aux multiples avis contradictoires que l’on entend à longueur d’antenne, je ne me prononcerai pas car il y a une enquête judiciaire en cours et c’est le moment de faire confiance aux magistrats et à l’état de droit souvent vilipendé. J’ai naturellement mon idée sur les responsabilités légales directes ou indirectes et sur les fautes politiques et morales. Mais mon avis n’intéresse personne et je ne veux pas prendre le risque de participer malgré moi à une polémique malsaine. Si je m’égare que l’on me pardonne. Car je suis indigné par ce qu’il se passe dans le pays des droits de l’homme et de la raison. Que l’on regarde le monde à feu et à sang et qu’on apprécie où l’on vit. Carpe diem.

Ma seule certitude est que l’on ne peut mourir en démocratie pour des idées . Brassens ajoutait que s’il le fallait,  alors d’accord « mais de mort lente » ! Il n’y a pas un camp du bien auto- déterminé par quelques -uns qui croient détenir la vérité ,la leur non vérifiée comme un postulat et non discutable, et qui veulent la faire entrer de force dans le crâne des citoyens. Sinon cela s’appelle du totalitarisme et du sectarisme fanatique pour ne pas employer le terme fasciste mis à toutes les sauces. Au lieu de faire le coup de poing méthode primaire sans hauteur de vue les étudiants concernés feraient mieux de lire des livres d’histoire et d’interroger les survivants des horreurs passées au nom des idéologies en -isme et les millions de victimes innocentes qui en ont résulté.

On a le droit naturellement de défendre ses croyances seraient- elles erronées et porteuses de dangers de toute nature mais la vie est trop précieuse pour qu’on la joue dans la rue en étant victime de porteurs de haine. En France on a la chance devenue rare ailleurs de pouvoir s’exprimer par des votes. Il ne devrait pas y avoir d’abstention et chacun doit aller voter y compris pour des députés avec des assistants qui se présentent sous pseudonyme. Incroyable ! Ou pour des candidats qui ont déjà un passé compromettant. Ce n’est que par l’expression majoritaire du peuple que l’on peut régler les problèmes qui existent , combattre les inégalités, redistribuer, et maintenir ce qui sont les valeurs universelles de la France et sa devise liberté, égalité, fraternité. Qui ne sont pas que des mots vides de sens.  Outre la laïcité qu’il faut expliquer sans cesse pour qu’on ne la confonde pas avec une restriction à la liberté de conscience.

 Notre nation réunit les destins individuels et les dépassent. Nous devons tous fournir un effort sur soi -même pour ne pas être excessif, exigeant et égoïste. Nous avons le droit d’avoir des préférences ; ne pas croire à telle ou telle solution ou affirmation .Mais un citoyen comme le disait le père d’Albert Camus « ça s’empêche ». C’est-à-dire ne se laisse pas emporter par tous ses instincts ,se réfrène, se modère, et joue collectif.  Parmi toutes les décisions parlementaires et/ou Etatiques-mais l’Etat c’est nous- on ne peut pas être toujours gagnant. L’intérêt général oblige à du compromis et de la responsabilité. Ce n’est pas la victoire d’une classe ou d’une communauté ou d’une minorité sur les autres. Le rejet du voisin –« frère humain qui après nous vivez ...» comme l’a constaté François Villon - pour ce qu’il est ou incarnerait n’est pas pertinent.  « La seule querelle qui vaille est celle de l’homme » a écrit Jean Bodin.  L’humanisme n’est pas un slogan et avec un minimum de respect et de compréhension on doit éviter tous les débordements. Comme l’autorité n’est pas incompatible avec les grands principes, je n’hésite pas à soutenir qu’il faut être très ferme avec ceux et celles qui prônent ou suggèrent la violence en parole avec la table rase et qui incitent ainsi des petits esprits à la réflexion étroite à passer à l’acte physique ou matériel et qui eux doivent tomber sous les fourches caudines de la Justice. Qui a certes un bandeau sur les yeux mais un glaive à la main.  « Responsable mais pas coupable  » on a déjà donné. Opposer un mort à un autre est abject. Vouloir venger un camarade est inadmissible. Accuser la victime d’être à l’origine de sa mort est disqualifiant. Tous les camps ultras ou extrêmes se valent dans ce qui précède. La violence n’est pas une caractéristique d’une démocratie qui doit être apaisée. La loi de la jungle ne peut être la nôtre.

Les citoyens n’ont pas besoin de prétendus lanceurs d’alerte pour tout et rien , qui s’affranchissent des lois qui ne leur plaisent pas et de tout sens civique. En niant l’humanité chez ceux qu’ils considèrent comme des ennemis à éliminer ,même pas des adversaires ou concurrents à combattre . C’est J.J. Rousseau qui écartait les faits pour que sa théorie colle. Les urnes sont souveraines pour un démocrate.

Les 15 et 22 mars 2026 auront lieu les élections municipales. Il y a un peu plus de 35. 000 communes . 50 % ont moins de 500 habitants. C’est la seule vraie et permanente majorité visible. Il n’y est pas question de droite ou de gauche mais d’élire des bénévoles qui se dévouent pour tous les habitants quelles que soient leurs opinions. Les élus locaux sont corvéables et taillables à merci et à portée d’engueulade. Pour six ans ce qui est long. Le maire porte un stylo pour signer toute la paperasse afin que la commune fonctionne avec un budget obligatoirement à l’équilibre ( Eh l’Etat qu’en penses- tu ? ). Le maire non violent est quand même muni d’un couteau mais Suisse à multiples lames pour réparer tout ce qui ne va pas. Il est officier de police judiciaire mais aussi médiateur et il règle les litiges de ses concitoyens qui n’hésitent pas à le rendre responsable de tout et le solliciter à tout instant. La démocratie locale est de proximité et la violence en est bannie. Les querelles politiciennes n’ont pas droit de cité et les combats de rue des irresponsables ne sont pas tolérés. Le citoyen doit bénéficier de la tranquillité, sans insécurité et dans le respect de ses traditions. Pour qu’il puisse vivre en paix et se préoccuper de lui aussi. La participation doit être massive au premier comme au deuxième tour de l’élection. Les communes irriguent le territoire et sont les piliers de la nation. Il n’est pas question de les transformer en laboratoires d’expérimentations diverses. La république a besoin de repères et de stabilité.

Attendons 2027 pour choisir les grandes orientations de la nation. Mais profitons de mars 2026 pour élire des hommes et des femmes, modestes et travailleurs qui bétonneront la démocratie locale. Paris, Lyon, Marseille intéresseront les médias. Mais les villes et leurs banlieues ne sont pas tout le pays .Une personnalité ne fait pas le printemps. Une thèse politique non plus. Ne nous trompons pas de scrutin.