jeudi 13 août 2026

Programme fantôme pour un non - candidat déclaré

 

  Programme fantôme pour un non - candidat déclaré

             Par Christian Fremaux avocat honoraire

Comme pour tous ceux et celles qui seraient susceptibles d’être candidats à l’élection présidentielle j’ai beaucoup réfléchi avant de prendre une décision qui allait bouleverser le pays et notamment pendant la mi-temps du match de foot France -Angleterre, la canicule nous ayant fait perdre nos moyens. C’est officiel : je ne suis pas candidat à la magistrature suprême. J’entends les soulagements car j’aurai pu réussir et prendre la place d’une personnalité qui a besoin d’une fonction pour vivre et être. J’ai hésité et j’ai laissé planer le doute dans mon cerveau qui certes est étroit mais qui s’est étonné de déclarations qui me dépassent. Et je constate qu’il y a des esprits brillants.  

Ainsi un jeune et sémillant candidat en bras de chemise et vieux en politique déjà en lice malgré la sécheresse qui inquiète les agriculteurs et les feux de forêt qui concernent les citoyens dans leurs biens et leurs vies. Il ne prend pas de vacances d’été ce qu’il reproche à demi -mot à ses concurrents .Il a démarré fort et a fait sur le terrain une démarche éclatante de hauteur auprès des gens du voyage, population importante certes mais quelque peu très minoritaire : ils ont le droit de circuler mais ils doivent stationner là où l’on leur dit de camper. Et ne rien exiger.  Personne ne peut imposer son mode de vie aux autres. C’est donc un adepte forcené de la laïcité ce qui me rassure vu les problèmes religieux et civilisationnels que l’on connait. Je me réjouis de sa position notamment pour les rave -parties ; les manifestations interdites ; les squats ; les interdictions de circuler pour les mineurs tard le soir ; les occupations illégales du domaine public ; les bagarres et rixes devant des établissements privés. Enfin les arrêtés des maires que les juges administratifs annulent. Le candidat est contre tout ce qui ne respecte pas la loi et nos valeurs républicaines. S’il avait pu agir ainsi quand il était aux affaires j’aurais applaudi. « Tu casses tu répares , tu salis tu nettoies, tu défies l’autorité on t’apprend à la respecter ». J’achète la formule si elle est applicable concrètement dans l’intérêt général qui n’est pas la somme des intérêts particuliers.

D’autres candidats potentiels affinent leurs réflexions et attendent qu’un courant favorable les porte vers les sommets. On n’a jamais eu autant de futurs sauveurs et hommes/femmes providentiels. Certains ne se rappellent plus qu’ils ont déjà participé au fiasco. Ils ont échoué mais savent désormais ce qu’il faut faire, quelles mesures prendre, comment redresser le pays à impôts constants et sans dépenses supplémentaires, sans discriminations, en protégeant toutes les libertés et en instaurant la paix publique cela va de soi. Ils ne disent rien de peur qu’on leur pique leurs recettes magiques, sans perdants ni exclus et sans polémiques . Ils sont ouverts d’esprit et au portefeuille des autres. Mais ils se tiennent prêts.  La République les attend comme le messie. Ce sont des grenouilles qui veulent se faire plus grosses que les bœufs.  J’exagère bien sûr et me moque méchamment car il va y avoir des candidats sérieux, pragmatiques et républicains. Quand chacun aura éliminé son concurrent de son camp ; quand des amis auront trahi ; quand des alliances contre nature se seront reconstituées au nom de la morale c’est-à-dire l’exclusion des extrêmes dangereux  (de droite en général),  le bloc central qualifié de la raison celui qui gouverne depuis des lustres trouvera son candidat final et résiduel et le bon peuple ne subira aucune ingérence étrangère en votant pour cette lumière.

 Je ferai pareil car je ne crois pas aux extrêmes et qu’il faille renverser la table. Mais revoir tous nos dispositifs oui. Chacun constate qu’il n’y a pas un seul domaine qui marche. Et pourtant les caisses sont vides. Nos pompiers ont été privés d’eau et d’avions ; nous n’aurions plus assez de munitions pour une guerre éclair ; les policiers et gendarmes roulent dans des poubelles ; les juges et greffiers manquent de papier et de stylos ; les caisses de retraite sont à bout;  la S.S. est malade et l’ hôpital à l’agonie ; les logements sont rares et chers; les services publics ne fonctionnent plus...N ‘en jetez plus la cour est pleine de demandes toutes prioritaires et urgentes. Bien connues.

Il nous faut en réalité non pas un Mozart ou un Pic de la Mirandole prétendant détenir la vérité. Il faudra une personnalité qui a les pieds sur terre, n’est pas dans le déni ou le sectarisme, tient la caisse comme le particulier gère son budget, s’entoure de visionnaires pour les années à venir, rende des comptes régulièrement, interroge fréquemment les Français pour leur demander leur avis .Il devra savoir dire non. Et libérer des contraintes les entreprises, alléger la bureaucratie et laisser les élus locaux gérer leurs territoires sans leur permettre de faire renaitre des féodalités à vie. Les seigneurs dits « élites » ont fait leur temps.

 Il aura la mission de recréer un Etat moins providence mais fort et réduit au régalien dont la sécurité globale et la solidarité, décideur après débats publics des grandes causes. Avec une sorte de « spoil system » à l’américaine.  C’est-à-dire un Etat profond coopératif avec nos hauts fonctionnaires dont la qualité est reconnue, qui encouragent et ne freinent pas les initiatives. Sans principe de précaution décourageant. Et une justice incontestable avec pour les juges une responsabilité personnelle contrepartie de leur indépendance car il faut des arbitres et un état de droit insoupçonnables. On doit pouvoir réformer y compris les grands principes sans qu’aussitôt ce soit le drame. Car les priorités ont changé.  Personne ne voulant sortir de son pré- carré il faudra être ferme.  Au nom de la liberté d’expression il ne faut écarter d’office aucune tendance. Les citoyens comprennent et ne se laissent pas manipuler. On n’a pas besoin de prétendus lanceurs d’alerte . Notre Constitution et nos institutions sont solides ,elles peuvent être revues, réinventées. La République n’est pas en danger et ce qui compte c’est l’application d’un programme réaliste, dynamique et innovant donc déplaisant aux bien- pensants ou idéologues partisans de l’immobilisme et du dogmatisme, et soutenu par une majorité que les citoyens doivent élire. Sans se perdre dans la démagogie et émietter le parlement donc le paralyser.

Si j’avais été candidat j’aurais parlé des milliards de la dette alors qu‘il y a 52 % des citoyens qui ne paient pas l’impôt. Faux débat. Et évoqué l’immigration qui concerne notre identité et nos valeurs. Je serai devenu xénophobe méchant. Comme la nation a le droit de se protéger on m’aurait traité de nationaliste malsain. En affirmant que les riches produisent aussi des richesses M. Zucman m’aurait traité d’incompétent antisocial. Outre que le travail doit payer. J’ai bien fait de n’être pas candidat.

Manipulations ? Da ,Yes ou non.

 

                 Manipulations ? Da ,Yes ou non.

                 Par Christian Fremaux avocat honoraire

Des complotistes se préparent-ils à voler l’élection présidentielle de 2027 ? Met -on en place un mécanisme à la roumaine qui a permis d’annuler le scrutin du premier tour qui ne plaisait pas à certains et à pourvoir des sièges et des fonctions qui permettent de bloquer les décisions de celui ou celle qui a gagné ? Ou verrouiller la liberté d’expression par des lois qui partent d’un prétendu bon sentiment. Des élites bien de chez nous ont déjà dit que l’élection n’était pas l’alpha et l’oméga de la République !  Est-ce de la manipulation ou un danger réel ? Le ou les perdants respecteront -ils les choix du peuple ?  Se poser la question en 2026-2027 en France phare des libertés et de la démocratie est hallucinant .Mais et si la réalité dépassait la fiction ?   

Il parait qu’il y a un virus actif très nocif non scientifiquement identifié et sans remède qui affecte certains candidats déjà déclarés ou pas à la présidentielle .Mme Le Pen et M. Mélenchon ne disent rien c’est étrange. Le leader social-démocrate M. Faure non plus : ces personnalités sont-elles des individus négligeables ?  Mais MM. Attal , Edouard et M. Glüksman se plaignent. En raison d’une ingérence sournoise ayant selon eux pour origine avérée les Russes qui n’en n’ont pas assez avec les Ukrainiens notamment et veulent devenir les maitres du monde nouveau et recomposé.  On dénigre nos dirigeants qui postulent, on déforme leurs propos, on crée des fausses images,  enfin on les discrédite comme si on n’était pas capable comme des grands de créer notre propre confusion politique qui existe depuis des mois voire années. On diminuerait ainsi leurs chances de gagner et de convaincre le bon peuple des propositions miraculeuses qu’ils ont concoctées .Ils perdraient non pas parce qu’ils ne sont pas bons mais de la faute d’un évènement extérieur ?  Il faut croire sur paroles nos présumées victimes alors qu’en général dans les manèges de montagnes russes il y a des hauts et des bas et le tunnel de la mort symbolique. On se fait peur. Cela évite de se confronter à la réalité. D’autant qu’on ne connait pas encore précisément les propositions qui vont changer notre vie puisque pour l’instant les auto- désignés héros se battent pour savoir s’ils vont être le candidat unique de leur camp. Leur programme n’est donc que putatif à ce jour.

 Même Mme Tondelier la cheffe des écologistes qui penche vers M. Mélenchon et dont les sondages sont plus près de la terre que du ciel estime qu’elle est visée. Qu’on veut l’empêcher de présider le pays. Elle ne se prend pas pour rien.  Elle a attendu l’éclipse   -et elle en connait un rayon en la matière- pour crier au fiasco : le gouvernement aurait dû distribuer à tous les citoyens des lunettes protectrices. En ne le faisant pas il a pris un grave risque de santé publique. Je ne sais pas s’il y a eu une ingérence russe pour cette déclaration lunaire, alors qu’on a connu les feux de forêts avec des morts et des destructions très graves,  le manque d’eau et comment utiliser ce bien commun, l’énergie du futur à choisir.... Tous sujets fondamentaux pour des verts muets, ne suggérant aucune mesure concrète.  Sauf à répéter « on l’avait dit. On n’a pas mis assez d’argent dans la transition énergétique ». Les Russes s’ils sont derrière cette vacuité, manquent d’idées.

Il va de soi que je ne méconnais pas les menaces, combines, trucages, propagandes diverses, argent illégal dépensé ou autres irrégularités, qu’un Etat ou un groupe de pression utilisent pour essayer de faire élire son candidat. Et bénéficier en retour en cas de succès de dividendes de nature diverse. La naïveté a des limites.  

La démocratie est un concept fragile et la technologie comme l’intelligence artificielle peuvent tout se permettre .M. Mélenchon avait utilisé le recours à l’hologramme. Il était partout à la fois. Mais il a perdu.

Certes il y a des dirigeants étrangers , des hackers, des bandits, des bandes criminelles et des structures anonymes qui sont aux manettes et investissent à leur profit. On n’est pas à l’abri et on ne voit rien même pas le message subliminal à la télévision ou ailleurs,  si on n’est pas membre de la DGSI ou communicant professionnel. Dans ma commune rurale où on vote toujours en masse il y a des zones blanches, internet marche quand il veut et souvent il y a des coupures d’électricité : manipuler les esprits ne va pas être facile. En revanche les électeurs ont de la mémoire et se rappellent qui était au pouvoir et qui a fait quoi. Ce n’est pas de l’ingérence c’est du pragmatisme. Il va falloir les convaincre des changements, comment, au bénéfice de qui, et combien ça va coûter, qui va payer ou subir. Ils lisent les programmes, écoutent les débats, jugent les personnalités sur leurs caractères et expériences,  ne ratent aucun scrutin et savent discerner le vrai du faux, du possible et de la démagogie.  Ils savent que 52% des Français ne paient pas d’impôts .Qui va rembourser la dette ? Ils souhaitent que ceux et celles qui arrivent sur notre territoire sans avoir été invités se conforment à nos lois et art de vivre. Être humaniste n’est pas accepter n’importe quoi et manquer d’autorité.

Il faudra donc être imaginatif pour couper dans des dépenses publiques tout en restant solidaires et humains et trouver des ressources pour investir donc préserver l’avenir sans oublier le quotidien . Sur son passage on avait crié au Général de Gaulle « mort aux cons ». « Vaste programme » avait-il répondu. On y est. Les promesses n’engagent que ceux qui y croient. La confiance ne se décrète pas. La machine n’y peut rien. Les électeurs pensent et savent éliminer les mauvais ou les bavards sans fond. Ou sectaires.       

S’il y a des ingérences étrangères négatives, il doit y en avoir de positives ? N’est-ce pas M. Obama en son temps qui avait soutenu M. Macron ? Mais je ne sais pas si une ingérence directe de M. Trump avec ses contradictions, d’Elon Musk et ses semblables   ou de M. Xi Jinping

 raide comme son parti communiste ou d’un ayatollah quelconque, serait bénéfique. Les réseaux sociaux et la société X. et équivalents ont plus d’efficacité.  Le mieux est qu’on s’en tienne à nos traditions Républicaines. Les candidats proposent, expliquent, chiffrent les objectifs .Et détaillent les gagnants et les perdants. On débat puis on choisit. Mais je souhaite qu’avant de voter l’on m’injecte un sérum de vérité comme dans les tribunaux américains ou l’espionnage de James Bond. Je ne voudrai pas avoir été inoculé donc manipulé de l’intérieur à mon insu de mon plein gré.

mardi 11 août 2026

Par le petit bout de la lorgnette

 

                                            Par le petit bout de la lorgnette

                      Par Christian Fremaux avocat honoraire

Par le petit bout de la lorgnette le capitaine Crochet voyait tout mais de façon déformée. Il voulait sa revanche sur Peter Pan .En ayant peur du crocodile qui voulait le manger. Tic-tac .Avec une patte en bois il est difficile d’être agile. Pour l’instant la plus grande puissance militaire et économique- j’hésite pour le terme culturel- est freinée par ce qu’elle n’a pas prévu : des croyants qui sont « moins que rien » vu de loin et dictateurs pour leurs sujets mais qui ne cèdent pas et en rajoutent. Avec la bombe atomique dont les USA connaissent les effets pour l’avoir testée.  Il est odieux de rire du malheur des autres mais parfois on s’interroge sur le sens des décisions prises et des solutions proposées. Il faut savoir en terminer même si ce n’est pas entièrement satisfaisant, parfois sans vainqueur ni vaincu mais en préservant la vie. L’ego est secondaire. Et tout évolue , rien ne peut rester en l’état. Qu’on approuve ou qu’on déplore. Son propre confort n’est jamais acquis. On doit s’adapter en permanence. Et de surcroit on ne s’occupe pas de tous les conflits par exemple comme au Soudan ou au Nigeria.  Je ne parle pas du Sahel ou des Ouïgours. Ni des femmes afghanes. On choisit ses causes en fonction de son idéologie. Les guerres liées au narcotrafic qui se veut plus puissant que l’Etat font -elles partie d’un conflit spécifique même si elles sont d’une nature particulière qui dépassent les frontières et les territoires ? Qu’avons-nous manqué pour qu’il y ait autant de consommateurs malheureux de poudre ?  L’humanisme fait-il des tris ? Nous on s’occupe actuellement surtout du prix de l’essence, c’est égoïste mais humain. L’éthique dont on se gargarise attendra un peu, soyons francs !

 Le pseudo amiral Trump réformé dans sa jeunesse sauf erreur,  a le détroit d’Ormuz dans le collimateur pour qu’il redevienne aussi libre qu’il l’était jadis avant son attaque. Belle manœuvre. Pour mettre à genoux l’Iran à juste titre, ou non selon les proxis. qui ont la même haine que leurs frères perses pour le grand et le petit Satan.  Il est entouré de professionnels aguerris familiers des armes mais qui ne font pas sur le terrain la différence escomptée.  Le maitre auto -déclaré du monde ancien malgré les soubresauts des autres Etats et les exigences des nouvelles puissances et qui affirme avec arrogance  « j’ai gagné », considère que c’est la faute des Iraniens qu’il menace tout en les flattant , si la situation est figée. Pourquoi pas : chacun voit midi à sa porte et quand Dieu s’en mêle le temps n’a plus de chair et est sans fin. La raison se dissipe dans les croyances. Comment s’en sortir ? La capitulation ne semble pas être dans l’esprit des fous de Dieu.  

M. Poutine qui est un agresseur avéré quelles que soient ses bons selon lui ou mauvais motifs attend que l’Ukraine soit lâchée par ses alliés et que le blé – l’argent pas les céréales - commence à manquer. Il compte sur l’usure du temps, l’exaspération des démocraties qui doivent faire face à leurs problèmes, sinon le changement politique de dirigeants. Il espère que son armée va reprendre du poil de la bête. Car comme la garde, la troupe ennemie quasiment meurt mais ne se rend pas et ses drones font des dégâts. En regardant la guerre sur des écrans en compagnie de ses maréchaux aux ordres,  M. Poutine doit croire que c’est un jeu vidéo et qu’à la fin il gagnera, quitte à tricher .En remettant des sous dans la machine.  En attendant les destructions et les morts et blessés s’accumulent. Quel objectif final poursuit le tsar ? Le sait- il ?   

Israël joue sa survie et combat les Etats qui veulent sa disparition .Il sait qui veut sa peau mais il la défend chaque jour contre les missiles qui viennent de loin. Voire de sociétés civilisées qui entretiennent un foyer mental de menaces contre lui. Les mouvements free-Palestine sont partout y compris à Sciences Po paris qui pourtant est réputé comme un lieu où l’on doit débattre et où la tolérance devrait être une vertu cardinale. Si les étudiants sont violents physiquement et prêchent la haine ou le rejet de l’autre que deviendront- ils quand ils seront adultes ? On a connu les inquisiteurs et Fouquier-Tinville. Le petit bout de la lorgnette conduit à la vengeance. Qu’ils retrouvent une vraie vision humaniste et discutable par la conviction. Pour que tous les membres de la nation vivent entre eux et non face à face.  Certes l’université notamment n’a jamais été calme mais les bagarres et les oukazes bousculent la démocratie, la nôtre en particulier et y créent un climat de violence dramatique et inquiétant. Que la bataille présidentielle pour 2027 ne va pas apaiser.

Les institutions internationales s’émeuvent un peu plus chaque jour : il faut que ces « boucheries illégales » cessent immédiatement comme si le droit international public créé il y a des décennies dans un contexte d’après -guerre était une armure et une obligation d’ailleurs non sanctionnée. C’est martial. Mais vain. Les Etats ne respectent plus les règles et ce qui n’est pas un Etat mais une entité fantôme ou un groupuscule, ou des terroristes sans chef ni doctrine avec seulement des slogans et des armes, peuvent avoir une puissance de nuisance et une capacité considérables à faire le mal. Il n’y a plus de hiérarchie. Le vocabulaire fluctue : des terroristes deviennent des résistants et des victimes sont des coupables. Leur tort est qu’elles existent et revendiquent le seul droit de vivre. On veut les priver de respirer de l’air. Et d’être. Le terme génocide est à géométrie variable et bien que les instances supérieures dénient son existence, les militants les plus endoctrinés y croient dur comme fer. Même si les crimes inadmissibles existent. Comme si la violence ou l’assassinat étaient parfois tolérables.

 Le monde se recompose politiquement voire géographiquement. Des secteurs entiers passent à des mains nouvelles, les ethnies se confondent ,les populations se mêlent , la religion est partout, et les frontières ne sont plus respectées. Il faut regarder la planète comme elle est devenue et admettre que les générations passées au pouvoir ont échoué. Mais elles ne sont pas seules responsables. Chaque individu a voulu toujours plus de privilèges et de reconnaissance ; que l’adversaire devenu l’ennemi trépasse ; que les autres n’aient rien ; que son échec personnel soit la faute des autres ; que son Etat soit puissant et soumette ceux qui ne le sont pas.... L’homme est-il né bon comme l’affirmait J.J. Rousseau ? J’en doute avec Voltaire. Ne continuons pas sur cette lancée qui n’aboutira qu’au chaos .Place à la diplomatie et à la concertation. Donc aux concessions. Car la force ne conduit qu’à l’escalade et au désastre. Que chacun mesure ses ambitions et limite ses désirs et que l’on pense au collectif dans tous les domaines. C’est ce que je voudrai voir avec mes jumelles de rentrée.     

jeudi 11 juin 2026

La justice en tous ses états

 

                                  La justice en tous ses états

                                         Par Christian Fremaux avocat honoraire

Être dans tous ses états signifie qu’on est perturbé, choqué, qu’on n’y croit plus. Avec l’assassinat pervers d’une petite fille innocente à partir d’une mise en confiance banale avec des soirées pyjama et des goûters apportés à la victime. J’ose écrire sous la quasi-stupéfaction des familiers qui considéraient le meurtrier marié et père de famille comme plutôt sympa. bien que tordu ! La France pleure et culpabilise car ce qui est arrivé à Lyhanna aurait pu survenir à n’importe quelle ingénue. La sienne en particulier.  Il faut trouver un bouc émissaire si possible, outre des dysfonctionnements. Mais pas de concours Lepine de propositions miracles inapplicables. Ce qui est le propre des démagogues. 

Une petite fille dont la mère avait prévenu les autorités des actes graves qu’elle avait subis est morte de l’inertie des responsables.  On ne peut croire qu’à notre époque rien n’a été entrepris y compris au minimum l’audition du supposé coupable bien que présumé innocent !Que la plaignante la mère pour son enfant n’a pas été crue malgré les éléments médicaux ; qu’en dépit des signalements les forces de l’ordre sous les instructions des procureurs voire d’initiatives vu la gravité des faits n’ont pas pris des mesures car débordées par la multitude des personnes à entendre dans d’autres dossiers et pour vérifier des dires extravagants, c’est hallucinant mais véridique. Ou bien parce qu’elles sont exaspérées par les dénonciations sans fondement souvent ou qu’elles ne peuvent répondre que l’enquête est en cours car cela dépend aussi des instructions qu’elles reçoivent notamment des procureurs.  Ou qu’elles sont fatiguées par l’insistance d’une partie,  la mère en l’occurrence.  Pendant ce temps le suspect qui vit avec ses pulsions, non interrogé, non convoqué, interdit de rien puisque seul un juge a le pouvoir de prononcer des empêchements,  continue son manège en toute impunité et pense qu’il n’aura jamais de problèmes. Jusqu’à ce qu’il passe à l’acte. II suffit d’une fois et c’est trop tard. L’individu multi -repéré et signalé a pu continuer à agir librement sans contrainte. Mais l’échec n’est pas collectif. Tous les citoyens n’ont pas une erreur à se reprocher ! Et que fait -on des criminels ? Nos humanistes doivent se prononcer.

Dans le cas de Lyhanna des inspections vont sûrement trouver des défaillances individuelles, des erreurs humaines avec un manque d’écoute et d’empathie, un emploi du temps surchargé, une chaine pénale qui n’a pas fonctionné, des instructions ministérielles non respectées,  un droit trop compliqué dans son formalisme, l’impossibilité de garder à vue ou de condamner sans preuve ou à défaut d’un faisceau d’indices concordants... Enfin mille explications ou excuses institutionnelles ou autres dont des moyens insuffisants et un budget famélique malgré les efforts des années passées qui montre combien on estime peu la justice. Et qu’en réalité on n’aime pas les juges qui sont indépendants -par rapport à quoi et à qui ? -et qui pour certains se sont arrogé le pouvoir de bâtir une société selon leurs visions par leur jurisprudence sans demander l’avis du peuple français au nom duquel ils se prononcent. Et avec quelles responsabilités puisqu’on ne peut les poursuivre individuellement en cas de faute personnelle, à rebours de toute autre profession toute aussi importante. Outre le fait qu’on ne peut critiquer des décisions surprenantes. Le justiciable est persuadé qu’il y a une justice à plusieurs vitesses, des priorités décidées par les seuls magistrats selon leur éthique et l’exemplarité qu’ils veulent instaurer dans l’intérêt général comme les délits financiers et l’utilisation de l’argent public , en entendant parfois à juste titre une certaine opinion publique contre les délits et crimes sexuels et sexistes. Ou les débats d’opinion. Le justiciable a la conviction que les juges ont de la préférence pour les coupables plutôt que les victimes, que les médias influencent la justice et que la politique s’en mêle. Chacun peut citer le cas qui le concerne ou le préoccupe car que ceux qui un jour n’ont pas eu affaire à la justice de près ou de loin lèvent le doigt. Tout citoyen est un justiciable qui s’ignore puisque nul n’est censé ignorer la loi. Je ne parle pas des délinquants volontaires ni des bourreaux ni des barbares, ni de tous ceux que l’on qualifie de déséquilibrés et qui frappent pour un rien mineurs compris ,ce qui fait du monde. Tant qu’on ne sortira pas des préjugés et des corporatismes on ne règlera rien. Tout n’est pas une question de gros sous et de ressources matérielles ou humaines. On peut multiplier le nombre de procureurs et de juges et de greffiers-outre les forces de l’ordre qui on l’a vu n’arrêtent pas tous les casseurs-et on peut rebâtir les palais de justice, les doter de moyens numériques performants, ce sera toujours insuffisant car l’homme est ce qu’il est et il faut s’adapter aux nouveaux paradigmes et aux menaces qui explosent notamment celles de proximité. L’état d’esprit doit changer. Nos parlementaires se bataillent pour des futilités, pour prendre le pouvoir, pour garder leurs sièges. Tout n’est pas que fascisme et racisme. Il y a des sujets consensuels. Pour combattre le mal notamment sous toutes ses formes.

 Les juges comblent les vides délaissés par nos parlementaires. S’indigner est sain mais il vaut mieux agir et donner aux magistrats les armes légales nécessaires pour éviter le prétendu laxisme ou le manque de place de prison qui serait l’école de la récidive . Cette idéologie nous a fait du mal. Comme le fameux sentiment d’insécurité ! L’autorité, la sanction, l’ordre républicain ,  la conscience , le bon sens et le courage sont les maitres mots. C’est cela l’indépendance. Les magistrats qui devraient être cadrés à juste titre pour ne pas être laissés à leurs seules croyances après débats par la représentation nationale , sont fondamentaux dans un état de droit. Sans arbitres objectifs il n’y a pas de match. Ni de démocratie. La Bruyère avait écrit : « le devoir des juges est de rendre la justice.  Leur métier est de la différer. Quelques- un savent leur devoir et font leur métier ». La majorité des magistrats est irréprochable.  Ne tirons pas sur une ambulance .La Justice était un monument en péril.  Elle est désormais en ruine. Il va falloir reconstruire à froid par la raison. Sans idéologie. On hurle aujourd’hui contre la justice pénale pointe de l’iceberg malgré le nombre des dossiers. Mais tous les avocats relégués au rang d’auxiliaires de justice comme si celle- ci n’appartenait qu’aux magistrats , savent ce qu’il en est sur le plan civil, commercial ,prud’homal et pour les affaires personnelles. Obtenir une date d’audience puis la copie du jugement ou simplement parler au juge, est le parcours du combattant.  On ne peut donner aucune réponse au client.  Et pourtant pour ces dossiers il y a aussi des situations dramatiques.

Je m’étonne que l’on s’étonne que la Justice en général ne fonctionne plus .Tous les responsables politiques dont M. Macron ou les professionnels le savent depuis des décennies .Que le ministre démissionne ne changera rien .Lyhanna ne reviendra plus. Il faut un drame pour qu’on s’émeuve. C’est consternant. Le peuple français n’a pas la justice qu’il mérite.  

vendredi 5 juin 2026

De l’audace, encore de l’audace ,toujours de l’audace

 

              De l’audace,  encore de l’audace ,toujours de l’audace

                   Par Christian Fremaux avocat honoraire

                                   Episode 1 : la bataille

Pour détendre l’atmosphère il faut écouter le sketch de Guy Bedos sur le foot : « carton rose ». Il nous fait rire alors que les évènements récents nous font désespérer de l’homme.

Dans son célèbre film de 1946 la bataille du rail René Clément montrait comment les résistants cheminots avaient perturbé la circulation des trains par des sabotages, des explosions, des déraillements pour combattre l’ennemi de l’extérieur, les nazis. En 2026 il serait excessif de montrer du doigt des ennemis de l’intérieur mais il est incontestable qu’une partie de la population, des jeunes en particulier, veut un changement radical de la société et se sert de tous moyens dont la violence verbale comme physique et matérielle pour y arriver. C’est un fait et un match de foot. est un prétexte. LFI a annoncé qu’elle n’accepterait pas le verdict des urnes en 2027 si l’élu (e) n’était pas de son camp ou d’extrême droite selon la classification de l’extrême gauche. La démocratie est donc en péril. Il s’agit, on le suppose ,de chasser l’ancienne France pour bâtir une société idyllique sans racisme, sans discriminations, sans riches, d’une égalité parfaite dans tous les domaines, pacifique et prospère.   

Je ne parle pas de l’audace de jeunes ou plutôt des voyous des quartiers dits sensibles qui ont trouvé samedi 30 mai un terrain de jeu adéquat parmi la foule venue pour se réjouir dans toute la France et qui ont été à la manœuvre des batailles acharnées.  Je n’ai pas entendu un mot d’ordre précis ,même pas « allez PSG » ! Ils ont détruit ce qui était à leurs portées avec le sentiment d’être chez eux, ce qui est curieux car chez soi on essaie de ne rien casser, ça coûte cher de remplacer. Surtout quand les petits jeunes déchainés et sans limite morale ou de conscience mais suffisamment lucides pour piller,  n’ont pas de travail donc pas de revenus, vivent chez leurs parents qui ne les maitrisent plus ou pas et ont du temps libre pour se défouler dans les rues et courir vite pendant les émeutes qu’ils déclenchent. Mais ils sont en colère et ont la haine disent -ils .Contre quel adversaire ? Qu’ont-ils subi ?  Ils n’ont pas compris qu’au football il y avait deux mi-temps, qu’entre elles on rentrait au vestiaire pour souffler et changer s’il le faut de stratégie et qu’un arbitre sifflait les fautes. Eux qui n’ont subi aucun tacle ou de l’anti -jeu en démarrant le match avant l’heure sans même le regarder, marquent des pénaltys imaginaires dans des cages sans goal pendant des heures voire des nuits.  Ils ont l’aplomb d’affirmer que les forces de l’ordre sont une équipe ennemie à terrasser, qu’il n’y a pas de lois justes et que la violence engendre la victoire. Qu’en sera- t -il s’ils gagnaient et étaient vainqueurs dans la rue contre l’Etat et donc la nation ?  Dans quelle société vivrions-nous ?   

Je n’évoque pas l’audace non plus de ceux et celles qui sur le plan politique ou intellectuel soutiennent ce qu’ils ont appelé des « débordements » mot inadapté à ce qui sont des émeutes. C’est en réalité de la guérilla urbaine nommons le chaos et ne minimisons rien et n’attendons pas qu’après les projectiles divers il y ait des vraies armes .Ils veulent renverser la table. Mais les plats annoncés sont indigestes dans la future auberge espagnole de la nouvelle France programmée. Il n’ y a pas de menu qui fasse envie. La société parfaite du vivre ensemble slogan bidon, n’existe pas car il faut être deux pour qu’un match se déroule dans l’harmonie et la compétition avec un champion qui le mérite.  J’espère que les électeurs feront le bon choix en 2027 . On ne construit pas dans la détestation ou l’élimination.

 Certes le bloc central dit de la raison ( ce qui est discutable ) n’a pas été très performant sinon très mauvais et manque de courage outre de puissance car il ne faut choquer personne. Sauf les honnêtes gens ! S’il fonctionne encore et veut persister pour éviter le dégagisme il lui faudra de l ’audace avec un programme ferme et applicable .On ne peut pas dire qu’en matière de sécurité il a été enthousiasmant ! Avec un chef de l’Etat décidé et combatif au discours constant et des personnalités fortes avec du caractère qui ne reculent pas au moindre souffle du vent , qui ignorent les hurlements des groupes de pression ou d’une opinion publique manipulée et menaçante, car seule l’élection valide les décisions. Et qui dominent les médias et des bienpensants qui n’ont aucune responsabilité. Sans craindre d’être accusés de mille maux dont celui infâme d’être autoritaire et liberticide, sinon raciste et fasciste. Populiste est aussi une tare!  L’autorité et le respect des règles démocratiques sont des principes de l’état de droit et sont compatibles avec la liberté d’expression. Avec le respect de la vie privée pour laquelle la laïcité est un fondement essentiel. On n’a pas à craindre son ombre outre le verdict des tribunaux qui jugent au nom du peuple français avec les lois que les parlementaires doivent adapter aux nouveaux paradigmes et à l’évolution des mœurs. Et des nécessités de protection de la collectivité nationale. D’où la nécessité d’avoir une majorité forte et soudée ce qui sera de la responsabilité des citoyens . C’est de l’audace dans l’art de gouverner dont on a besoin et qui fait le plus défaut actuellement.  

 Les futurs dirigeants devront prendre des actes pour changer ce qui existe en matière de pouvoirs régaliens avec une justice munie d’armes légales innovantes à la hauteur des enjeux et menaces .Il faudra affirmer la souveraineté et l’identité et améliorer le niveau de vie en conservant la redistribution. Il faut convaincre.  Car s’il n’y a pas adhésion le combat est perdu. Et qu’on ne dise pas que rien n’est possible sans changer les textes et la constitution en raison des oukazes et de la jurisprudence de l’union européenne. Sinon on baisse les bras et on attend le coup fatal.  En 2005 quand les Français ont dit non au référendum, les politiques se sont réunis en congrès pour voter le traité de Lisbonne. Quand la volonté politique est là tout est possible, serait- ce contre le peuple. Pourquoi pas alors contre toute forme de révolte ou de délinquance qui déstabilise les institutions et crée le bazar?  De qui et de quoi avons- nous peur ?  Le pas de vagues conduit dans le mur. Et à force de ne pas décider au fond on aboutit à ce qu’on ne veut pas : les extrêmes prendront le pouvoir et bonjour les dégâts. Si la répression est nécessaire l’escalade de la sanction ne peut -être indéfinie car elle ne résout rien et on perd son âme.  On doit donc remporter la bataille des idées. Face au nihilisme. « De l’audace et la France est sauvée » disait Danton.  

                                               

                                                   Episode 2 :  le constat

Il est plus facile de constater et se plaindre que de proposer des solutions. Mais il faut d’abord se mettre d’accord sur la réalité des faits.

On tombe de sa chaise quand on entend des parlementaires ne pas condamner spontanément les casseurs mais faire d’abord le procès des forces de l’ordre qui blesseraient ou tueraient certainement volontairement des jeunes gens paisibles qui ont l’esprit festif et sans déplorer les centaines de blessés parfois gravement chez les policiers et les gendarmes outre les pompiers et les membres de la sécurité civile.  

Ce serait la doctrine actuelle du maintien de l’ordre qui conduirait à l’affrontement de deux bandes à droits égaux et donc le gouvernement qui est responsable du désastre. Mais qui oblige un individu à venir dans la rue, à jeter toutes sortes d’objet et à utiliser les mortiers d’artifice interdits à l’achat et à la détention en quasi-armes létales ? Qui lui a demandé de tout casser, de piller, d’entrer dans les immeubles et les commerces,  d’attaquer les badauds dans leurs voitures, de détruire le mobilier urbain que paie le contribuable ? Il y a eu forcément des mots d’ordre dans toute la France par les réseaux sociaux. Je ne crois pas à la génération spontanée en matière de délinquance. C’est souvent pensé surtout dans les groupes qui se lancent des défis.  Croyant à l’impunité du nombre et à l’irresponsabilité de l’âge. Il y a ceux et celles qui sont prédisposés à ne jamais respecter la règle ,des rebelles de façade ou possédés qui prennent la violence comme un jeu en espérant ne pas se faire prendre ,sachant que la justice les comprendra. Pour être promus caïd ou devenir des députés si on est membre par exemple de la jeune garde dissoute désormais ou qu’on a été dealer. Pauvre France !

Il y a ceux qui recherchent le profit ,l’occasion faisant le larron dans la masse ; ceux qui testent les limites et se demandent comment aller trop loin ; ceux qui sont endoctrinés et qui préfèrent être des victimes présumées plutôt que d’assumer leurs propres responsabilités dans leur échec. Pour eux le mérite républicain est un leurre et la discrimination positive un piège des bourgeois, tout blancs tout moches comme le dit M. Mélenchon. Il suffit d’une étincelle ou d’une occasion comme un match de foot. pour qu’ils révèlent leurs côtés sombres. En l’espèce l’habitude est devenue de « se faire du flic » pour calmer ses ardeurs belliqueuses, sa virilité contrariée, le vide de sa pensée.  Les parlementaires devraient tous être solidaires avec ceux et celles qui détiennent la violence légitime même si on peut revoir les modalités du maintien de l’ordre qui n’existe que parce que certains sont violents et provoquent.  Alphonse Karr a écrit « je suis contre la peine de mort mais que MM. les assassins commencent les premiers ».

 Il est irresponsable de vouloir trouver des excuses sociales, culturelles ,religieuses ou économiques aux fauteurs de troubles très dangereux. Car les paroles aussi peuvent tuer ou faire passer à l’acte. C’est d’ailleurs contreproductif pour ceux qui veulent conquérir le pouvoir. Car si par impossible nos révolutionnaires arrivaient au pouvoir ils retrouveraient sur leur chemin ceux et celles qu’ils ont soulevés. Outre les électeurs qui n’ont pas voté pour eux. Quelles méthodes emploieraient-ils contre la délinquance, les émeutes, le terrorisme ,la violence en général ? Avaleraient-ils des couleuvres sachant que l’homme est un éternel insatisfait et que la cité idéale n’existe pas ? On a toujours plus extrémiste que soi. Qui prêche la rage récolte la tempête.

Comme d’ habitude après la nuit de violences on a entendu les mêmes refrains : la police provoque et tue ou blesse ; la doctrine du maintien de l’ordre entraine la confrontation ; il faut se défendre contre l’Etat qui attaque; les jeunes sont discriminés et veulent une revanche pour des raisons diverses liées à leur situation sociale sinon aux conséquences de la colonisation qui leur donne une créance à vie sur les Français de l’ancienne France. Ils veulent venger leurs ascendants humiliés qu’on a fait venir pour les exploiter. Ou sur la solitude et l’impuissance des parents qui ne sont pas responsables de leurs enfants. On est dans le sociologique et l’émotion.

 D’autres sont aussi dans une autre émotion dont personne n’a le monopole et comptent leurs préjudices directs et indirects outre la détérioration de l’image du pays : « douce France pays de mon enfance » chantait Charles Trenet qui n’était pas un rappeur! Ils déplorent le laxisme de la justice , aucun délinquant n’étant condamné à de la prison ferme avec exécution provisoire .La prison est réservée à des citoyens normaux qui ont commis des infractions classiques. Sans violence. Ils dénoncent la volonté d’en découdre même sans motif, qualifient les jeunes de délinquants qui se croient tout permis et qui ne sont pas plus chez eux que les autres citoyens. Ils craignent la violence exponentielle et immaitrisable encouragée par des leaders d’opinion .Ils parlent que l’armée devrait être déployée. Ou les blindés comme pour les agriculteurs. Enfin on ne sait pas quelle solution choisir d’autant plus qu’à l’assemblée les députés sont divisés. On est plutôt dans la répression,  la prévention paraissant de l’angélisme. Et l’éducation submergée. Avec des mineurs de plus en plus jeunes et incontrôlables.    

On n’en sort donc pas et on peut discuter à l’infini. Sans prendre aucune décision frappante. On n’a même pas tiré les conséquences du passé, le diagnostic n’est pas partagé. Ni une explication sur le fait que,  qu’il y ait victoire ou défaite,  la violence a lieu .Le festif est réversible et sert de justification. Alors que la destruction et la bagarre ne sont pas liées uniquement au foot. puisque le 31 décembre chaque année on décompte le nombre des voitures brûlées. Toutes les limites ont-elles été franchies ou les casseurs feront -ils pire dans le futur ? Le match continue et les débats ne servent donc à rien. La répression est nécessaire mais l’escalade des sanctions ne peut être sans fin au risque de tomber dans l’arbitraire. Ce sont les esprits qu’il faut éclairer et organiser une union nationale au moins sur les comportements civiques. Le temps des incivilités et des sauvageons est dépassé. il y aura toujours des irréductibles. Mais la grande majorité doit retrouver la tranquillité publique .Les mineurs ne sont plus ceux de 1945 ou de la génération qui a été aux manettes et est désormais à la retraite. Peut-être n’a -t -elle pas osé suffisamment ?  La délinquance organisée donne les moyens de déstabiliser. Il faut revoir notre arsenal sécuritaire et donner de nouvelles armes légales aux magistrats. La punition ne doit plus être un gros mot.

 

 

                                            Episode 3 : l’espoir par l’action

On ne peut se contenter de crier au scandale et de se lamenter de ce qui est arrivé samedi soir avec la finale de la coupe d’Europe. C’est la nation qui a été attaquée. Elle a le droit de se défendre .Le niveau de vie est certes fondamental mais la sécurité globale et la protection des biens et des personnes outre celle des forces de l’ordre est prioritaire. On ne progressera pas dans le désordre, la chienlit permanente et la peur. J’ai conscience que dans l’état de droit actuel il y a des réticences fondées sur une frange de la population qui voit le fascisme partout et d’une partie de la classe politique qui décrit la France de façon honteuse comme si elle était un Etat autoritaire voire dictatorial. L’intérêt collectif est aussi important que les libertés individuelles sans aucun devoir ni contrepartie. Mais si des lois ne peuvent être votées ou si elles sont censurées par le Conseil Constitutionnel, rien n’interdit aux pouvoirs publics de faire appliquer drastiquement le corpus légal existant avec des consignes fermes et d’utiliser tous les moyens de droit dans une situation de plus en plus fréquente pendant une période limitée ou à chaque évènement pour lequel on prévoit des « débordements ». Il faut casser l’engrenage fatal. Et prendre des décrets permettant d’agir vite. Faisons confiance aux magistrats qui sont aussi des citoyens et qui sauront garantir l’état de droit. Il n’y a pas que des militants dans la magistrature. Ils ont besoin de moyens judiciaires forts le débat sur le manque de place en prison étant un cache- misère hypocrite. Et le jeune âge de ceux qui ne sont plus des enfants, une excuse obsolète. 

On doit en amont prononcer des interdictions pour avertir ou empêcher et en aval ne pas hésiter à réprimer la petite minorité qui se moque de tout. La sanction peut dissuader. On n’est pas contraint d’attendre des mois pour agir.

On dit que parmi les casseurs il y a beaucoup de Français donc que les «incidents regrettables » ne sont pas un problème lié à l’immigration. L’excuse est spécieuse et se rapproche du déni même si l’amalgame est excessif. Quelques -uns ont la double nationalité. C’est un privilège car ils peuvent choisir où vivre. Pas moi je subis le territoire où je suis né. Mais ils ne veulent pas aller vivre dans le pays de leur origine par exemple en Algérie pays bien connu de tolérance, de démocratie ferme et de libertés et qui nous méprise on s’en aperçoit actuellement avec les OQTF. La politique de la douceur diplomatique s’étiole sous la chaleur émolliente et les accusations .La sévérité n’a pas été essayée ou petitement sans vrais résultats et il n’est pas certain qu’elle marche. Le général de Gaulle disait qu’un pays n’a pas d’amis mais des intérêts. Et si on les défendait quand nos binationaux délinquants détestent en plus la France ? A réfléchir ? On peut être humaniste et aimer l’ordre première des libertés. Et que nos jeunes dynamiques et hargneux pour se détendre et faire œuvre utile aillent au Sahel où les djihadistes triomphent par le fusil et les exactions entre autres, après que l’armée française eut été chassée. Mais il doit y avoir peu de matchs de foot. internationaux !

Le comportement des briseurs d’harmonie et d’unité sociale est grave et injuste. Ils ont été élevés à notre biberon républicain et profitent à juste titre du système. Mais ils n’ont pas compris nos valeurs et notre art de vie .Ils veulent les changer au profit ce qui n’est pas notre culture. La violence est - elle un moyen ou une fin  ? Alors que nous avons un système électoral performant et que nous vivons dans une démocratie libérale représentative. Les dernières élections municipales l’ont prouvé et ont porté au pouvoir la diversité et ceux et celles qui prônaient d’autres principes. Ils ont usé de la liberté d’expression et la laïcité les protège. Qu’y ajouter de plus ?  On ne va pas rejouer la valise ou le cercueil et obliger l’ancienne France à partir. Ou à se résigner.

Une fois que l’on a dit cela que fait- on ? Attendons-nous l’élection présidentielle et le ou la sauveur(e) qui nous est promis , avec plus tard des députés sensibles à l’intérêt général pour que des mesures drastiques soient prises ? On comptera les dérapages pendant la coupe du monde de foot. qui vient et MM. Deschamp et Mbappé seront les responsables du chaos éventuel en cas de défaite. Puis on attendra la surprise du 31 décembre 2026. Ou par un sursaut de peur et de responsabilité on vote les lois utiles en discussion à l’heure actuelle devant le parlement et on utilise les moyens constitutionnels et avec l’état d’urgence et le pacte international de l’ONU de 1966 relatif aux droits civils et politiques si les conditions sont réunies ou autres dispositions. A grands dangers mesures exceptionnelles. Après débat public naturellement. Avec des interdictions préventives, le repérage des délinquants, les moyens technologiques d’intervention et d’identification ce qui n’est pas une atteinte aux libertés, et la mise à l’écart de ceux qui ne veulent rien comprendre pensant être des victimes et détenir la vérité .En médecine on tranche parfois un membre malade pour sauver l’individu. La société a besoin d’un remède de cheval. Et que les politiques donnent l’exemple. De la raison et de la modération dans la prise de parole. Tout n’est pas noir.      

J’entends déjà les cris d’orfraie de ceux qui craignent l’état policier, les mesures liberticides sans les définir, la fin de la liberté individuelle illimitée et l’absence d’ une repentance permanente, avec une potentielle menace pour la république puisque seront concernés même les citoyens honnêtes et qui réparent les dégâts commis par des insolvables présumés et excusés ou non responsables par définition. Mais je n’entends pas les demandes des mêmes élites qui réclameraient à cor et à cris des mesures pour stopper les jeunes déviants et faire condamner les délinquants qui ne sont pas des victimes de la société.  Et qui ne proposent pas des solutions pérennes qui satisfont en même temps la compréhension des jeunes et des mineurs et le besoin de protection des biens et des personnes adultes. Être lanceur d’alerte impose d’être positif.

En matière internationale au Moyen-Orient ou en Ukraine tous les jours on exige des cessez- le -feu. On serait avisé d’en faire autant en France et de sanctionner ceux qui ne les respectent pas. La force ne peut pas gagner.  

On a besoin d’audace maintenant y compris de ceux qui sont contre le gouvernement. Pour juguler la haine et la violence qui lui est consubstantielle. Et pour 2027 d’encore plus d’audace car si des décisions de fermeté pour retrouver une société calmée qui débat de ses insuffisances ne sont pas prises dans un relatif consensus , alors l’avenir sera sombre.   

 

lundi 25 mai 2026

Article paru dans Regards Croisés - mai 2026

 








Requiem pour la présomption d’innocence dans l’état de droit

 

         Requiem pour la présomption d’innocence dans l’état de droit

                               Par Christian Fremaux avocat honoraire

Comme il ne faut toucher aux lois et à la Constitution que d’une main tremblante, on doit essayer d’être nuancé quand on parle de justice en général. Celle-ci n’est ni à blâmer ni à louer. Elle n’est pas binaire et ne définit pas ce qu’est le bien qui se distingue de la morale ou ce qu’est le mal. Elle applique les textes. L’opinion publique par nature volatil et changeante ne doit pas être son guide. La Justice est le reflet de la société et les hommes et les femmes qui la composent doivent être supposés sincères et neutres. Sauf quelques brebis égarées dans l’idéologie on le sait. C’est le prince de Talleyrand qui a dit : « appuyez- vous sur les principes ils finissent par céder ».

L’état de droit (avec un petit e) qui protège de l’arbitraire de la puissance publique ( l’Etat avec un E majuscule n’a pas de droits personnels) et que chacun revendique avec des intentions contraires ,n’est pas que la Justice. C’est aussi la séparation des pouvoirs, des élections libres dont on respecte les résultats sans les saboter dans la rue ou les nier,  dans un régime républicain de préférence. A chaque fois qu’une loi ne plait pas certains disent qu’elle est liberticide bien que votée par les parlementaires et remet en cause l’état de droit. Non, l’état de droit doit rester immuable mais on a le devoir de changer les lois pour adapter notre arsenal juridique et judiciaire aux nouveaux paradigmes et défis de toute nature et pour protéger la nation contre des pertes de souveraineté. Il n’est pas interdit de croire que la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme s’appuie sur les principes éthérés et très anciens d’une période révolue et ne correspond plus aux besoins de sécurité et de défense du pays. La France juge des actes réels commis par des individus très dangereux qui mettent en péril l’union nécessaire du peuple et nos valeurs. Elle ne peut être condamnée par une vision philosophique extérieure.

 On a la légitimité de penser que notre corpus législatif actuel est plus favorable aux délinquants qu’aux victimes. Et que la société a le droit de se défendre avec des lois plus sévères et plus efficaces. On ne doit pas avoir à choisir entre l’extension infinie des droits individuels et la protection collective active de ceux et celles qui forment la communauté nationale .Les deux approches sont compatibles si on n’oublie pas que le citoyen a aussi des obligations et des comptes à rendre. Le débat sur l’autorité et le renforcement du régalien ,le respect de la loi qu’elle plaise ou non,  l’identité, l’égalité dans les territoires qui n’appartiennent à aucun clan, une justice performante,  sera à trancher par l’élection.

En attendant évoquons la présomption d’innocence. Qui est d’actualité et qui a du plomb dans l’aile. L’article 1111-1 du code de procédure pénale dispose : « toute personne suspectée ou poursuivie est présumée innocente tant que sa culpabilité n’a pas été établie. Les atteintes à sa présomption d’innocence sont prévenues, réparées et réprimées dans les conditions prévues par la loi » . Les sanctions pour violation de la présomption d’innocence sont rarissimes et souvent accompagnées d’autres préjudices à apprécier. L’article 6-2 de la Convention européenne des droits de l’homme conforte le principe. Dans la pratique on constate que cette présomption est devenue de culpabilité préjugée. Et dans tous les domaines qui intéressent le public : notamment la politique, l’argent public, les personnalités du showbiz qui font le buzz. Avec effet retour. C’est comme les jeux du cirque à Rome. On attend que César en l’occurrence les procureurs baissent le pouce sur la dénonciation de faits et que l’enquête démarre.  Ceux et celles qui se plaignent se dénomment immédiatement victimes comme si leur simple parole suffisait. Ou si le nombre d’affaires et des circonstances similaires traduisaient une culpabilité qui va de soi.

Dès le signalement pourquoi ne pas envoyer directement l’individu concerné devant le tribunal correctionnel ou la cour d’assises : certains se passeraient bien des épisodes longs de la justice, des contraintes légales « tatillonnes » qui font perdre du temps, des confrontations, de la réalité des faits, des preuves ou du faisceau d’indices concordants...Sans que l’on tienne compte de la prescription de droit essentielle pour tout le monde. Si tout devient imprescriptible attention dégâts. Le concerné doit immédiatement se retirer de la scène, voire expier sa faute en s’excusant et acheter la corde qu’il se mettra au cou. Il doit s’auto- punir , ne plus travailler, raser les murs, et tout avouer même ce qu’il n’a pas fait. Se défendre est déjà le signe de sa mauvaise foi et un élément accablant. Si son avocat qui doute de la vérité révélée est considéré comme trop virulent sinon violent verbalement contre des personnes supposées apeurées ,on ajoutera la sanction supplémentaire de victimisation secondaire.

C’est grave car ce qui arrive aux puissants peut survenir aussi au quidam qui n’est soutenu par personne et n’a pas de fan -club. La procédure protège ainsi que la loi et c’est la liberté de dire ce qu’on pense vrai sans contradiction qui opprime et fait pression. Sans négliger la souffrance de celui qui se plaint même des années plus tard.

 Le tribunal médiatique juge en continu à partir de vérifications orientées sans règles légales ou déontologiques avérées de ses prétendus spécialistes qui se prennent pour des policiers ou des juges. Des « révélations »ont lieu selon des sources confidentielles de la presse. Et si l’on ne sait pas vraiment,  la répétition ad nauseam du nom et des faits théoriques peut faire croire à une responsabilité certaine. En y ajoutant que l’individu est naturellement présumé innocent. C’est du n’importe quoi. Mais le mal est fait. Je ne sais pas si le plaignant est plus soulagé pour autant ? Mort au vaincu.

 Si plus tard l’individu est acquitté, relaxé ou a bénéficié d’un non -lieu, on dira que la décision judiciaire n’efface pas les faits et que rien ne change. La justice est peu à côté du sentiment d’avoir raison du plaignant. On ne se justifie jamais d’avoir eu tort. Ou d’avoir cru à sa vision discutable de l’histoire. La présomption d’innocence est un leurre et est devenue un tigre de papier : il recule au moindre frémissement car il ne faut pas déplaire à l’opinion publique ou à des combattants d’une cause. Un individu peut être sacrifié pour le confort intellectuel et moral d’autres. C’est l’évolution de la société. Pourvu que cela ne dure pas comme aurait dit peut-être la mère de Napoléon.

Bien sûr quand l’individu est pris en flagrant délit ou crime, qu’il reconnait les faits, qu’il avoue sa culpabilité ,ajouter qu’il est présumé innocent est grotesque.     

vendredi 22 mai 2026

Faire son cinéma

 

                                         Faire son cinéma

                                     par Christian Fremaux avocat honoraire

C’est la saison du festival de Cannes dont je ne mésestime pas la portée internationale et la mise en avant de la France. La critique est donc en smoking et robe longue y compris parait- il comme pour un maire de la droite décomplexée d’une commune de la diversité qui a droit au luxe aussi ; pour une haute fonctionnaire de tendance socialiste tenue au devoir de réserve et à veiller sur les comptes publics en ces temps de disette; et pour une ministre en exercice qui a un domaine de compétences hors de la culture mais qui défend dans l’obscurité des salles de projection l’égalité homme/femme principe constitutionnel . Le contribuable a t- il le droit d’être circonspect ?

La Croisette se décroche par le talent ou les relations sinon l’égo. Il faut paraitre. Tant pis pour les grincheux ceux et celles qui ne voyagent pas en jet privé, ne boivent pas du champagne et ne couchent pas dans les palaces. Le petit four au bord de la mer a un goût particulier. Les gens du commun continueront à économiser sur l’essence, sur leurs repas que l’inflation grignote et rêveront avec l’Eurovision ou un été 36 (les congés payés pour la première fois) sur TFI en guise de spectacle. Et seront admiratifs des stars ou assimilées ce qui permet d’oublier un moment le contexte guerrier et social. Je sais que cette remarque est un peu démago. ou beauf. mais j’assume comme le disent tous les politiques qui ont échoué ou les intellectuels qui prétendent détenir seuls la vérité. Et faire le bonheur du peuple malgré lui s’il le faut. Mais il fallait que les polémiques donnent du sel à la semaine.

Une polémique est venue d’ artistes , de réalisateurs , de techniciens du cinéma qui ont pris à partie M. Bolloré qui a le malheur d’être un catholique milliardaire et pas de gauche donc suspect de faire le jeu de l’extrême droite. Et de vouloir étouffer la création qui a besoin de pluralisme. On traduit le pluralisme par ce que pensent les plaignants. Et peut-être par ce que proposent les milliardaires ou les gens fortunés de gauche ? Car il y en a, je m’en réjouis. On ne parle pas philosophie ou grands principes humanitaires.  C’est d’argent dont il s’agit qui est le nerf de la guerre au cinéma.

 M. Bolloré qui n’a pas besoin d’avocat pour s’expliquer est le principal actionnaire de Canal + qui verse beaucoup d’argent dans le cinéma y compris pour des œuvres qui ne seraient pas sa tasse de thé. Mais le « dangereux individu » qui veut imposer les croyances conservatrices donc fascistes sans que les vertueux auto- proclamés disent lesquelles et donnent un exemple pas imaginaire, a cependant suffisamment d’ouverture d’esprit pour payer quand même . Canal + plus est le principal bailleur de fonds privé qui investit dans le 7ème art. Les pétitionnaires ont fait un bide. Tendre la sébile d’une part et fermer le poing d’autre part en insultant celui que vous sollicitez est une méthode curieuse. Ce n’est que dans un film d’horreur que le masochisme gagne.

« Qu’est- ce qu’on a fait au bon dieu...» demandait avec humour Christian Clavier dans une œuvre pour la tolérance et le vivre ensemble. Il a fait un carton. Dieu n’a rien à voir dans l’affaire .C’est l’humain moderne sectarisé et idéologisé qui est en question. Quelques-uns ne détiennent pas la vérité culturelle qui conduit à enseigner aux masses ce qu’elles doivent penser et accepter. Chacun est libre de faire des films sans être biberonné à l’argent public qui appartient à tous les courants de pensée et de faire triompher ses idées. Mais le spectateur a aussi le droit de choisir ce qui lui plait. Et de ne pas partager ce qu’on lui somme d’admettre. La France a des racines. Et des valeurs.   

Sous couvert de pluralisme imposé et de liberté d’expression en réalité ce sont des interdictions qui sont prononcées et réclamées. Fermons les médias qui ne reflètent pas la doxa dominante et obligeons certains riches à « banquer » ce qui les punira. Cette injonction comminatoire rejoint l’espoir totalitaire de ceux qui disent ouvertement que la démocratie n’est pas seulement le résultat des élections libres et qu’une insurrection populaire est souhaitée pour le cas où le scrutin ne met pas au pouvoir la majorité que l’on préfère. Attention on toucherait ainsi gravement à la démocratie qui est fragile.

Rappeler 1789 et la prise de la Bastille est un contresens historique . Notre époque n’est pas celle de l’autoritarisme royal de Louis XIV et successeurs dont Louis XVI avec le mépris des individus. Voltaire et les humanistes nous ont montré le chemin. L’abolition des privilèges est entrée dans les faits. Ce n’est pas un prétendu racisme systémique résurgence de la colonisation,  des menaces imaginées venant de droite et encore des inégalités à corriger qui pourraient justifier une révolution dans une France championne des droits de l’homme, de la tolérance avec la laïcité qui est une liberté ,et de la redistribution. Dans un monde chaotique où les théocraties essaient de dominer. Outre le mérite républicain ouvert à tous d’où qu’ils viennent. On n’est pas assigné à résidence. L’Etat n’abandonne personne. Mais il faut aussi vouloir participer. On peut naturellement toujours mieux faire mais la violence politique ou autre doit être bannie. Le roi a été décapité et le souverain c’est le peuple y compris l’ancien,  n’en déplaise à une minorité dite avancée. 

Quand les feux de la rampe se seront éteint le cours ordinaire du financement du cinéma reprendra. Les rebelles se voulant indépendants ne dépendent que de leurs portefeuilles .Ils ont mis en lumière le C.N.C. donc l’argent public .Il peut y avoir un retour de bâton compte tenu de nos finances publiques à sec, avec d’autres priorités vitales. Bravo les artistes.  « Tout ça... pour ça » comme disait F. Huster jouant un juge entretenant une relation adultérine avec une avocate. Donc de la fiction ? Faire son cinéma c’est surjouer, en rajouter ,fantasmer sur une situation, manifester de manière bruyante pour obtenir son caprice. C’est l’inversion victimaire. Ce n’est pas de l’art.  

Une autre polémique concerne le film « l’Abandon » c’est à dire les derniers 11 jours de la vie du professeur Samuel Paty assassiné pour ce qu’il était et transmettait. Le récit est factuel ,se base sur les minutes du procès public et décrit comment les institutions et des collègues ont critiqué ou laissé tomber le professeur au prétexte du « pas de vagues » et pas de stigmatisation .Certains ont repris cette antienne. C’est honteux. On mourra de nos faiblesses juridiques et morales et du manque de courage de nommer les choses et les responsables. Albert Camus l’a déjà écrit. J’espère que ce film aura un grand succès sinon on accablera encore plus Samuel Paty. Un autre professeur a connu le même sort. La République doit protéger et soutenir ceux qui restent des hussards.    

lundi 18 mai 2026

Festival du livre

 


Vous qui lisez régulièrement mon blog et autres lecteurs curieux,  je vous invite à venir me voir pour que je vous dédicace mon livre :

Vendredi 29 mai 2026 de 13h à 14 heures stand L’Harmattan mairie du 5 -ème arrondissement de paris 21 place du Panthéon. 




lundi 11 mai 2026

Le droit cet obscur objet de désir

 

                       Le droit cet obscur objet de désir

                     Par Christian Fremaux avocat honoraire

On a bien compris que le droit qu’il soit international public ou interne est devenu à géométrie variable et qu’il n’est plus un rempart contre toutes les dérives.

 Je ne m’appesantis pas sur la guerre Usa/Israel et plus si affinités ou besoins de protection d’Etats de la région amis ou avec qui nous avons des accords de défense contre l’Iran et ses proxis. Notre président chef unique des armées selon la Constitution ne cesse de dire qu’elle ne nous concerne pas, que nous ne sommes pas belligérants mais que nous nous préparons à toute éventualité .Sans demander pour prendre des initiatives l’autorisation du parlement comme M. Trump qui se dispense d’un vote de son congrès. L’interprétation du droit serait-il constitutionnel est large et permet à notre porte- avion de prendre l’air et de montrer ses muscles. Car à juste titre nous défendons nos intérêts vitaux puisque nous subissons les désagréments et le mot est faible du conflit lointain qui peut dégénérer, aucun dirigeant ne voulant céder un millimètre de terrain ou d’eau ou de sa théorie radicale.  Serait-elle suicidaire pour son peuple.     

Le droit maritime a coulé et une guerre est illégale par nature surtout si on est en attaque. On peut discuter à vie de qui a raison ou tort selon les traités d’après deuxième guerre mondiale quand on pensait que les conflits mondiaux disparaitraient et que l’ordre public international serait toujours celui fixé par les vainqueurs, ceux qui ont la bombe de surcroit. Et qui voulaient que l’équilibre des puissances soit gravé à jamais dans le marbre et les faits. Mais l’Histoire n’est jamais écrite d’avance et ceux qui étaient faibles sont devenus forts ou l’inverse et rebattent les cartes. Avec des ambitions et des raisonnements qui surprennent. Par l’arbitraire des théocraties et de nouveaux empires qui se créent. Il va falloir que le droit international public soit revu. Et que les diplomates prennent des cours de formation accélérée sur les nouveaux paradigmes. Il ne faut ni gagnant ni perdant. Qui sera l’arbitre et à partir de quelles règles impératives à inventer? Le droit devient une arme de discussion massive qui peut durer.

Il en est de même sur le plan interne où l’on entend des affirmations qui décoiffent. Nous ne pouvons pas nous indigner tous les jours de ce qui parait incongru, inadmissible et de surcroit illégal. Nous épuisons notre capital d’irritation face à ceux et celles qui provoquent et dénigrent tout en cherchant on ne soit quoi pour affaiblir la nation. Mais il ne faut pas s’y faire ni renoncer et il appartient à chacun à son niveau de remettre l’église -au sens figuratif car je ne veux pas être traité de raciste ! - au centre du village.

 Seul le droit tel qu’il résulte du vote des parlementaires avec l’interprétation -que l’on peut discuter- des juridictions permet d’établir une ligne rouge et de fixer des règles pour tous. Sinon c’est le désordre assuré .Les plus anciens se rappellent sous l’ère Mitterrand de l’apostrophe de M. Laignel député socialiste: « vous avez juridiquement tort car vous êtes politiquement minoritaire ». C’est une conception particulière de la démocratie qui renait. Ou encore, je suis minoritaire mais je gouverne !

On se gargarise de l’état de droit pour tenter de faire avaler n’importe quelle ânerie comme la querelle du « canon français » et de la charcuterie avec du vin .Il m’arrive d’aller dans des restaurants pour manger de l’agneau et de la semoule et boire du thé à la menthe ! C’est mon choix.  Ou vouloir empêcher par avance d’accéder au pouvoir un parti qui serait dangereux. Sans citer un fait précis et daté naturellement vérifiable.  En justice le débat est toujours contradictoire et les juges ne font pas de morale préventive mais appliquent la loi. La présomption de culpabilité n’existe pas encore .  L’état de droit c’est de respecter le verdict des urnes, c’est de ne pas déclarer que l’on n’acceptera pas qu’un tel gagne et qu’il y aura sinon une insurrection populaire. C’est de la sédition. La référence à la prise de la Bastille est grotesque. C’est la loi des suspects en filigrane et la terreur Robespierriste revisitée. Le roi a eu la tête tranchée. La république existe et le peuple est le souverain. Sans ostraciser des électeurs de bonne foi qui peuvent se tromper mais qui sont des citoyens égaux à d’autres. C’est la loi. Et la simple éthique.

La désobéissance à la loi quel qu’en soit le motif -légitime pour les uns intolérable pour les autres- est une atteinte à la démocratie. La liberté n’excuse pas tout. On ne va pas confier aux juges -qui sont des hommes et des femmes avec leurs convictions- l’opportunité prioritaire de dire ce qu’il faut faire ou penser ou non ,de sanctionner par avance et d’éliminer ce qu’une minorité demande. La dispute publique est consubstantielle à la république. Les élus à titre d’exemplarité doivent appliquer la loi cela est une lapalissade !  Les citoyens aussi. L’état de droit c’est l’équilibre des pouvoirs qui doivent jouer leurs rôles spécifiques, mais surtout l’expression de la volonté des citoyens qu’on l’approuve ou non. Le droit est la protection des faibles. La loi n’est pas à option même pour les teufeurs ou pour ceux qui cassent... de joie !Ou prétendent lancer des alertes. En prononçant des interdits.    

Et il faut d’abord se regarder dans la glace, car pour donner des leçons il faut être irréprochable en commençant par respecter nos institutions, nos valeurs et traditions républicaines, notre art de vivre et notre passé. L’avenir ne se construit pas en balayant ce qui ne nous plait pas, ni par une repentance sans limite et sans fin, ni en voulant écarter ceux qui ne pensent pas comme nous. L’union n’est pas l’exclusion. Le droit libère tandis que le sectarisme et le dogme oppriment. Faire nation c’est savoir s’empêcher et restreindre ce qu’il y a de plus mauvais en l’homme. On appelle cela aussi de la tolérance. 

C’est pourquoi nous devons fournir un effort intellectuel et humaniste. Le progressisme n’a pas tout résolu sinon on serait en bien meilleure condition tant sur le plan humain personnel que sociétal. Conservateur est la qualification la plus repoussante pour certains. Mais on a le droit de n’être pas d’accord avec la doxa dominante qui n’a pas fait la preuve de sa réussite. Ou trouvé des solutions pour résorber les inégalités notamment et pour le niveau de vie. Je ne parle pas économie ou dépenses publiques avec redistribution, le montant abyssal de la dette douchant les espoirs. Le déni de réalité conduit au désastre. Penser qu’on détient la vérité est l’erreur de base.

Le 8 mai 1945 que l’on vient de commémorer démontre que la force est injuste et ne règle rien. Le compromis validé par le droit est la seule solution possible.        

vendredi 24 avril 2026

Bataille navale à la royale ou de flibustiers

 

                           Bataille navale à la royale ou de flibustiers

                                      Par Christian Fremaux avocat honoraire

L’avenir du monde donc de la planète et de ceux qui y vivent ou survivent actuellement se passe sur les mers. On révise notre géographie et chacun a acheté un atlas. Où sont le golfe persique ou la mer d’Arabie, le golfe d’Oman voire d’Aden,  les détroits d’Ormuz et de Malacca, les océans indien et pacifique ? Et précédemment atlantique puisque les USA avait fait un blocus du Vénézuéla avant de kidnapper le président Maduro. M. Trump a aussi des visées sur le canal de Panama et le Groenland. Et entend que le canal de Suez soit libre de circulation. C’est tout pour l’instant. La mer Méditerranée reste où elle est avec ses fonctions traditionnelles. Les porte -avions peuvent circuler.  

 Quand le président américain s’intéressera aux pays terrestres et envisagera des débarquements on révisera où ils se situent , comment y accéder et les destinées des nations , des empires , des coalitions avec l’histoire des peuples. Car la seule querelle qui vaille c’est l’être humain. Toutes les guerres se font théoriquement pour son bonheur même malgré lui,  sachant que son contenu est variable en fonction des démocraties, des théocraties, des dictatures, des croyances et des vérités non démontrées. Il y a du pain sur la planche intellectuelle et morale souvent glissante.

 Pour l’instant il n’est pas nécessaire d’avoir une carte détaillée de l’espace. Quoiqu’avec tous les missiles de longue portée, des drones de plus en plus performants, les fusées et toutes les communications et technologies qui passent par les satellites et qui font marcher des armes qui tuent et détruisent mieux vaut en connaitre la profondeur ou la hauteur.

Tous les coups sont permis puisqu’on a commencé par nier et effacer le droit public international. Dans tous les camps : les uns pour se défendre, les autres pour attaquer pour échapper à un danger ou une intention hostile, tous en trouvant des prétextes ou des justifications. L’éthique a disparu au nom de la vengeance et de la survie ou de la volonté d’imposer ses évidences. Chacun accuse l’autre de génocide et de crimes de guerre sinon contre l’humanité et condamne l’ennemi aux foudres de la justice internationale qui n’y peut mais. Et dont on menace les juges s’ils n’ont pas le bon profil ou une pré-décision qui va dans son sens. Qui protégera les juges qui dans plusieurs années si tout va bien ,décideront des responsabilités, diront qui a été l’agresseur et l’agressé,  pour des motifs sérieux et respectables ou non, s’il y avait légitime défense ou riposte disproportionnée avec des moyens acceptables,  et quelles sanctions contre qui doivent être prononcées ?

En attendant on n’utilise pas des pistolets à eau. Et on est dans un poker menteur.

Il semble que M. Trump ait été surpris par les capacités militaires de l’Iran qui dans une guerre asymétrique sur le papier fait front. Sans que l’on soit sûr de l‘armement qui lui reste. On en est à des vedettes rapides. Les bombardements ayant détruit les gros navires de guerre. Certes les mollahs ont eu 47 ans pour se préparer et il faut admettre qu’ils ont bien réfléchi avec leur organisation dite en mosaïque et que leur jusqu’au boutisme correspond à leur religion qui vénère les martyrs. Cette occurrence n’autorise cependant pas certains à considérer avec une quasi-bienveillance le régime théocratique et cruel des ayatollahs au nom de la lutte du faible contre le fort ce dernier serait -il critiquable. Ou d’un anti-américanisme primaire sinon d’un anti -sémitisme qui ne se déclare pas.  Car ce serait oublier que l’Iran a des projets belliqueux envers l’Occident en général et des terroristes qui travaillent pour son compte outre la volonté d’éradiquer Israël qui est une démocratie et a le droit d’exister. Même si on peut rejeter sa politique intransigeante et ses actions. Je plains le peuple iranien très civilisé et victime qui vit dans la terreur et sous un régime de fer qui n’autorise pas la parole ou le débat interne sur un destin collectif.  Il doit se protéger contre ses propres dirigeants. Quand l’idéologie règne, le malheur s’installe.  

 En Occident on ne raisonne pas ainsi, une vie étant le bien le plus précieux. On discute publiquement des buts et objectifs, on tente d’abord la médiation par la diplomatie en cas de conflit. Et quand on se heurte à un mur ou un adversaire résolu à ne pas céder d’un pouce quitte à disparaitre, quand les intérêts vitaux sont en jeu , on sort les armes . « Le dernier argument des rois » était-il inscrit sur les canons de Louis XIV.  

Les Iraniens n’ont pas d’amiral en chef puisque le jour même de sa désignation le guide suprême a été éliminé ou quasiment. Mais il y a de nombreux capitaines de vaisseaux et des marins qui savent manœuvrer. La simple possibilité d’existence de mines dans un détroit et du démantèlement des câbles sous -marins sont une arme redoutable. On n’est plus dans la royale avec ses codes d’honneur et coutumes. De loyal on est passé à sournois. On est chez les flibustiers. Dans une guerre asymétrique la fin justifierait tous les moyens. D’autant plus que le blocus yankee semble avoir des trous. C’est une passoire flottante, volontairement ou non.   

Il y a un jeu de société qui s’appelle la bataille navale pour les longues soirées d’hiver quand il y a tempête au large. On joue au touché-coulé avec une stratégie réfléchie, au chaud, dans le calme, en buvant un verre.  Mais dans la vraie vie ce jeu fait des morts, réellement. Et la Convention des nations unies sur le droit de la mer entrée en vigueur en 1994 est devenue un chiffon de papier. Notons que les USA, Israël et... le Venezuela n’ont pas ratifié l’accord. Et vogue la galère !   

On a déjà connu la politique de la canonnière, les pirates et les corsaires et la domination des océans au profit des puissants. Aujourd’hui il faut sauver le soldat pétrole et gaz et la technologie qui fait fonctionner le monde moderne et son train de vie.  Au passage les humains aussi,  certains étant plus de qualité que d’autres.

M. Trump sera- t -il Marc Antoine avec comme second Cléopâtre qui a perdu la bataille navale d’Actium ou au contraire Nelson qui a défait la flotte de Napoléon à Trafalgar ? Les Iraniens sont- ils les dignes successeurs d’Alexandre-Le-Grand le macédonien qui a conquis la Perse et était un stratège hors pair ? Ou comme à Lépante subiront- ils le sort des Ottomans face à la Sainte- Ligue ?

« Homme libre, toujours tu chériras la mer » a écrit Charles Baudelaire dans les Fleurs du mal et son recueil Spleen. Ce qui est d’actualité.