Je suis désormais avocat honoraire du barreau de Paris après plus de 50 ans de barreau actif et de fonctions juridictionnelles comme conseiller Prud 'Homme jusque 2026. Après 39 ans de mandats j'ai cessé d'être conseiller municipal dans une commune rurale en province. Place aux jeunes! Je suis aussi auditeur de l'INHESJ et l'IHEDN. Je commente l'actualité sur les points de droit ou politique ou sur tout sujet qui m'intéresse sous forme d'articles de fond ou d' humeur.
lundi 25 mai 2026
Requiem pour la présomption d’innocence dans l’état de droit
Requiem pour la présomption d’innocence dans l’état de droit
Par Christian Fremaux avocat honoraire
Comme il ne
faut toucher aux lois et à la Constitution que d’une main tremblante, on doit
essayer d’être nuancé quand on parle de justice en général. Celle-ci n’est ni à
blâmer ni à louer. Elle n’est pas binaire et ne définit pas ce qu’est le bien
qui se distingue de la morale ou ce qu’est le mal. Elle applique les textes.
L’opinion publique par nature volatil et changeante ne doit pas être son guide.
La Justice est le reflet de la société et les hommes et les femmes qui la
composent doivent être supposés sincères et neutres. Sauf quelques brebis égarées
dans l’idéologie on le sait. C’est le prince de Talleyrand qui a dit : «
appuyez- vous sur les principes ils finissent par céder ».
L’état de
droit (avec un petit e) qui protège de l’arbitraire de la puissance publique ( l’Etat
avec un E majuscule n’a pas de droits personnels) et que chacun revendique avec
des intentions contraires ,n’est pas que la Justice. C’est aussi la séparation
des pouvoirs, des élections libres dont on respecte les résultats sans les
saboter dans la rue ou les nier, dans un
régime républicain de préférence. A chaque fois qu’une loi ne plait pas
certains disent qu’elle est liberticide bien que votée par les parlementaires
et remet en cause l’état de droit. Non, l’état de droit doit rester immuable
mais on a le devoir de changer les lois pour adapter notre arsenal juridique et
judiciaire aux nouveaux paradigmes et défis de toute nature et pour protéger la
nation contre des pertes de souveraineté. Il n’est pas interdit de croire
que la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme s’appuie sur
les principes éthérés et très anciens d’une période révolue et ne correspond
plus aux besoins de sécurité et de défense du pays. La France juge des actes
réels commis par des individus très dangereux qui mettent en péril l’union
nécessaire du peuple et nos valeurs. Elle ne peut être condamnée par une vision
philosophique extérieure.
On a
la légitimité de penser que notre corpus législatif actuel est plus favorable
aux délinquants qu’aux victimes. Et que la société a le droit de se défendre
avec des lois plus sévères et plus efficaces. On ne doit pas avoir à choisir
entre l’extension infinie des droits individuels et la protection collective active
de ceux et celles qui forment la communauté nationale .Les deux approches sont
compatibles si on n’oublie pas que le citoyen a aussi des obligations et des
comptes à rendre. Le débat sur l’autorité et le renforcement du
régalien ,le respect de la loi qu’elle plaise ou non, l’identité, l’égalité dans les territoires
qui n’appartiennent à aucun clan, une justice performante, sera à trancher par l’élection.
En attendant
évoquons la présomption d’innocence. Qui est d’actualité et qui a du plomb dans
l’aile. L’article 1111-1 du code de procédure pénale dispose : « toute
personne suspectée ou poursuivie est présumée innocente tant que sa culpabilité
n’a pas été établie. Les atteintes à sa présomption d’innocence sont prévenues,
réparées et réprimées dans les conditions prévues par la loi » . Les
sanctions pour violation de la présomption d’innocence sont rarissimes et
souvent accompagnées d’autres préjudices à apprécier. L’article 6-2 de la Convention
européenne des droits de l’homme conforte le principe. Dans la pratique on
constate que cette présomption est devenue de culpabilité préjugée. Et dans
tous les domaines qui intéressent le public : notamment la politique,
l’argent public, les personnalités du showbiz qui font le buzz. Avec effet
retour. C’est comme les jeux du cirque à Rome. On attend que César en l’occurrence
les procureurs baissent le pouce sur la dénonciation de faits et que l’enquête
démarre. Ceux et celles qui se plaignent
se dénomment immédiatement victimes comme si leur simple parole suffisait. Ou si
le nombre d’affaires et des circonstances similaires traduisaient une culpabilité
qui va de soi.
Dès le
signalement pourquoi ne pas envoyer directement l’individu concerné devant le
tribunal correctionnel ou la cour d’assises : certains se passeraient
bien des épisodes longs de la justice, des contraintes légales « tatillonnes »
qui font perdre du temps, des confrontations, de la réalité des faits, des
preuves ou du faisceau d’indices concordants...Sans que l’on tienne compte de
la prescription de droit essentielle pour tout le monde. Si tout devient
imprescriptible attention dégâts. Le concerné doit immédiatement se retirer de
la scène, voire expier sa faute en s’excusant et acheter la corde qu’il se
mettra au cou. Il doit s’auto- punir , ne plus travailler, raser les
murs, et tout avouer même ce qu’il n’a pas fait. Se défendre est déjà le
signe de sa mauvaise foi et un élément accablant. Si son avocat qui doute de la
vérité révélée est considéré comme trop virulent sinon violent verbalement contre
des personnes supposées apeurées ,on ajoutera la sanction supplémentaire de
victimisation secondaire.
C’est grave
car ce qui arrive aux puissants peut survenir aussi au quidam qui n’est soutenu
par personne et n’a pas de fan -club. La procédure protège ainsi que la loi et
c’est la liberté de dire ce qu’on pense vrai sans contradiction qui opprime et
fait pression. Sans négliger la souffrance de celui qui se plaint même des
années plus tard.
Le tribunal médiatique juge en continu à partir
de vérifications orientées sans règles légales ou déontologiques avérées de ses
prétendus spécialistes qui se prennent pour des policiers ou des juges. Des «
révélations »ont lieu selon des sources confidentielles de la presse. Et
si l’on ne sait pas vraiment, la répétition
ad nauseam du nom et des faits théoriques peut faire croire à une responsabilité
certaine. En y ajoutant que l’individu est naturellement présumé innocent.
C’est du n’importe quoi. Mais le mal est fait. Je ne sais pas si le plaignant
est plus soulagé pour autant ? Mort au vaincu.
Si plus tard l’individu est acquitté, relaxé
ou a bénéficié d’un non -lieu, on dira que la décision judiciaire n’efface pas
les faits et que rien ne change. La justice est peu à côté du sentiment d’avoir
raison du plaignant. On ne se justifie jamais d’avoir eu tort. Ou d’avoir cru à
sa vision discutable de l’histoire. La présomption d’innocence est un leurre et
est devenue un tigre de papier : il recule au moindre frémissement
car il ne faut pas déplaire à l’opinion publique ou à des combattants
d’une cause. Un individu peut être sacrifié pour le confort intellectuel et
moral d’autres. C’est l’évolution de la société. Pourvu que cela ne dure pas comme
aurait dit peut-être la mère de Napoléon.
Bien sûr
quand l’individu est pris en flagrant délit ou crime, qu’il reconnait les
faits, qu’il avoue sa culpabilité ,ajouter qu’il est présumé innocent est
grotesque.
vendredi 22 mai 2026
Faire son cinéma
Faire son cinéma
par Christian Fremaux avocat honoraire
C’est la saison du festival de Cannes dont je ne mésestime pas la
portée internationale et la mise en avant de la France. La critique est donc en
smoking et robe longue y compris parait- il comme pour un maire de la droite
décomplexée d’une commune de la diversité qui a droit au luxe aussi ; pour une
haute fonctionnaire de tendance socialiste tenue au devoir de réserve et à
veiller sur les comptes publics en ces temps de disette; et pour une ministre
en exercice qui a un domaine de compétences hors de la culture mais qui défend dans
l’obscurité des salles de projection l’égalité homme/femme principe
constitutionnel . Le contribuable a t- il le droit d’être circonspect ?
La Croisette se décroche par le talent ou les relations sinon l’égo. Il
faut paraitre. Tant pis pour les grincheux ceux et celles qui ne voyagent pas
en jet privé, ne boivent pas du champagne et ne couchent pas dans les palaces.
Le petit four au bord de la mer a un goût particulier. Les gens du commun
continueront à économiser sur l’essence, sur leurs repas que l’inflation
grignote et rêveront avec l’Eurovision ou un été 36 (les congés payés pour la
première fois) sur TFI en guise de spectacle. Et seront admiratifs des stars ou
assimilées ce qui permet d’oublier un moment le contexte guerrier et social. Je
sais que cette remarque est un peu démago. ou beauf. mais j’assume comme le
disent tous les politiques qui ont échoué ou les intellectuels qui prétendent
détenir seuls la vérité. Et faire le bonheur du peuple malgré lui s’il le faut.
Mais il fallait que les polémiques donnent du sel à la semaine.
Une polémique est venue d’ artistes , de réalisateurs , de techniciens
du cinéma qui ont pris à partie M. Bolloré qui a le malheur d’être un
catholique milliardaire et pas de gauche donc suspect de faire le jeu de
l’extrême droite. Et de vouloir étouffer la création qui a besoin de
pluralisme. On traduit le pluralisme par ce que pensent les plaignants. Et
peut-être par ce que proposent les milliardaires ou les gens fortunés de gauche
? Car il y en a, je m’en réjouis. On ne parle pas philosophie ou grands principes
humanitaires. C’est d’argent dont il
s’agit qui est le nerf de la guerre au cinéma.
M. Bolloré qui n’a pas besoin
d’avocat pour s’expliquer est le principal actionnaire de Canal + qui verse
beaucoup d’argent dans le cinéma y compris pour des œuvres qui ne seraient pas
sa tasse de thé. Mais le « dangereux individu » qui veut imposer les croyances
conservatrices donc fascistes sans que les vertueux auto- proclamés disent
lesquelles et donnent un exemple pas imaginaire, a cependant suffisamment
d’ouverture d’esprit pour payer quand même . Canal + plus est le principal
bailleur de fonds privé qui investit dans le 7ème art. Les pétitionnaires ont
fait un bide. Tendre la sébile d’une part et fermer le poing d’autre part en
insultant celui que vous sollicitez est une méthode curieuse. Ce n’est que dans
un film d’horreur que le masochisme gagne.
« Qu’est- ce qu’on a fait au bon dieu...» demandait avec humour
Christian Clavier dans une œuvre pour la tolérance et le vivre ensemble. Il a
fait un carton. Dieu n’a rien à voir dans l’affaire .C’est l’humain moderne
sectarisé et idéologisé qui est en question. Quelques-uns ne détiennent pas la
vérité culturelle qui conduit à enseigner aux masses ce qu’elles doivent penser
et accepter. Chacun est libre de faire des films sans être biberonné à l’argent
public qui appartient à tous les courants de pensée et de faire triompher ses
idées. Mais le spectateur a aussi le droit de choisir ce qui lui plait. Et de
ne pas partager ce qu’on lui somme d’admettre. La France a des racines. Et des
valeurs.
Sous couvert de pluralisme imposé et de liberté d’expression en
réalité ce sont des interdictions qui sont prononcées et réclamées. Fermons les
médias qui ne reflètent pas la doxa dominante et obligeons certains riches à «
banquer » ce qui les punira. Cette injonction comminatoire rejoint l’espoir
totalitaire de ceux qui disent ouvertement que la démocratie n’est pas
seulement le résultat des élections libres et qu’une insurrection populaire est
souhaitée pour le cas où le scrutin ne met pas au pouvoir la majorité que l’on préfère. Attention on toucherait ainsi gravement à la démocratie qui est
fragile.
Rappeler 1789 et la prise de la Bastille est un contresens historique
. Notre époque n’est pas celle de l’autoritarisme royal de Louis XIV et successeurs
dont Louis XVI avec le mépris des individus. Voltaire et les humanistes nous
ont montré le chemin. L’abolition des privilèges est entrée dans les faits. Ce
n’est pas un prétendu racisme systémique résurgence de la colonisation, des menaces imaginées venant de droite et
encore des inégalités à corriger qui pourraient justifier une révolution dans
une France championne des droits de l’homme, de la tolérance avec la laïcité
qui est une liberté ,et de la redistribution. Dans un monde chaotique où les
théocraties essaient de dominer. Outre le mérite républicain ouvert à tous d’où
qu’ils viennent. On n’est pas assigné à résidence. L’Etat n’abandonne personne.
Mais il faut aussi vouloir participer. On peut naturellement toujours mieux
faire mais la violence politique ou autre doit être bannie. Le roi a été
décapité et le souverain c’est le peuple y compris l’ancien, n’en déplaise à une minorité dite
avancée.
Quand les feux de la rampe se seront éteint le cours ordinaire du
financement du cinéma reprendra. Les rebelles se voulant indépendants ne
dépendent que de leurs portefeuilles .Ils ont mis en lumière le C.N.C. donc l’argent
public .Il peut y avoir un retour de bâton compte tenu de nos finances
publiques à sec, avec d’autres priorités vitales. Bravo les artistes. « Tout ça... pour ça » comme disait F. Huster
jouant un juge entretenant une relation adultérine avec une avocate. Donc de la
fiction ? Faire son cinéma c’est surjouer, en rajouter ,fantasmer sur une
situation, manifester de manière bruyante pour obtenir son caprice. C’est
l’inversion victimaire. Ce n’est pas de l’art.
Une autre polémique concerne le film « l’Abandon » c’est à dire les
derniers 11 jours de la vie du professeur Samuel Paty assassiné pour ce qu’il
était et transmettait. Le récit est factuel ,se base sur les minutes du procès
public et décrit comment les institutions et des collègues ont critiqué ou
laissé tomber le professeur au prétexte du « pas de vagues » et pas de
stigmatisation .Certains ont repris cette antienne. C’est honteux. On mourra de
nos faiblesses juridiques et morales et du manque de courage de nommer les
choses et les responsables. Albert Camus l’a déjà écrit. J’espère que ce film
aura un grand succès sinon on accablera encore plus Samuel Paty. Un autre
professeur a connu le même sort. La République doit protéger et soutenir ceux
qui restent des hussards.
lundi 18 mai 2026
Festival du livre
Vous qui lisez régulièrement mon blog et autres lecteurs curieux, je vous invite à venir me voir pour que je vous dédicace mon livre :
Vendredi 29 mai 2026 de 13h à 14 heures stand L’Harmattan mairie du 5 -ème arrondissement de paris 21 place du Panthéon.
lundi 11 mai 2026
Le droit cet obscur objet de désir
Le droit cet obscur
objet de désir
Par Christian Fremaux avocat honoraire
On a bien
compris que le droit qu’il soit international public ou interne est devenu
à géométrie variable et qu’il n’est plus un rempart contre toutes les dérives.
Je ne m’appesantis pas sur la guerre Usa/Israel
et plus si affinités ou besoins de protection d’Etats de la région amis ou avec
qui nous avons des accords de défense contre l’Iran et ses proxis. Notre
président chef unique des armées selon la Constitution ne cesse de dire qu’elle
ne nous concerne pas, que nous ne sommes pas belligérants mais que nous nous préparons
à toute éventualité .Sans demander pour prendre des initiatives l’autorisation
du parlement comme M. Trump qui se dispense d’un vote de son congrès.
L’interprétation du droit serait-il constitutionnel est large et permet à notre
porte- avion de prendre l’air et de montrer ses muscles. Car à juste titre nous
défendons nos intérêts vitaux puisque nous subissons les désagréments et le mot
est faible du conflit lointain qui peut dégénérer, aucun dirigeant ne voulant
céder un millimètre de terrain ou d’eau ou de sa théorie radicale. Serait-elle suicidaire pour son peuple.
Le droit
maritime a coulé et une guerre est illégale par nature surtout si on est en
attaque. On peut discuter à vie de qui a raison ou tort selon les traités
d’après deuxième guerre mondiale quand on pensait que les conflits mondiaux disparaitraient
et que l’ordre public international serait toujours celui fixé par les
vainqueurs, ceux qui ont la bombe de surcroit. Et qui voulaient que l’équilibre
des puissances soit gravé à jamais dans le marbre et les faits. Mais l’Histoire
n’est jamais écrite d’avance et ceux qui étaient faibles sont devenus forts ou
l’inverse et rebattent les cartes. Avec des ambitions et des raisonnements qui
surprennent. Par l’arbitraire des théocraties et de nouveaux empires qui se
créent. Il va falloir que le droit international public soit revu. Et que
les diplomates prennent des cours de formation accélérée sur les nouveaux
paradigmes. Il ne faut ni gagnant ni perdant. Qui sera l’arbitre et à
partir de quelles règles impératives à inventer? Le droit devient une arme de
discussion massive qui peut durer.
Il en
est de même sur le plan interne où l’on entend des affirmations qui
décoiffent. Nous ne pouvons pas nous indigner tous les jours de ce qui parait incongru,
inadmissible et de surcroit illégal. Nous épuisons notre capital d’irritation
face à ceux et celles qui provoquent et dénigrent tout en cherchant on ne soit
quoi pour affaiblir la nation. Mais il ne faut pas s’y faire ni renoncer
et il appartient à chacun à son niveau de remettre l’église -au sens
figuratif car je ne veux pas être traité de raciste ! - au centre du
village.
Seul le droit tel qu’il résulte du
vote des parlementaires avec l’interprétation -que l’on peut discuter- des
juridictions permet d’établir une ligne rouge et de fixer des règles pour tous.
Sinon c’est le désordre assuré .Les plus anciens se rappellent sous l’ère Mitterrand
de l’apostrophe de M. Laignel député socialiste: « vous avez juridiquement
tort car vous êtes politiquement minoritaire ». C’est une conception
particulière de la démocratie qui renait. Ou encore, je suis minoritaire mais
je gouverne !
On se
gargarise de l’état de droit pour tenter de faire avaler n’importe quelle ânerie
comme la querelle du « canon français » et de la charcuterie
avec du vin .Il m’arrive d’aller dans des restaurants pour manger de
l’agneau et de la semoule et boire du thé à la menthe ! C’est mon choix. Ou vouloir empêcher par avance d’accéder au pouvoir
un parti qui serait dangereux. Sans citer un fait précis et daté naturellement
vérifiable. En justice le débat est
toujours contradictoire et les juges ne font pas de morale préventive mais
appliquent la loi. La présomption de culpabilité n’existe pas encore . L’état
de droit c’est de respecter le verdict des urnes, c’est de ne pas déclarer que
l’on n’acceptera pas qu’un tel gagne et qu’il y aura sinon une insurrection populaire.
C’est de la sédition. La référence à la prise de la Bastille est grotesque.
C’est la loi des suspects en filigrane et la terreur Robespierriste revisitée. Le
roi a eu la tête tranchée. La république existe et le peuple est le souverain.
Sans ostraciser des électeurs de bonne foi qui peuvent se tromper mais qui sont
des citoyens égaux à d’autres. C’est la loi. Et la simple éthique.
La désobéissance
à la loi quel qu’en soit le motif -légitime pour les uns intolérable pour les
autres- est une atteinte à la démocratie. La liberté n’excuse pas tout. On ne
va pas confier aux juges -qui sont des hommes et des femmes avec leurs
convictions- l’opportunité prioritaire de dire ce qu’il faut faire ou penser ou
non ,de sanctionner par avance et d’éliminer ce qu’une minorité demande. La
dispute publique est consubstantielle à la république. Les élus à titre
d’exemplarité doivent appliquer la loi cela est une lapalissade ! Les citoyens aussi. L’état de droit c’est l’équilibre
des pouvoirs qui doivent jouer leurs rôles spécifiques, mais surtout l’expression
de la volonté des citoyens qu’on l’approuve ou non. Le droit est
la protection des faibles. La loi n’est pas à option même pour les
teufeurs ou pour ceux qui cassent... de joie !Ou prétendent lancer des
alertes. En prononçant des interdits.
Et il faut
d’abord se regarder dans la glace, car pour donner des leçons il faut être
irréprochable en commençant par respecter nos institutions, nos valeurs et traditions
républicaines, notre art de vivre et notre passé. L’avenir ne se construit pas en
balayant ce qui ne nous plait pas, ni par une repentance sans limite et
sans fin, ni en voulant écarter ceux qui ne pensent pas comme nous. L’union
n’est pas l’exclusion. Le droit libère tandis que le sectarisme et le dogme
oppriment. Faire nation c’est savoir s’empêcher et restreindre ce qu’il y
a de plus mauvais en l’homme. On appelle cela aussi de
la tolérance.
C’est
pourquoi nous devons fournir un effort intellectuel et humaniste. Le
progressisme n’a pas tout résolu sinon on serait en bien meilleure condition
tant sur le plan humain personnel que sociétal. Conservateur est la qualification
la plus repoussante pour certains. Mais on a le droit de n’être pas d’accord
avec la doxa dominante qui n’a
pas fait la preuve de sa réussite. Ou trouvé des solutions pour résorber les
inégalités notamment et pour le niveau de vie. Je ne parle pas économie ou
dépenses publiques avec redistribution, le montant abyssal de la dette douchant
les espoirs. Le déni de réalité conduit au désastre. Penser qu’on détient la vérité
est l’erreur de base.
Le 8 mai 1945
que l’on vient de commémorer démontre que la force est injuste et ne règle
rien. Le compromis validé par le droit est la seule solution possible.