dimanche 1 novembre 2026

Les masques tombent

 

                                                    Les masques tombent

                   Par Christian Fremaux avocat honoraire

Les services de renseignement très critiqués après le 17 octobre et la sauvagerie qui a eu lieu ne se sont pas trompés pour le 31 octobre et le gouvernement a anticipé. On ne peut cependant se réjouir que les « débordements « -c’est un euphémisme que de décrire ainsi des émeutes extrêmement violentes avec volonté de tuer du flic -aient été contenus selon les déclarations du ministre de l’intérieur qui reconnaissons -le a une tâche difficile et n’est pas vraiment soutenu. Les politiques appliquent le principe « courage fuyons, la jeunesse entre autres est dans la rue ».

Même les juges du tribunal administratif de Paris avaient donné raison aux manifestants sur le parcours que ces messieurs -dames avaient choisi, malgré la casse et la terreur 15 jours plus tôt. Les commerçants victimes n’oublieront pas. Il a fallu que dans la soirée - ce qui prouve que la justice peut être rapide- le Conseil d’Etat juge administratif suprême, alter ego de la Cour de cassation sur le plan judiciaire,  accepte le parcours choisi par le ministre , celui qui présentait le moins de risques.

 On a vu cependant ce qu’il était arrivé tard dans la nuit malgré les sommations légales de dispersion et les interdictions d’aller dans des endroits symboliques comme les places de la Bastille ou de la République à Paris. Ou dans Nantes et Marseille. La loi est à option : si elle avantage on la respecte, sinon on n’en tient pas compte.  Même ce qui n’est pas déclaré ou interdit ne change rien. Les valeurs républicaines deviennent des gadgets, notamment le respect des institutions et la légalité collective celle émanant du peuple à travers les parlementaires. Il est vrai que certains d’entre eux poussent au désordre, je n’ose pas employer la formule traditionnelle de « poussent au crime », soyons mesurés et optimistes.  

Mais chaque citoyen a encore le droit de s’exprimer et de qualifier les faits qu’il voit. Ou qu’il subit.  Tout n’est pas de l’abus de pouvoir.  Il y a le bon sens du quidam qui est capable de penser par lui-même et d’apprécier ou non ce qui se passe.  Les explications sociologiques fumeuses ou celles de pseudo élites qui veulent théoriser et excuser la barbarie et le saccage n’ont aucune légitimité. Le citoyen a le droit de se défendre,  dans les conditions du code pénal et si l’agresseur est aussi proportionné dans son agression qui doit être nécessaire [sic] . La victime est autorisée à dénoncer toute violence. La fin politique ne justifie jamais des moyens illégaux et la force. Surtout en démocratie ou l’élection donne le pouvoir d’agir. Ce qui n’interdit pas de n’être pas d’accord ,de s’opposer et de manifester.

Dans la hiérarchie des normes qui caractérise l’état de droit auquel tout le monde se réfère, le droit constitutionnel de manifester n’est pas la valeur prioritaire et suprême sinon sans limites en écartant toutes les autres et permettant de choisir le jour , le lieu et le parcours. Sans que l’Etat qui représente le peuple ne fasse valoir son avis lui qui incarne l’intérêt général et qui a la charge déléguée par le peuple de la violence légitime, par la force qui défend. Car ne mélangeons pas tout. Les forces de l’ordre maintiennent la tranquillité publique. Il ne s’agit pas -quoique ce serait idéal- d’aimer les policiers et gendarmes qui obéissent au pouvoir politique et sont en permanence contrôlés par des instances internes et par la Justice. Personnellement je choisis plus la victime et le citoyen lambda que n’importe quel casseur ou prétendu révolutionnaire. Mais je suis partial je l’avoue car j’ai une circonstance aggravante :  je ne supporte pas d’être traité de fasciste, raciste ou dominant pour tout et rien. Je suis originaire de Picardie. Je ne vais pas faire un procès à mes aïeux pour obtenir réparation . Et grâce à parcours sup. rénové atteindre le graal : la France nouvelle et diplômée quel que soit le mérite ,qui ne vaudra jamais la France éternelle ! 

 Il faut simplement se poser la question sur « l’immonde répression » selon les manifestants,  en comparant avec les démocraties dites populaires plutôt totalitaires .  Et si n’existaient pas ces hommes et femmes également jeunes souvent , aussi   citoyens ,parents et attachés à la République, fonctionnaires peu payés et qui sont parfois gravement blessés et passent des heures dans les affrontements, pour la protection de nos biens et de nos personnes, que serait notre société ? Ils sont les boucliers de la paix et du respect de la loi. Ils n’attaquent pas des enfants lycéens qui défendent de justes revendications, ni des adultes qui réclament plus de justice sociale. Ils luttent contre le désordre orienté par des politiciens qui veulent prendre le pouvoir. Ils ne sont responsables de rien.    

 D’autres valeurs républicaines sont à égalité avec celle de manifester.  Comme celle d’aller et venir, de travailler, de conserver sa propriété privée et de bénéficier de l’ordre public qui assure la tranquillité. Nos impôts servent notamment à établir de l’apaisement. Et de la solidarité sans rivalité ou discrimination. Chacun doit se modérer.   C’est raté.  Barbey d’Aurévilly disait que « le bien et le mal sont une question de latitude ». Selon le camp où l’on se situe on voit le verre renversé (ou broyé) ou à moitié plein.  Depuis des années la société a privilégié les libertés individuelles et choix partisans. On a créé des droits mais jamais des devoirs. L’individu l’emporte sur le collectif. ll va falloir remettre les choses dans l’ordre ainsi que dans les esprits. L’utopie est nécessaire mais le pragmatisme est plus utile. Tout ne peut changer tout de suite.  La haine mène dans le mur. La nation a besoin d’unité. Il est temps de rétablir un équilibre entre les droits et les obligations. L’autorité n’est pas de l’autoritarisme.

Le 31 octobre c’était halloween. Les masques sont tombés. Les syndicats qui voient l’état explosif du pays prennent de grandes responsabilités en organisant manifestations sur manifestations. Ils savent que les casseurs en profiteront. On a compris qu’il y avait des manifestants pacifistes mais ils sont débordés et instrumentalisés. L’issue est politique. Seul le bulletin de vote résoudra les crises. Il appartient au citoyen de faire le bon choix. C’est comme cela qu’une démocratie réaliste et moderne existe. Pour éviter de vivre dans un environnement sécuritaire, contraint par les actions néfastes de quelques voyous et idéologues.  

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