Les masques tombent
Par Christian Fremaux avocat
honoraire
Les services
de renseignement très critiqués après le 17 octobre et la sauvagerie qui a eu
lieu ne se sont pas trompés pour le 31 octobre et le gouvernement a anticipé.
On ne peut cependant se réjouir que les « débordements « -c’est un
euphémisme que de décrire ainsi des émeutes extrêmement violentes avec volonté
de tuer du flic -aient été contenus selon les déclarations du ministre de
l’intérieur qui reconnaissons -le a une tâche difficile et n’est pas vraiment
soutenu. Les politiques appliquent le principe « courage fuyons, la
jeunesse entre autres est dans la rue ».
Même les
juges du tribunal administratif de Paris avaient donné raison aux
manifestants sur le parcours que ces messieurs -dames avaient choisi, malgré la
casse et la terreur 15 jours plus tôt. Les commerçants victimes n’oublieront
pas. Il a fallu que dans la soirée - ce qui prouve que la justice peut
être rapide- le Conseil d’Etat juge administratif suprême, alter ego de la Cour
de cassation sur le plan judiciaire, accepte
le parcours choisi par le ministre , celui qui présentait le moins de
risques.
On a vu cependant ce qu’il était arrivé tard
dans la nuit malgré les sommations légales de dispersion et les interdictions d’aller
dans des endroits symboliques comme les places de la Bastille ou de la République
à Paris. Ou dans Nantes et Marseille. La loi est à option : si elle
avantage on la respecte, sinon on n’en tient pas compte. Même ce qui n’est pas déclaré ou interdit ne
change rien. Les valeurs républicaines deviennent des gadgets, notamment le
respect des institutions et la légalité collective celle émanant du peuple à
travers les parlementaires. Il est vrai que certains d’entre eux poussent au
désordre, je n’ose pas employer la formule traditionnelle de « poussent au
crime », soyons mesurés et optimistes.
Mais chaque
citoyen a encore le droit de s’exprimer et de qualifier les faits qu’il voit.
Ou qu’il subit. Tout n’est pas de l’abus
de pouvoir. Il y a le bon sens du quidam
qui est capable de penser par lui-même et d’apprécier ou non ce qui se
passe. Les explications sociologiques
fumeuses ou celles de pseudo élites qui veulent théoriser et excuser la
barbarie et le saccage n’ont aucune légitimité. Le citoyen a le droit de se
défendre, dans les conditions du code pénal
et si l’agresseur est aussi proportionné dans son agression qui doit être
nécessaire [sic] . La victime est autorisée à dénoncer toute violence. La
fin politique ne justifie jamais des moyens illégaux et la force. Surtout en
démocratie ou l’élection donne le pouvoir d’agir. Ce qui n’interdit pas de
n’être pas d’accord ,de s’opposer et de manifester.
Dans la
hiérarchie des normes qui caractérise l’état de droit auquel tout le monde se
réfère, le droit constitutionnel de manifester n’est pas la valeur prioritaire
et suprême sinon sans limites en écartant toutes les autres et permettant de
choisir le jour , le lieu et le parcours. Sans que l’Etat qui représente le
peuple ne fasse valoir son avis lui qui incarne l’intérêt général et qui a la
charge déléguée par le peuple de la violence légitime, par la force qui
défend. Car ne mélangeons pas tout. Les forces de l’ordre maintiennent la
tranquillité publique. Il ne s’agit pas -quoique ce serait idéal- d’aimer les
policiers et gendarmes qui obéissent au pouvoir politique et sont en permanence
contrôlés par des instances internes et par la Justice. Personnellement je
choisis plus la victime et le citoyen lambda que n’importe quel casseur ou prétendu
révolutionnaire. Mais je suis partial je l’avoue car j’ai une circonstance
aggravante : je ne supporte pas
d’être traité de fasciste, raciste ou dominant pour tout et rien. Je suis
originaire de Picardie. Je ne vais pas faire un procès à mes aïeux pour obtenir
réparation . Et grâce à parcours sup. rénové atteindre le graal : la
France nouvelle et diplômée quel que soit le mérite ,qui ne vaudra jamais la
France éternelle !
Il faut simplement se poser la question
sur « l’immonde répression » selon les manifestants, en comparant avec les démocraties dites populaires
plutôt totalitaires . Et si n’existaient
pas ces hommes et femmes également jeunes souvent , aussi citoyens ,parents et attachés à la République,
fonctionnaires peu payés et qui sont parfois gravement blessés et passent des
heures dans les affrontements, pour la protection de nos biens et de nos
personnes, que serait notre société ? Ils sont les boucliers de la
paix et du respect de la loi. Ils n’attaquent pas des enfants lycéens qui défendent
de justes revendications, ni des adultes qui réclament plus de justice sociale.
Ils luttent contre le désordre orienté par des politiciens qui veulent prendre
le pouvoir. Ils ne sont responsables de rien.
D’autres valeurs républicaines sont à égalité
avec celle de manifester. Comme celle
d’aller et venir, de travailler, de conserver sa propriété privée et de
bénéficier de l’ordre public qui assure la tranquillité. Nos impôts servent
notamment à établir de l’apaisement. Et de la solidarité sans rivalité ou
discrimination. Chacun doit se modérer. C’est raté. Barbey d’Aurévilly disait que « le bien
et le mal sont une question de latitude ». Selon le camp où l’on se situe
on voit le verre renversé (ou broyé) ou à moitié plein. Depuis des années la société a privilégié les
libertés individuelles et choix partisans. On a créé des droits mais jamais des
devoirs. L’individu l’emporte sur le collectif. ll va falloir remettre les
choses dans l’ordre ainsi que dans les esprits. L’utopie est nécessaire mais le
pragmatisme est plus utile. Tout ne peut changer tout de suite. La haine mène dans le mur. La nation a besoin
d’unité. Il est temps de rétablir un équilibre entre les droits et les
obligations. L’autorité n’est pas de l’autoritarisme.
Le 31 octobre
c’était halloween. Les masques sont tombés. Les syndicats qui voient l’état explosif
du pays prennent de grandes responsabilités en organisant manifestations sur
manifestations. Ils savent que les casseurs en profiteront. On a compris qu’il
y avait des manifestants pacifistes mais ils sont débordés et instrumentalisés.
L’issue est politique. Seul le bulletin de vote résoudra les crises. Il
appartient au citoyen de faire le bon choix. C’est comme cela qu’une démocratie
réaliste et moderne existe. Pour éviter de vivre dans un environnement sécuritaire,
contraint par les actions néfastes de quelques voyous et idéologues.
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