jeudi 3 septembre 2026

Un futur coup d’Etat ? Désobéissance civile et démocratie

 

  Un futur coup d’Etat ? Désobéissance civile et démocratie

                            Par Christian Fremaux avocat honoraire

Mmes Tondelier et Panot qui aspirent aux plus hautes fonctions dans la République où l’Etat de droit est central sont d’avance mauvaises joueuses. Et potentielles délinquantes. Elles n’accepteront pas que les électeurs en 2027 placent en tête le RN sur lequel chaque citoyen a son avis. Qui ne serait pas un parti extrémiste comme les autres bien que légal,  mais un ramassis de fascistes et de racistes avec un passé nazifiant et des fondateurs odieux. Inacceptable ,même pour ceux qui sont jeunes et ne sont pas coupables des faits très dramatiques d’il y a des décennies entraînant encore des répercussions actuellement ! Mais veulent régler les problèmes actuels. On n’a pas besoin de lanceurs d’alerte orientée pour choisir. L’électeur a la mémoire de l’histoire sinon on lui rappelle et est responsable.   

Ces personnalités dévoilent leurs convictions subjectives profondes. Et sans se regarder dans la glace car pour LFI le trotskisme qui l’anime serait acceptable puisque redistributeur des richesses et n’a participé avec le communisme qu’à peu de millions de morts ! Si le scrutin leur est défavorable ces dames ne respecteront ni la loi ni le verdict. Elles appellent à la désobéissance civile par tous moyens. La démocratie ne vaut pour elles que si elles gagnent et imposent leurs idéologies. C’est grave. L’ordre public est en danger. La désobéissance civile sape le pacte social, crée des fractures et met à mal l’état de droit. Ce n’est pas nouveau pour des individus possédés par leur vérité mais elle conduit à devenir une masse énergique de combat collectif. Ce qui est beaucoup plus dangereux. L’électeur prochain est donc averti. Avec son bulletin de vote il choisira malgré les injonctions et peut être aussi en votant pour des formations modérées et républicaines sans aucun doute. Il approuvera ou non les menaces qui seraient un quasi-coup d’Etat. La désobéissance civile s’attaque aux fondements de la société.    

L’ancien Garde des Sceaux M. Eric Dupont-Moretti avait poussé un coup de gueule dans son langage fleuri que tout le monde comprend. Alors qu’il répondait aux questions  à l’Assemblée Nationale à propos de l’enquête sur la force légitime notamment pour s’opposer aux méga- bassines à Sainte- Soline où il y a eu des affrontements très graves entre les gentils manifestants et les méchantes forces de l’ordre guerrières qui ne provoquent rien que par leur présence, le ministre avait déclaré en substance : « ras le bol de la désobéissance civile… on a le droit disent certains quand on est porteur d’une cause légitime de ne plus obéir à la loi… C’est infernal… Rien n’est plus liberticide... » avait dit l’ancien ténor du barreau toujours percutant.

 J’approuve totalement l’ancien ministre de la Justice car dans le rapport à la loi, dans le consentement même sans être convaincu par ce qui est légal et voté publiquement ,c’est le lien avec la démocratie qui est en jeu. Sans règles objectives, sans respect des échéances, sans normes collectives, sans respect d’autrui sous le contrôle des tribunaux, en usant de la violence parce qu’on est convaincu de ce qui serait l’évidence, il n’y a plus d’Etat de droit. On n’attend même plus les échéances électorales. C’est la jungle et la loi du plus fort ou du plus braillard qui s’applique. Et le particularisme érigé en dogme. Si la liberté absolue l’emporte sur les devoirs envers la nation, on va au clash. il n’y a plus de vie en société. Si on rejette le résultat des élections c’est la porte ouverte à la guerre civile et au totalitarisme que l’on dénonce chez les autres.

La désobéissance civile est un concept dévoyé. Pour toute décision publique il y a désormais un refus de l’autorité, une répugnance à respecter la loi, à considérer que toute disposition impérative voire une simple recommandation, toute instruction générale, sont des atteintes abusives aux libertés . On ne tolère aucune contrainte quelconque et on croit qu’en désobéissant on est dans le camp du bien. Il n’y a plus de limites ni arbitres.  

Cette rébellion ou cette propension à discuter, protester, pinailler, douter, dire tout et son contraire, se retrouve dans tous les domaines et chacun d’entre nous doit l’affronter. Par exemple dans la famille avec les enfants ; à l’école où les parents viennent agresser les enseignants ; dans l’entreprise où la moindre remarque est considérée comme du harcèlement moral et de la discrimination ; en justice où les jugements rendus font polémiques ; et bien sûr dans la sphère publique quand les politiques votent des lois à la suite d’un processus démocratique parfois chaotique. Seule l’opinion publique aurait raison, c’est -à- dire une infime partie de la minorité agissante. Notre monde actuel est devenu un mode d’empêcher de gouverner en rond sans avoir la moindre légitimité avec le rôle des médias , sans répondre de ses actes si on se trompe, au prétexte que la démocratie est une vérification permanente par le peuple ou ceux qui prétendent l’incarner, et qu’il est normal de s’opposer ou de dire non y compris violemment. C’est de la vigilance active voire activiste. N’en faire que selon ses désirs est devenu un sport national. Refuser d’obéir, de se soumettre à la loi, c’est considérer que la liberté individuelle est un principe supérieur à toute autre considération. L’intérêt général devient secondaire ,bien qu’il aille de soi qu’une loi peut être revue si elle est injuste ou inadaptée. La société évolue.

Les militants qui désobéissent en se disant pacifistes mais en n’hésitant pas à faire le coup de poing contre les gendarmes et policiers et parfois secouristes, qui cassent ou créent des ZAD ou autres totems de la résistance à l’Etat et à la Justice, utilisent le concept de désobéissance civile pour se justifier. Elle a été décrite en 1849 par le philosophe, naturaliste et poète né en 1817 à Concord (Usa) Henry- David Thoreau. En juillet 1846 il avait refusé de payer un impôt à l’Etat américain pour protester contre l’esclavage. Il ne va passer qu’une nuit en prison car sa tante va payer sa caution. Furieux il décide de théoriser son action. Sans oublier « le discours de la servitude volontaire » d’Estienne de la Boétie (1530-1563) qui est une remise en cause de la légitimité des gouvernants à propos d’une révolte antifiscale - déjà - en Guyenne en 1548. La question est : pourquoi obéit-on ? Au bénéfice de qui ? Sinon dans l’intérêt de la collectivité globale, indivisible et laïque .Qu’on soit d’accord ou non.   

 On s’interroge :  le légal est-il juste ? alors que l’on est en République et que l’absolutisme n’existe plus et sauf à penser que l’Etat est tyrannique. On en appelle à des valeurs particulières, à sa conscience personnelle, à ce qui nous motive, à sa définition du bien et du mal, pour renforcer parait -il l’intérêt collectif outre pour combattre l’impuissance des Etats face à des firmes mondialisées. Sans demander l’avis des autres citoyens. La désobéissance pour avoir raison ou par principe ne peut mener qu’à la chienlit. La vérité est protéiforme et seule l’élection démocratique permet de progresser. La désobéissance conduit à l’impasse exceptés quelques exemples historiques. Elle met en danger la démocratie. 

 

2 commentaires:

  1. Bien vues les références à Henry-David THOREAU et Etienne de La BOÉTIE !



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  2. merci certains devraient connaitre les bases avant d'affirmer n'importe quoi. Amitiés. C F.

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