vendredi 27 mars 2026

Tous les gagnants ont perdu

 

                                       Tous les gagnants ont perdu

                            Par Christian Fremaux avocat honoraire

Il fallait s’y attendre. Au soir du résultat des élections municipales chaque camp a eu sa liste de succès et s’est moqué des défaites chez les autres. Les trophées ici et là ne sont pourtant pas un triomphe. Les débats dans les médias ont été lunaires. On s’est invectivé, accusé, maudit, la routine en quelque sorte. Les électeurs ont été plus grands que les leaders des partis qui ne font jamais leur introspection. Et ne sont responsables de rien.  Les citoyens ont rectifié où il le fallait, donné la victoire à celui qui la méritait selon eux en le mettant à l’épreuve si nécessaire. Ils ont sanctionné des rapprochements conclus sans s’encombrer d’éthique ringarde pour les nouveaux damnés de la terre, puni les mauvais et choisi ceux et celles qui dirigeraient au mieux leurs communes. Ce sont leurs choix à tort ou raison.

Personne n’est légitime à les critiquer car la vérité n’est écrite nulle part. Les administrés en ont pris pour six ans et c’est au pied du mur que l’on apprécie le maçon. Qu’il vienne de loin ou qu’il soit présent depuis des générations. La compétence non idéologique n’est pas une affaire de couleur. La tolérance non plus. Personne n’est propriétaire d’un territoire et ne peut s’imposer par la force ou l’exclusion. Le but est de réussir.

 Il n’y a aucune revanche à prendre ni obligation de bâtir une nouvelle France. Celle qui existe est solide et universelle bien que perfectible puisqu’elle a permis à tous les énervés et prétendus révolutionnaires frustrés d’accéder par un simple bulletin de vote à des pouvoirs locaux. Qu’on se le dise en comparant avec ce qui se passe à l’extérieur. Il faut désormais rendre la nation plus efficace et plus fraternelle sans la fracturer ou la diviser ce qui est déjà l’exploit à accomplir. En gardant les institutions à réformer pour les rendre plus populaires et de proximité avec un Etat fort qui protège et lutte contre toutes les menaces. Y compris existentielles. Tout le reste est polémique inutile. 

Les véritables gagnants ont été l’abstention et le camp des électeurs dégoûtés de la tambouille électorale et du fait que les maires étaient devenus impuissants . Le véritable pouvoir local est passé dans des regroupements technocratiques de communes – la décentralisation /concentration dite heureuse !-avec des structures anonymes comme des grandes et lointaines régions,  voire des instances européennes. Rendez -nous notre parlementaire- maire, notre région historique, notre conseiller général dans le canton aux limites circonscrites, le droit de panachage et pas d’obligation de parité dans les communes de moins de 1000 habitants. La France ne se résume pas aux grandes villes et ses banlieues avec ses spécificités. Le combat d’un racisé ou coloré face à un blanc prétendument tout moche n’a pas de sens local ni national d’ailleurs. La plupart des électeurs vivent en province souvent en espace rural que l’on a privé de services publics pour les besoins vitaux. Et de moyens matériels.  Pourquoi donc aller voter si cela ne sert à rien et n’apporte pas un mieux ? 

Nos politiques qui ont souvent de la diarrhée verbale devraient s’auto -analyser, être modestes et se demander si leur posture n’est pas coupable du désastre démocratique. Pour n’importe quel sujet crier au racisme et au fascisme est grotesque. Cela ne remplace pas la vacuité des propositions. On parle d’épuisement civique ce qui parait court comme excuse. Mais on est vidé moralement par les querelles indignes. Peut-être que les candidats ne sont pas à la hauteur de ce qu’attendent les gouvernés et que leurs programmes sont inconsistants outre les chocs d’égo et d’ambitions. C’est fou le nombre de kamikazes qui veulent être président de la République. Malgré la charge et la certitude d’être critiqués. Ils nous aiment. Ils ne pensent qu’à notre bonheur et sont prêts à se sacrifier si on se rallie à leur panache blanc ou autre teinte. On y croit ?

La démocratie municipale celle du voisin ,du frère, de celui ou celle qui partagent le même sol et qui aspirent à un minimum de tranquillité, de moyens d’existence et à la paix de l’esprit en général pour pouvoir gérer ses propres problèmes,  ne peut être polluée jusque l’élection présidentielle. L’intérêt général ne peut dépendre de considérations partisanes. La violence est incompatible avec une gestion du bien commun.

Les maires élus vont montrer ce qu’ils savent faire. Les donneurs de leçons sont aux manettes et ils n’auront pas d’échappatoires. Les tricheurs sont ceux qui se seront fait élire sur des malentendus, des compromissions et des promesses. En déguisant leur volonté réelle. Si la probité intellectuelle pouvait exister on ferait un pas en avant collectif considérable. Mais les vraies pensées et orientations profondes avec des décisions de principe vont se dévoiler : il y aura des surprises. Parfois mauvaises pour les habitants , en dehors des militants. Par exemple en désarmant la police municipale et en menaçant les élus d’opposition parfois des ex alliés !-ces battus impurs qu’on doit exfiltrer sous les injures- qui devront dégager ou subir des attaques physiques. C’est la démocratie qu’on agresse. C’est le suffrage universel qui est perdant.      

Tous les citoyens dont les abstentionnistes on le suppose exigent un vrai programme d’union, réaliste , chiffré et applicable sans démagogie ou communautarisme.  Ce n’est qu’à cette condition qu’ils retrouveront le chemin des urnes et la confiance qui ne se décrète pas mais se prouve. Notamment par la loyauté des politiciens qui ne changent pas d’avis comme de vestes et qui ne nient pas la réalité. Sans privilégier leurs propres intérêts de carrière. Cela finit par se voir !

 On a quelques mois pour vérifier si les réalisations locales peuvent servir d’exemples. 2026 sera la rampe de lancement pour l’avenir. 

La France en 2027 ne sera ni nouvelle ni ancienne. Avant tout elle devra être continûment républicaine avec son histoire en entrant dans la modernité, pour tous ses habitants qui respectent les valeurs de liberté, égalité, fraternité et laïcité. Les citoyens ne veulent être que des vainqueurs. Le seul gagnant est l’espoir.      

 

lundi 23 mars 2026

L'Aventure c'est la vie

André Dauchy est un citoyen ordinaire devenu homme d'affaires et fréquentant par les hasards de la vie des autorités et devant faire face à des situations délicates.

Il participe à des évènements inattendus parfois contre son gré. Ou a connaissance d'actions que le commun des mortels ignore. Il se partage entre la ville et sa campagne d'origine. Et discute avec les braves gens qui ont du bon sens en ne niant pas la réalité.

Sa vie parfois a été une aventure. Il a décidé de ne pas se plaindre. Chacun doit être responsable de ses actes. Et peut à son niveau vivre une histoire extraordinaire. Son intérêt est d'en tirer un profit. Ses récits qui font voyager donnent de l'espoir à partir d'une actualité brûlante.


Je suis avocat au barreau de Paris depuis 1974. J'ai plaidé pour des individus connus ou non, des politiques, des entreprises, des ambassades et l'Etat. J'ai exercé aussi un mandat d'élu local dans une petite commune rurale de Picardie et de conseiller prud'homme à Paris jugeant le monde de travail.

L'homme et la  femme sont mes héros au quotidien. Tout n'arrive pas qu'aux autres parfois dans des circonstances curieuses. J'ai rédigé des histoires avec des faits réels ou imaginés que tout lecteur pourra s'attribuer.

 J'ai choisi d'être positif.

 Mon livre vient de sortir en librairies ou sur les plateformes.

















 

mardi 24 février 2026

Ne nous trompons pas de scrutin

 

                                 Ne nous trompons pas de scrutin

                     Par Christian Fremaux avocat honoraire

Tous les gens normaux c’est-à-dire ceux qui ne dénient pas la réalité, réfléchissent un minimum et sont objectifs intellectuellement, ne peuvent qu’être horrifiés par la mort -le lynchage- d’un jeune à Lyon pour des raisons d’opinion. Contrairement aux multiples avis contradictoires que l’on entend à longueur d’antenne, je ne me prononcerai pas car il y a une enquête judiciaire en cours et c’est le moment de faire confiance aux magistrats et à l’état de droit souvent vilipendé. J’ai naturellement mon idée sur les responsabilités légales directes ou indirectes et sur les fautes politiques et morales. Mais mon avis n’intéresse personne et je ne veux pas prendre le risque de participer malgré moi à une polémique malsaine. Si je m’égare que l’on me pardonne. Car je suis indigné par ce qu’il se passe dans le pays des droits de l’homme et de la raison. Que l’on regarde le monde à feu et à sang et qu’on apprécie où l’on vit. Carpe diem.

Ma seule certitude est que l’on ne peut mourir en démocratie pour des idées . Brassens ajoutait que s’il le fallait,  alors d’accord « mais de mort lente » ! Il n’y a pas un camp du bien auto- déterminé par quelques -uns qui croient détenir la vérité ,la leur non vérifiée comme un postulat et non discutable, et qui veulent la faire entrer de force dans le crâne des citoyens. Sinon cela s’appelle du totalitarisme et du sectarisme fanatique pour ne pas employer le terme fasciste mis à toutes les sauces. Au lieu de faire le coup de poing méthode primaire sans hauteur de vue les étudiants concernés feraient mieux de lire des livres d’histoire et d’interroger les survivants des horreurs passées au nom des idéologies en -isme et les millions de victimes innocentes qui en ont résulté.

On a le droit naturellement de défendre ses croyances seraient- elles erronées et porteuses de dangers de toute nature mais la vie est trop précieuse pour qu’on la joue dans la rue en étant victime de porteurs de haine. En France on a la chance devenue rare ailleurs de pouvoir s’exprimer par des votes. Il ne devrait pas y avoir d’abstention et chacun doit aller voter y compris pour des députés avec des assistants qui se présentent sous pseudonyme. Incroyable ! Ou pour des candidats qui ont déjà un passé compromettant. Ce n’est que par l’expression majoritaire du peuple que l’on peut régler les problèmes qui existent , combattre les inégalités, redistribuer, et maintenir ce qui sont les valeurs universelles de la France et sa devise liberté, égalité, fraternité. Qui ne sont pas que des mots vides de sens.  Outre la laïcité qu’il faut expliquer sans cesse pour qu’on ne la confonde pas avec une restriction à la liberté de conscience.

 Notre nation réunit les destins individuels et les dépassent. Nous devons tous fournir un effort sur soi -même pour ne pas être excessif, exigeant et égoïste. Nous avons le droit d’avoir des préférences ; ne pas croire à telle ou telle solution ou affirmation .Mais un citoyen comme le disait le père d’Albert Camus « ça s’empêche ». C’est-à-dire ne se laisse pas emporter par tous ses instincts ,se réfrène, se modère, et joue collectif.  Parmi toutes les décisions parlementaires et/ou Etatiques-mais l’Etat c’est nous- on ne peut pas être toujours gagnant. L’intérêt général oblige à du compromis et de la responsabilité. Ce n’est pas la victoire d’une classe ou d’une communauté ou d’une minorité sur les autres. Le rejet du voisin –« frère humain qui après nous vivez ...» comme l’a constaté François Villon - pour ce qu’il est ou incarnerait n’est pas pertinent.  « La seule querelle qui vaille est celle de l’homme » a écrit Jean Bodin.  L’humanisme n’est pas un slogan et avec un minimum de respect et de compréhension on doit éviter tous les débordements. Comme l’autorité n’est pas incompatible avec les grands principes, je n’hésite pas à soutenir qu’il faut être très ferme avec ceux et celles qui prônent ou suggèrent la violence en parole avec la table rase et qui incitent ainsi des petits esprits à la réflexion étroite à passer à l’acte physique ou matériel et qui eux doivent tomber sous les fourches caudines de la Justice. Qui a certes un bandeau sur les yeux mais un glaive à la main.  « Responsable mais pas coupable  » on a déjà donné. Opposer un mort à un autre est abject. Vouloir venger un camarade est inadmissible. Accuser la victime d’être à l’origine de sa mort est disqualifiant. Tous les camps ultras ou extrêmes se valent dans ce qui précède. La violence n’est pas une caractéristique d’une démocratie qui doit être apaisée. La loi de la jungle ne peut être la nôtre.

Les citoyens n’ont pas besoin de prétendus lanceurs d’alerte pour tout et rien , qui s’affranchissent des lois qui ne leur plaisent pas et de tout sens civique. En niant l’humanité chez ceux qu’ils considèrent comme des ennemis à éliminer ,même pas des adversaires ou concurrents à combattre . C’est J.J. Rousseau qui écartait les faits pour que sa théorie colle. Les urnes sont souveraines pour un démocrate.

Les 15 et 22 mars 2026 auront lieu les élections municipales. Il y a un peu plus de 35. 000 communes . 50 % ont moins de 500 habitants. C’est la seule vraie et permanente majorité visible. Il n’y est pas question de droite ou de gauche mais d’élire des bénévoles qui se dévouent pour tous les habitants quelles que soient leurs opinions. Les élus locaux sont corvéables et taillables à merci et à portée d’engueulade. Pour six ans ce qui est long. Le maire porte un stylo pour signer toute la paperasse afin que la commune fonctionne avec un budget obligatoirement à l’équilibre ( Eh l’Etat qu’en penses- tu ? ). Le maire non violent est quand même muni d’un couteau mais Suisse à multiples lames pour réparer tout ce qui ne va pas. Il est officier de police judiciaire mais aussi médiateur et il règle les litiges de ses concitoyens qui n’hésitent pas à le rendre responsable de tout et le solliciter à tout instant. La démocratie locale est de proximité et la violence en est bannie. Les querelles politiciennes n’ont pas droit de cité et les combats de rue des irresponsables ne sont pas tolérés. Le citoyen doit bénéficier de la tranquillité, sans insécurité et dans le respect de ses traditions. Pour qu’il puisse vivre en paix et se préoccuper de lui aussi. La participation doit être massive au premier comme au deuxième tour de l’élection. Les communes irriguent le territoire et sont les piliers de la nation. Il n’est pas question de les transformer en laboratoires d’expérimentations diverses. La république a besoin de repères et de stabilité.

Attendons 2027 pour choisir les grandes orientations de la nation. Mais profitons de mars 2026 pour élire des hommes et des femmes, modestes et travailleurs qui bétonneront la démocratie locale. Paris, Lyon, Marseille intéresseront les médias. Mais les villes et leurs banlieues ne sont pas tout le pays .Une personnalité ne fait pas le printemps. Une thèse politique non plus. Ne nous trompons pas de scrutin.                         

jeudi 29 janvier 2026

Bonne année bon courage

 

                                  Bonne année bon courage

                   Par Christian Fremaux avocat honoraire

Une fois n’est pas coutume. Je vais me faire plaisir en polémiquant à l’insu de mon plein gré en espérant ne choquer que ceux qui veulent l’être.  Car ce qu’on entend depuis des jours interroge ,inquiète certains et réjouit d’autres. Je ne vais pas parler de M. Trump le prétendu toujours allié intermittent du spectacle pour les européens. Car il change si rapidement d’avis parfois de façon brutale et contradictoire que l’on est dérouté . Il y a une seule certitude : l’Europe doit compter ses abattis et se prendre en mains sans créer une techno- structure impuissante et anonyme et non-démocratique. La commission européenne doit donner à chaque Etat membre les moyens de recouvrer sa souveraineté. En étant solidaire pour bâtir une entité globalement puissante.

 Je vais me contenter d’un avis partisan sur notre société, celle dans laquelle je vis. La justice va décider du sort de Mme Le Pen. Je ne me prononce pas .On ne manque pas de candidats à l’élection présidentielle par ailleurs. Attendons la décantation impitoyable.  M. Mélenchon a admis avec joie qu’il y avait un grand remplacement et a demandé qu’un peuple créolisé prenne les rênes .On ne sait pas s’il enverra au bagne de Cayenne restauré ceux et celles qui comme moi ne sont pas de la bonne obédience. Et qui ne sont que la continuation de très nombreuses générations du même tonneau ,ceux et celles qui ont fait la France telle qu’on veut nous en priver . Je ne suis pas coupable des erreurs éventuelles de mes prédécesseurs. Ni responsable de leurs succès. Avec les principes républicains dont la laïcité qui évite ce que l’on connait dans les théocraties , l’art de vivre, la raison et la nuance que le monde nous envie ou enviait. A quoi cela sert- il de venir ou d’être né en France pour y imposer ce que l’on a laissé très loin ou que l’on ne connait pas et qui a fait la preuve de sa dangerosité et son inefficacité ? Avec les idéologues les faits doivent s’emboîter dans leurs schémas théoriques.  Avec un chausse- pied ou de force dans l’intérêt du bien selon eux, c’est évident.

LFI veut renverser la table et n’ inviter que les minorités invisibilisées ce qui est le ferment de la division annoncée. On ne construit rien en excluant. Et on ne peut être victime à vie en héritant de ses aïeux  Alors que le mérite existe et que chacun doit affronter des problèmes. Même avec le grand remplacement il faudra un nouveau comptoir plein avec des richesses à redistribuer. Je ne doute pas que ceux qui s’estiment discriminés vont bâtir des entreprises, créer de l’emploi, s’investir dans les services publics et donc faire prospérer le pays. L’assistanat et la rancune ne sont pas un projet pour la nation. On n’est jamais assigné à résidence ou enfermé dans un territoire délimité. 

Les élections municipales qui viennent ne doivent pas servir à créer des ghettos de fait ou des villages fortifiés autonomes et à multiplier des expérimentations sociales ou communautaires. Une commune est l’espace fondamental de la république qui doit résister même quand l’Etat faiblit ce qui est le cas actuellement. Par exemple elle doit avoir obligatoirement un budget à l’équilibre. Les débats au parlement sur le budget de l’Etat et la dette publique qui enfle sont dramatiques. Et ne peut établir ses propres règles de vie. Il n’y a pas de communes qui sont dédiées et réservées à telle ou telle catégorie de la population qui aurait seule le droit de gouverner selon des  mantras spécifiques hors la loi générale. Ce serait le contraire de l’égalité. La commune est la seule structure de proximité totalement démocratique qui défend et aide tous ses habitants qui sont d’abord des citoyens quelles que soient leurs opinions, leurs croyances et leurs couleurs de peau y compris blanche. Le terme racisé en France est un contre- sens négatif car la république est diverse. Et ne s’est pas construite avec la volonté de prendre une revanche interne. Contre qui ? Une nation n’est viable que par un destin commun approuvé par le plus grand nombre. Attaquer les plus ou moins riches n’a pas de sens. Et pourquoi critiquer ceux et celles qui réussissent par leur travail et talent. Qu’on les imite. Tout en combattant les injustices fiscales cela va de soi.

Si j’étais extrémiste je prendrai quand même garde à ne pas jeter l’opprobre irrationnellement sinon de mauvaise foi et à voir des méchants partout. Les autres existent et ont autant de droits que les bons auto-proclamés. Et surtout ils accomplissent leurs devoirs ce qui est profitable à ceux qui les dénoncent. La fraternité ne se divise pas. C’est vrai que les générations se renouvellent mais jusqu’à présent elles se ressemblaient et avaient à peu près les mêmes valeurs universelles. Il ne faudrait pas que le grand remplacement devienne une perte d’identité même si les mœurs évoluent et que les priorités changent. La France a un passé glorieux.   

Ne partageant pas toutes les idées dites progressistes y compris les plus nocives je dois être vu comme un dangereux réactionnaire? Je m’y résigne mais être extrémiste de gauche ou de droite ou radicalisé me parait être le plus grave. Si je suis modéré globalement en politique je ne suis pas modérément républicain.  Je crois en l’autorité mais pas en l’autoritarisme de ceux qui pensent détenir la vérité. L’état de droit avec une justice forte et respectée et qui n’a peur de rien y compris de déplaire au nom du peuple français et de ce qu’il veut que l’on connait par cœur,  me parait un rempart. La justice a un glaive : qu’elle s’en serve. Que nos parlementaires votent des armes solides et légales défensives. La liberté individuelle a des limites.  L’Etat doit être une tour de guet invincible et ne se consacrer qu’au régalien en maigrissant et en faisant confiance aux collectivités locales qui sont les plus proches de l’individu. On n’a pas besoin de leçons pour savoir comment vivre et se comporter. Enfin il faut rassembler et protéger tout le monde. Le laisser faire ,laisser aller et entrer me parait dangereux. Même si notre tradition d’accueil existe. Et doit être révisée pour éliminer tous les abus.

 L’intérêt général n’est déterminé par personne. Il est le résultat d’élections libres, citoyennes. Sans arrière-pensée de conquête ou d’entrisme.  La séparation des pouvoirs doit être réelle sans une pléthore de comités de contrôle et une bureaucratie qui étouffe les initiatives. Le parlement ne peut être le lieu de l’immobilisme, du marchandage et du chantage. Il n’est à la solde d’aucun groupe de pression ou de minorité. Il doit voir loin et prévoir. La conquête du pouvoir est légitime mais elle doit convaincre avant de dénigrer. On le sait les promesses n’engagent que ceux qui y croient.

Et du bazar organisé doit sortir un ordre public ferme et consensuel. Ordo ab chao.        

mardi 20 janvier 2026

Le droit dans tous ses états

 

                                            Le droit dans tous ses états

                          par Christian Fremaux avocat honoraire

Qui s’y retrouve dans les décisions en droit tant en France que dans l’ordre international ? Concernant notre budget applicable après des discussions parlementaires lamentables de marchands de tapis-sous prétexte de défendre les Français et pas les postes de parlementaires qui font vivre nos excellences- on a hésité entre l’article 49.3 de la Constitution et des ordonnances de l’article 47 que l’on n’a jamais utilisé sous la Vème république. On n’y arrive déjà pas en suivant ce qui est classique mais on voulait se payer le luxe de faire de l’inédit pendant que la dette poursuit son bonhomme de chemin vers la faillite déclarée. Les juristes se régalent et coupent les cheveux en quatre . On est inondé par des flots d’analyses verbales par des prétendus experts qui ne disent que leur vérité supposée sinon partiale. Sans aucune légitimité. Ils noient le poisson c’est-à- dire le citoyen. Les chaines en continu persistent tous les jours à saouler .Et l’article maudit revient. Tout ça pour ça.    

Le président Trump a déclaré que les barrières ou interdits connus de l’ordre public international hérité de 1945 et des institutions censées garantir la paix qui sont moribondes , sont sa propre morale .Ne parlons pas de ses opinions philosophiques proches du deal. Ou d’humanisme et de solidarité c’est trop compliqué .Chacun a sa personnalité, certains l’ont déroutante. Donc possiblement dangereuse.  Va- t -on notamment assister à un match Otan -USA contre Otan-Union européenne sur une terre glacée avec un sous-sol riche? Les empires s’échauffent et font un tour de piste aussi à Kiev et à Taiwan .Il y a un nouvel ordre mondial. Et un nouveau droit international public à créer. Pas à acheter. Ni être la conséquence de chantages.  

Tout le monde va en faire autant moi le premier. Sera légal ce qui est conforme à mes convictions et mes intérêts. Par exemple que je ne paie plus ni impôts ni taxes en profitant cependant gratuitement de tous les services publics et que l’on satisfasse mes caprices .La Constitution et la loi vont être à option.  Le général Pierre de Villiers après sa démission/licenciement pour faute grave a eu le tort d’avoir raison trop tôt. Et l’insolent insiste. Il indique qu’on est dans le droit de la force. François Mitterrand dénonçait un coup d’Etat permanent ce qui était prémonitoire avec le chaos actuel et avait parlé de la force injuste de la loi quand cela l’arrangeait pour parvenir au pouvoir. Après son élection il a oublié. Concepts que les rebelles et désobéisseurs professionnels utilisent à leurs profits y compris à l’Assemblée nationale et dans les déclarations lunaires de certains militants. Le grand intellectuel le sapeur Camember disait que lorsqu’on a franchi les bornes il n’y a plus de limites.

En France on ne cesse de parler de l’état de droit qu’on enferme uniquement dans la Justice. Celle -ci est un monument en péril .Même les magistrats tirent la sonnette d’alarme en avouant qu’ils ne peuvent plus juger dans des délais acceptables et qu’ils vont devoir libérer des criminels. Puis des terroristes car c’est la loi. Au secours : les victimes, les justiciables et les citoyens s’inquiètent. Les délais pour les affaires civiles, sociales et personnelles n’ont plus de durée affichée. Selon la convention européenne des droits de l ’homme on a droit à un procès équitable -hors du mur des cons et les procès médiatiques en cours où l’on doute de l’impartialité des juges- et dans un délai raisonnable. C’est Dalida qui chantait «des mots encore des mots  ».

En démocratie l’état de droit c’est aussi la séparation des pouvoirs avec un parlement qui fonctionne sans viser exclusivement la réélection de ses membres .Avec des contre-pouvoirs notamment les médias qui devraient être neutres au moins dans la présentation des faits , la liberté d’expression permettant toutes les opinions, la conquête du pouvoir et le droit de critique y compris dans le domaine spirituel .  S’ajoutent des élections libres sans ingérence ni de l’étranger ni de groupes ou de communautés internes qui luttent contre nos valeurs. Et veulent imposer leurs règles et modes de vie cultuels ou culturels selon une distinction byzantine. La République est tolérante, généreuse et fraternelle , accueillante ,mais ne peut adopter des mesures ou pratiques qui la condamnent .De même pour notre souveraineté dans tous les domaines qui ne peut nous être confisquée par des juridictions externes ou des institutions dans lesquels la voix de la France n’est plus entendue .Ou avec un sonotone qui déforme les refus.  C’est aussi l’intérêt général qui n’est pas la somme des revendications de minorités ou de personnes n’ayant rien à faire sur le territoire. Il faut ressusciter la nation qui définit les droits et les devoirs et n’est l’ ennemie de personne pour faire l’union et éviter toutes les divisions qui apportent la haine de l’autre. La vie est un compromis. Entre le bien et le mal et surtout entre le mieux et le meilleur. Il faut savoir que l’on n’a pas raison tout seul et qu’on ne peut tout obtenir sans rien donner. La société exige que l’on ne reste pas dans sa tour d’ivoire à se lamenter sans rien faire et juger les autres, mais que l’on agisse à son niveau ,avec ses moyens et sa réflexion.

Quand on dit « je suis dans tous mes états... » c’est que quelque chose de grave est arrivée, a choqué et nous bouleverse dans le contexte éclaté. Tous les jours il y a une situation invraisemblable mais parfois prévisible tant les décisions vitales ne sont pas prises. De peur de mécontenter qui, on ne sait pas ? Ou plutôt on le devine mais on manque de courage .Ce sera peut- être trop tard quand on se réveillera.

Si vis pacem para bellum. On ne peut négocier que si on est en position de force. Et qu’on est capable de régler nos conflits internes. Sinon on gesticule . On ne doit avoir peur de rien ni personne chez nous. Il faut de la fermeté pour s’opposer à ceux qui veulent faire table rase.  Le pouvoir du verbe ne va pas très loin sans action. Le droit qui est le résultat de la loi votée par la diversité du parlement est le seul moyen, tout en convainquant le plus possible la majorité des citoyens voire ceux qui prônent un autre chemin plus radical. Une mosaïque est par nature fragile. Il faut obtenir un consensus au moins sur les valeurs cardinales et républicaines de la France. Avec des institutions fortes qui renforcent notre identité,  la justice et l’égalité, l’ouverture aux autres, même si on exige de la réciprocité. Ou un peu de reconnaissance. Et la liberté qui a des contraintes. La Justice les a fixées. Nous sommes malades de notre état de droit. Il faut le soigner en le renforçant et en l’adaptant aux menaces nouvelles. Ce n’est pas de l’autoritarisme. Ce sont des soins palliatifs avant la fin. Aux élus responsables de jouer.        

 

mardi 6 janvier 2026

Ethique de conviction et celle de responsabilité

   Ethique de conviction et celle de responsabilité

                 Par Christian Fremaux avocat honoraire

C’est entendu c’est un scandale, un enlèvement, une violation flagrante du droit international. M. Trump qui se croit investi d’une puissance illimitée pour faire ce qui lui parait être le bien pour les USA d’abord, n’aurait pas dû envoyer ses commandos au Venezuela pour s’emparer manu militari du chef de l’Etat très controversé Nicolas Maduro, en bénéficiant peut être de complicités internes ? M. Maduro (in)digne successeur du pittoresque bien que très autoritaire Hugo Chavez lui- même ami de notre lider maximo M. Mélenchon qui s’étrangle de rage car son modèle est prisonnier. Quelle horreur, sans se préoccuper si ledit Nicolas n’était pas un peu dictateur ce que le monde admet et si le peuple vénézuélien est content ou non alors que la politique dite progressiste et ouvertement anti-occidentale a conduit à la ruine du pays malgré des ressources pétrolières parmi les plus importantes de la planète. Une idéologie mène toujours à la faillite et à la répression selon moi. Avec l’exil de ceux et celles qui veulent sauver les meubles c‘est à dire leurs peaux. Il va de soi que M. Trump ne peut imposer ses choix capitalistiques pour aider d’une main et engranger les bénéfices de l’autre. Il y a des limites au cynisme. Un pays n’est pas une poire pour la soif. Ni une paillasse sur laquelle on essuie ses pieds boueux. La personnalité de Donald est inquiétante même si en bousculant les usages il obtient des résultats. Durables ou non ?  Car l’homme est imprévisible sinon contradictoire. Dans le monde des relations internationales on a besoin que les textes soient respectés et que les comportements soient constants et de préférence plutôt sûrs. Si on veut de la stabilité.     

M. Trump s’est passé de l’accord de son congrès pour éviter les fuites . Il va en répondre.  En suivant en direct l’opération militaire spéciale à la télévision, il a copié M. Obama qui avait fait pourchasser et exécuter M. Ben Laden dont le corps a été immergé en mer d’Arabie pour éviter qu’une tombe devienne un lieu de pèlerinage. Ce que le monde avait applaudi globalement. Un terroriste ne mérite aucune considération ni en droit ni humaine. Seul le Mossad avait su récupérer d’anciens nazis au bout de la terre. Sans demander l’autorisation à personne et encore moins aux institutions internationales. On se rappelle par la France et des alliés respectueux du droit et de la moralité sinon l’humanisme de la traque de M. Khadafi et des images télévisées .A l’époque les juristes éminents et les âmes sensibles ne s’étaient pas vraiment offusqués. Ni les défenseurs des droits de l’homme.

Naturellement le signal envoyé par M.Trump est dangereux : l’Iran devrait­-elle se méfier ? Et M. Poutine pourrait réfléchir à ne pas vouloir faire disparaitre l’Ukraine. L’Europe doit prendre ses précautions et ne compter que sur elle-même. De même que la Chine doit modérer ses ambitions sur Taïwan. L’apprenti sorcier qu’est le chef de l’Etat pour encore deux ans aux Usa n’a-t-il pas ouvert la boite de pandore ?

 Faut-il parler des vues des USA sur le Canada, sur le Groenland et sur le canal de Panama ?M.  Trump n’a pas reçu un mandat officiel par l’Onu pour recréer un impérialisme américain ou occidental alors qu’il prétend ne pas vouloir être le gendarme du monde et que ce qui l’intéresse c’est le business et la grandeur de son pays -entendue comme le pouvoir du dollar- pour que les boys retrouvent un niveau d’achat confortable. A le mélanger avec les valeurs de principe de l’humanité,  on s’y perd.

Comme tout criminel présumé M. Maduro aura droit à un procès à l’américaine avec preuves des crimes reprochés, témoins,  droits de la défense, avocats et médias de partout. Il pourra se taire , se prétendre innocent et  protester pour l’emploi de la force contre la faible victime qu’il est, demander le respect du droit international ou expliquer que les bienfaits de sa politique de pauvreté déficitaire est un atout à imiter qui a été entravé par les manœuvres et le sabotage du géant américain qui voulait l’asservir et mettre son peuple en esclavage .Puis demander sa remise en liberté. Le show sera permanent.  

Une fois qu’on se sera époumoné contre l’odieux « fasciste »va-t’en guerre qu’est M. Trump ; que l’ONU-malgré le veto des Usa au conseil de sécurité- aura avec précautions oratoires dénoncé le coup de force du sheriff ; que LFI se sera roulée par terre pour huer un comportement illégal avec des larmes de crocrodile ; que la CPI Cour pénale internationale aura engagé des poursuites bien que les USA comme Israël ou la Russie ne reconnaissent pas sa compétence, que se passera -t -il ?  Devons- nous être hypocrites et ne pas admettre la réalité donc la responsabilité collective. La liberté d’un peuple accablé par son ou ses leaders et son droit à l’existence tranquille et monnayable pour survivre est -elle à géométrie variable ? N’y a -t -il pas un devoir à assistance d’individus en danger ? Jadis on a connu le devoir d’ingérence. Faut-il ne rien faire quand on sait ?Surtout quand un Etat facilite le narco trafic sinon en profite ?Le Général de Gaulle disait que les Etats n’ont pas d’amis mais des intérêts.    

Max Weber a théorisé l’éthique de conviction et celle de responsabilité. Il a posé le problème de la distance entre le réel et l’idéal et conclu que l’action sert à trancher .Il a indiqué que les qualités que doivent posséder les hommes politiques pour être à la hauteur des évènements sont la passion, le sentiment de responsabilité et le coup d’œil.  J’ajoute que le courage va de soi. Dans le domaine interne aussi quand le déni produit les effets néfastes que l’on constate. La morale est indispensable mais elle ne résiste pas à l’utilité et les deux ne sont pas incompatibles .Reculer sans cesse nuit.  

L’ordre mondial d’après- guerre n’est plus. Les vainqueurs sont flageolants .Les états de droit et leurs valeurs universelles paradoxalement les fragilisent surtout si les USA donnent un exemple parfois incompris ou lamentable dans la méthode. Certains en profitent c’est le comble. De ceux qui se croient encore puissants ou tout permis on stigmatise leurs faiblesses structurelles ou au contraire leur hégémonie intrusive qui n’a plus de sens. Ils vont être débordés par la démographie et la volonté de revanche.

On n’a pas aimé 2025 qu’en sera -t- il en 2026 ? Les menaces internes comme externes sont présentes .La France n’est pas une île. Essayons de conjuguer conviction de faire au mieux et responsabilité de répondre concrètement aux défis, ceux que les citoyens veulent voir réglés. Même si nos élites rêvent d’une autre France. On aura progressé.