Le droit dans tous ses états
par Christian Fremaux avocat
honoraire
Qui s’y retrouve
dans les décisions en droit tant en France que dans l’ordre
international ? Concernant notre budget applicable après des discussions
parlementaires lamentables de marchands de tapis-sous prétexte de défendre les Français
et pas les postes de parlementaires qui font vivre nos excellences- on a hésité
entre l’article 49.3 de la Constitution et des ordonnances de l’article 47 que
l’on n’a jamais utilisé sous la Vème république. On n’y arrive déjà pas en
suivant ce qui est classique mais on voulait se payer le luxe de faire de
l’inédit pendant que la dette poursuit son bonhomme de chemin vers la faillite
déclarée. Les juristes se régalent et coupent les cheveux en quatre . On est
inondé par des flots d’analyses verbales par des prétendus experts qui ne
disent que leur vérité supposée sinon partiale. Sans aucune légitimité. Ils
noient le poisson c’est-à- dire le citoyen. Les chaines en continu persistent
tous les jours à saouler .Et l’article maudit revient. Tout ça pour ça.
Le président
Trump a déclaré que les barrières ou interdits connus de l’ordre public
international hérité de 1945 et des institutions censées garantir la paix qui
sont moribondes , sont sa propre morale .Ne parlons pas de ses
opinions philosophiques proches du deal. Ou d’humanisme et de solidarité c’est
trop compliqué .Chacun a sa personnalité, certains l’ont déroutante. Donc
possiblement dangereuse. Va- t -on
notamment assister à un match Otan -USA contre Otan-Union européenne sur une
terre glacée avec un sous-sol riche? Les empires s’échauffent et font un tour
de piste aussi à Kiev et à Taiwan .Il y a un nouvel ordre mondial. Et un
nouveau droit international public à créer. Pas à acheter. Ni être la conséquence
de chantages.
Tout le
monde va en faire autant moi le premier. Sera légal ce qui est conforme
à mes convictions et mes intérêts. Par exemple que je ne paie plus ni impôts
ni taxes en profitant cependant gratuitement de tous les services publics et
que l’on satisfasse mes caprices .La Constitution et la loi vont être à option.
Le général Pierre de Villiers après sa démission/licenciement pour faute grave
a eu le tort d’avoir raison trop tôt. Et l’insolent insiste. Il indique
qu’on est dans le droit de la force. François Mitterrand dénonçait un coup
d’Etat permanent ce qui était prémonitoire avec le chaos actuel et avait parlé
de la force injuste de la loi quand cela l’arrangeait pour parvenir au pouvoir.
Après son élection il a oublié. Concepts que les rebelles et désobéisseurs
professionnels utilisent à leurs profits y compris à l’Assemblée nationale
et dans les déclarations lunaires de certains militants. Le grand intellectuel
le sapeur Camember disait que lorsqu’on a franchi les bornes il n’y a plus de
limites.
En France on
ne cesse de parler de l’état de droit qu’on enferme uniquement dans la Justice.
Celle -ci est un monument en péril .Même les magistrats tirent la sonnette
d’alarme en avouant qu’ils ne peuvent plus juger dans des délais acceptables et
qu’ils vont devoir libérer des criminels. Puis des terroristes car c’est la
loi. Au secours : les victimes, les justiciables et les citoyens
s’inquiètent. Les délais pour les affaires civiles, sociales et personnelles
n’ont plus de durée affichée. Selon la convention européenne des droits de l
’homme on a droit à un procès équitable -hors du mur des cons et les procès
médiatiques en cours où l’on doute de l’impartialité des juges- et dans un délai
raisonnable. C’est Dalida qui chantait «des mots encore des mots ».
En
démocratie l’état de droit c’est aussi la séparation des pouvoirs avec un
parlement qui fonctionne sans viser exclusivement la réélection de ses
membres .Avec des contre-pouvoirs notamment les médias qui devraient être
neutres au moins dans la présentation des faits , la liberté d’expression
permettant toutes les opinions, la conquête du pouvoir et le droit de critique
y compris dans le domaine spirituel . S’ajoutent des élections libres sans ingérence
ni de l’étranger ni de groupes ou de communautés internes qui luttent contre
nos valeurs. Et veulent imposer leurs règles et modes de vie cultuels ou
culturels selon une distinction byzantine. La République est tolérante,
généreuse et fraternelle , accueillante ,mais ne peut adopter des mesures ou
pratiques qui la condamnent .De même pour notre souveraineté dans tous les
domaines qui ne peut nous être confisquée par des juridictions externes ou des
institutions dans lesquels la voix de la France n’est plus entendue .Ou avec un
sonotone qui déforme les refus. C’est
aussi l’intérêt général qui n’est pas la somme des revendications de minorités
ou de personnes n’ayant rien à faire sur le territoire. Il faut ressusciter la
nation qui définit les droits et les devoirs et n’est l’ ennemie de personne
pour faire l’union et éviter toutes les divisions qui apportent la haine de
l’autre. La vie est un compromis. Entre le bien et le mal et surtout entre le
mieux et le meilleur. Il faut savoir que l’on n’a pas raison tout seul et
qu’on ne peut tout obtenir sans rien donner. La société exige que l’on ne reste
pas dans sa tour d’ivoire à se lamenter sans rien faire et juger les autres, mais
que l’on agisse à son niveau ,avec ses moyens et sa réflexion.
Quand on dit
« je suis dans tous mes états... » c’est que quelque chose de grave
est arrivée, a choqué et nous bouleverse dans le contexte éclaté. Tous les
jours il y a une situation invraisemblable mais parfois prévisible tant les décisions
vitales ne sont pas prises. De peur de mécontenter qui, on ne sait pas ? Ou
plutôt on le devine mais on manque de courage .Ce sera peut- être
trop tard quand on se réveillera.
Si vis pacem
para bellum. On ne peut négocier que si on est en position de force. Et qu’on est
capable de régler nos conflits internes. Sinon on gesticule . On ne doit avoir
peur de rien ni personne chez nous. Il faut de la fermeté pour s’opposer à
ceux qui veulent faire table rase. Le pouvoir
du verbe ne va pas très loin sans action. Le droit qui est le résultat de la
loi votée par la diversité du parlement est le seul moyen, tout en convainquant
le plus possible la majorité des citoyens voire ceux qui prônent un autre chemin
plus radical. Une mosaïque est par nature fragile. Il faut obtenir un consensus
au moins sur les valeurs cardinales et républicaines de la France. Avec des
institutions fortes qui renforcent notre identité, la justice et l’égalité, l’ouverture aux
autres, même si on exige de la réciprocité. Ou un peu de reconnaissance. Et la
liberté qui a des contraintes. La Justice les a fixées. Nous sommes malades de
notre état de droit. Il faut le soigner en le renforçant et en l’adaptant
aux menaces nouvelles. Ce n’est pas de l’autoritarisme. Ce sont des soins
palliatifs avant la fin. Aux élus responsables de jouer.
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